Par Bibiche Mungungu
Les journées pédagogiques 2026-2027 de l’Université des Sciences de l’Information et de la Communication (UNISIC) ont été lancées, jeudi 15 octobre 2026, à Kinshasa. Placées sous le signe de l’éthique, de l’excellence académique et de la production scientifique, ces assises de deux jours visent à renforcer la qualité de l’enseignement et de la recherche, conformément aux ambitions du plan stratégique 2026-2030 de l’établissement.
Deux jours de réflexion sur la qualité de l’enseignement
La rectrice de l’Université des Sciences de l’Information et de la Communication (UNISIC), la professeure Espérance Bayedila Bakanda Tshimungu, a procédé, jeudi 15 octobre 2026, au lancement des journées pédagogiques pour l’année académique 2026-2027.
Placées sous le thème « L’enseignant-chercheur face aux exigences du plan stratégique 2026-2030 : excellence académique, éthique et production scientifique à l’UNISIC », ces assises se déroulent du 15 au 16 octobre 2026 au siège de cet établissement public.
Plusieurs thématiques sont au programme, notamment le rôle des journées pédagogiques dans le bon fonctionnement des universités en République démocratique du Congo, l’éthique de l’enseignant-chercheur et sa contribution à l’assainissement des secteurs de la formation et de la recherche à l’UNISIC.
Les échanges portent également sur les exigences pédagogiques et didactiques, l’assurance qualité, les enjeux de la recherche dans la filière des sciences de l’information et de la communication (SIC), ainsi que les dimensions épistémologiques et méthodologiques du projet tutoriel, du mémoire et de la thèse à l’UNISIC.
Ces journées constituent un moment privilégié de réflexion collective sur la qualité de l’enseignement, les pratiques académiques et les exigences de la mission universitaire. Elles offrent à la communauté scientifique l’occasion de dresser le bilan du chemin parcouru, de tirer les enseignements des expériences acquises et de définir de nouvelles perspectives d’amélioration.

Espérance Bayedila appelle à une responsabilité collective
Dans son allocution d’ouverture, la rectrice de l’UNISIC, la professeure Espérance Bayedila Bakanda Tshimungu, a souligné l’importance de ces assises pour l’avenir de l’institution.
« Cette rencontre revêt une importance particulière. Elle nous invite à apprécier les efforts accomplis, à examiner la manière dont nous assumons nos responsabilités et à réfléchir à la cohérence entre les valeurs que nous défendons et les pratiques qui caractérisent notre institution », a-t-elle déclaré.
La rectrice a ensuite invité les participants à s’interroger sur les moyens d’améliorer la qualité des enseignements, de renforcer la pertinence des recherches et de faire évoluer les pratiques académiques. « Quel type d’université construisons-nous jour après jour à travers nos pratiques, nos décisions et notre manière d’assumer nos responsabilités ? », s’est-elle interrogée.
Pour elle, cette question prend tout son sens au moment où l’UNISIC s’engage dans la mise en œuvre de son plan stratégique 2026-2030, qui ambitionne de « bâtir l’image et la crédibilité de l’Université des Sciences de l’Information et de la Communication ».
La professeure Espérance Bayedila a insisté sur le fait que la réalisation de cette ambition ne dépend pas uniquement de l’équipe dirigeante, mais repose sur l’engagement de l’ensemble de la communauté universitaire.

Selon elle, les ambitions institutionnelles se concrétisent grâce au travail, à la persévérance et à la conjugaison des efforts de tous les acteurs.
L’École doctorale, un acquis à consolider
Abordant la question de la recherche scientifique, la rectrice a mis en avant l’avancée enregistrée par l’École doctorale de l’UNISIC, qui a obtenu un avis favorable d’agrément, selon les informations communiquées lors de son intervention.
« Notre École doctorale a obtenu son avis favorable d’agrément, consacrant ainsi une avancée majeure dans le développement de la formation doctorale au sein de notre institution. Nous avons d’autant plus de raisons d’en être fiers que notre université est la fille aînée des écoles doctorales en République démocratique du Congo », a-t-elle affirmé.
Cette reconnaissance représente, à ses yeux, aussi bien un motif de fierté qu’une responsabilité supplémentaire. Il s’agit désormais de consolider les acquis, de renforcer la qualité de l’organisation doctorale et de faire de la production scientifique un véritable symbole d’excellence.
La rectrice a également rappelé le rôle particulier de l’UNISIC dans la production du savoir et la formation des spécialistes de l’information et de la communication.

