Invité de l’émission Dialogue entre Congolais, animée par Guy Mathe sur Radio Okapi, le professeur Jacques Djoli Eseng’Ekeli, rapporteur de l’Assemblée nationale, s’est exprimé sur les déclarations faites au Conseil de sécurité des Nations unies au sujet de la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Le débat intervient alors que le Rwanda met en avant la présence des FDLR dans plusieurs zones de l’Est, notamment à Rutshuru, Masisi, Nyiragongo et Walikale. De son côté, la RDC affirme que le processus de désarmement volontaire des FDLR est déjà engagé, conformément aux mécanismes convenus dans le cadre des différents processus de paix.
Interrogé sur cette controverse, Jacques Djoli estime qu’une lecture rigoureuse des accords conclus est indispensable. Il rappelle notamment que la question des FDLR doit être abordée parallèlement au désengagement des forces et au respect de l’intégrité territoriale de la RDC.
Le rapporteur de l’Assemblée nationale relève également une contradiction dans les arguments avancés par Kigali, soulignant que plusieurs zones citées dans les accusations relatives aux FDLR sont aujourd’hui sous le contrôle du M23 et des forces rwandaises, selon son analyse.
Sur le plan diplomatique, Jacques Djoli appelle à maintenir les efforts engagés dans les différents processus de paix, notamment Washington, Doha et les initiatives africaines, tout en renforçant la capacité de la RDC à défendre ses intérêts sur la scène internationale.
« L’agression de la RDC ne concerne pas un individu, mais le Congo »
Abordant les solutions à la crise, le professeur Jacques Djoli insiste sur la nécessité d’une approche globale. Selon lui, la réponse doit être à la fois diplomatique, politique et militaire.
Il estime également que les institutions congolaises doivent approfondir leur réflexion sur la situation dans l’Est et associer davantage les acteurs et notables des provinces concernées afin de formuler des propositions susceptibles d’être soumises au chef de l’État.
Au niveau parlementaire, il rappelle que plusieurs séances et commissions ont déjà été consacrées à l’évaluation de la situation sécuritaire dans l’Est, notamment autour de l’état de siège et des mécanismes de sortie de crise.
Jacques Djoli plaide enfin pour une révision de la politique nationale de défense et pour le développement d’un concept opérationnel permettant à la RDC de mieux défendre son territoire et ses intérêts stratégiques.
« L’agression de la RDC, ce n’est pas l’agression contre Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. C’est le Congo qui intéresse le Rwanda », a déclaré le rapporteur de l’Assemblée nationale.
Pour lui, la crise dans l’Est constitue ainsi une question nationale qui exige une mobilisation collective, une stratégie diplomatique cohérente et le renforcement des capacités de défense de la RDC.
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