L’université, a-t-elle souligné, doit être capable de produire une pensée critique sur l’information qu’elle étudie et sur la communication qu’elle enseigne. Une exigence qui relève non seulement de sa responsabilité scientifique, mais également de son engagement envers la société congolaise.
« Notre plan stratégique 2026-2030 nous invite précisément à renforcer cette vocation. Cependant, aucun plan, aussi pertinent soit-il, ne possède à lui seul le pouvoir de transformer une institution. Un plan définit une direction, organise des ambitions et fixe des objectifs. Mais ce sont les femmes et les hommes qui lui donnent vie », a-t-elle soutenu.
Georges Wawa met l’accent sur l’éthique de l’enseignant-chercheur
Intervenant sur le thème de l’éthique de l’enseignant-chercheur et de sa contribution à l’assainissement des secteurs de la formation et de la recherche à l’UNISIC, le secrétaire général académique, le professeur Georges Wawa, a insisté sur les qualités morales et professionnelles attendues du personnel enseignant.
Pour lui, un bon enseignant-chercheur doit être un modèle et une référence pour ses apprenants. Il doit notamment faire preuve de compassion, de patience, d’humilité et de respect envers ses collègues, ses collaborateurs et ses étudiants.
L’équité, le sens de la justice et les compétences pédagogiques figurent également parmi les qualités indispensables à l’exercice de cette fonction.

Le professeur Georges Wawa a, par ailleurs, rappelé que le comportement éthique de l’enseignant-chercheur implique de s’abstenir de tout acte susceptible de porter préjudice aux apprenants, de privilégier leur équilibre et leur épanouissement, mais aussi de promouvoir les valeurs par l’exemple.
Il a également souligné la nécessité de respecter les mentalités, les coutumes et les croyances des apprenants, tout en acceptant les divergences dès lors qu’elles peuvent être défendues par des arguments recevables.
Le système LMD au cœur des réflexions sur la formation
Prenant également part aux échanges, le président a.i. du Conseil d’administration des universités de la République démocratique du Congo (CAU), le professeur Crispin Maalu Bungi, s’est exprimé sur l’évolution du système Licence-Master-Doctorat (LMD), expérimenté dans le pays depuis cinq ans.
Il a notamment évoqué la nécessité de réviser les maquettes de formation afin de mieux répondre aux exigences du marché de l’emploi.
« Nous sommes en train d’expérimenter le système Licence-Master-Doctorat (LMD). Cela fait déjà cinq ans depuis son introduction. La première chose était de réviser la maquette de formation. Un comité de pilotage a été mis en place à l’Université de Lubumbashi, qui devra rendre son rapport à la rentrée académique fixée au 26 octobre 2026 », a-t-il déclaré.
Le professeur Crispin Maalu Bungi a également indiqué que des enquêtes sur le marché de l’emploi avaient été engagées afin de favoriser une meilleure adéquation entre les formations universitaires et les besoins professionnels.
Il a, par ailleurs, salué l’initiative de l’UNISIC, qu’il a présentée comme la première université de Kinshasa à organiser ces journées pédagogiques.
L’assurance qualité, un levier d’amélioration
De son côté, le coordonnateur de l’Agence nationale d’assurance qualité de l’enseignement supérieur et universitaire (ANAQ-ESU), le professeur émérite Nkiama Ekisawa, s’est montré confiant quant aux retombées de ces assises.
Il a exprimé l’espoir que les réflexions engagées au cours de ces journées contribueront à améliorer les pratiques académiques et à renforcer la qualité de la formation au sein de l’UNISIC.
L’assurance qualité constitue, en effet, un enjeu majeur pour les établissements d’enseignement supérieur, appelés à garantir la pertinence de leurs programmes, l’efficacité de leurs méthodes pédagogiques et la qualité de leurs productions scientifiques.
La recherche et la production scientifique au programme de la deuxième journée
La première journée de ces assises a été consacrée aux questions d’éthique, de déontologie, de didactique et d’assurance qualité.
La deuxième journée portera notamment sur les enjeux de la recherche scientifique, la production scientifique ainsi que les mécanismes de suivi et d’évaluation.
À travers ces travaux, l’UNISIC entend renforcer les capacités de ses enseignants-chercheurs et promouvoir des pratiques académiques conformes aux ambitions de son plan stratégique 2026-2030. L’enjeu est de consolider la crédibilité de l’institution, d’améliorer la qualité de la formation et de faire de la recherche scientifique un pilier essentiel de son développement.







