Route coupée sur le pont Makala-Ngunza : entre crainte des érosions et de l’insécurité, les populations de Makala et Ngiri-Ngiri aux abois

WhatsApp
X
Facebook
LinkedIn

La réhabilitation, la construction des nouvelles voies ainsi que le renouvellement des certaines infrastructures et ouvrages sur les artères de la ville-province de Kinshasa, avaient été suscité un élan de salutation par les populations, surtout que la plupart de ces artères et ouvrages (ponts) datent depuis l’époque coloniale. C’est le cas des ponts jetés sur la rivière Kalamu et situés respectivement sur l’avenue Victoire à l’entrée du camp Kauka, ex-camp Sito et sur l’avenue Elengesa à quelques encablures de la place Ngunza.

Concernant particulièrement le pont Makala-Ngunza, l’opinion a encore frais à l’esprit que les travaux de réhabilitation et de construction d’un nouvel ouvrage confiés à l’entreprise SCI, avaient été lancés avec pompe depuis le 20 Juillet 2026 par le ministre provincial des Infrastructures, des Travaux publics et de l’Aménagement du territoire, sous la supervision du gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba pour une durée minimal de quatre mois. Malheureusement, quelques semaines seulement après la pose de la première plate-forme en bêton armé (voir image) à l’autre rive du pont en allant vers l’avenue By-Pass, les travaux se sont arrêtés pour des causes inconnues de la population qui craint les érosions, l’insécurité et les difficultés liées à la circulation.

Au départ, une passerelle était aménagée pour les piétons, du côté droit de l’avenue Elengesa en allant vers la commune de Makala.

Image du chantier lors du début des travaux

Mais au fur et à mesure que les travaux avançaient, une nouvelle passerelle avait vu le jour cette fois-là, du côté gauche en allant dans la même direction. Pour les véhicules, une voie de déviation avait aussi été créée sur l’avenue Souci, en partant de l’avenue Kikwit avant de rejoindre le prolongement de l’avenue Ngiri-Ngiri et retrouver plus loin l’avenue Elengesa au niveau de la place Ngunza.

Les piétons aux abois

Et depuis l’arrêt des travaux au niveau du pont Makala-Ngunza, il n’existe aucun signe de reprise. Et comble de malheur, même la passerelle aménagée pour favoriser le passage de la population, vient de céder à l’issue des pluies diluviennes qui se sont abattues sur la ville de Kinshasa, créant d’énormes dégâts au niveau des ouvrages déjà construits au niveau du pont. Depuis le matin de ce mardi 27 octobre 2026, il est pratiquement impossible pour les piétons, de traverser au niveau du pont Makala-Ngunza sur l’avenue Elengesa, car il n’existe aucune issue.

La population devra choisir entre contourner l’avenue Elengesa pour déboucher sur l’avenue Gambela ou descendre sur l’avenue Coteau en parallèle avec l’avenue Elengesa ou encore aller contourner jusqu’à l’avenue Souci réservée pour les véhicules, avant de retrouver l’avenue Elengesa.

Comme si cela ne suffisait pas, toutes les avenues ci-haut citées, deviennent impraticables en cas des pluies. Seule alternative : prendre l’avenue Gambela nouvellement asphaltée et trouver des petits ponts de fortune installés par les riverains de la commune de Makala, et ce avec tous les risques sécuritaires à travers les attaques et braquages des kulunas.
Pendant ce temps sur le chantier du pont Makala-Ngunza, ni les engins, moins encore les ouvriers de ladite entreprise sont présents. Le chantier semble avoir été abandonné à lui-même ; tandis que tous les ouvrages qui avaient été construits, ont été emportés par les dernières fortes pluies.

Dans l’entretemps, les riverains sont dans l’émoi et attendent non seulement les explications des autorités urbaines, mais aussi la reprise des travaux.

L’insécurité plane dans les cœurs des riverains

Au-delà de la fermeture du chantier du pont Makala-Ngunza, les riverains craignent déjà sur leur sécurité, car pour eux, cet endroit quasi abandonné par les ouvriers de l’entreprise SCI, risque de devenir un refuge voire un camp de concentration des kulunas.
Dans un autre chapitre, les parcelles situées tout autour du chantier, risquent d’être emportées par les érosions du fait de l’effondrement du terrain.

« Comme dans notre pays l’autorité ne se donne aucun souci pour le suivi, voilà que nous sommes abandonnés à notre triste sort, depuis que le gouverneur de la ville de Kinshasa avait pourtant pris part à la cérémonie de lancement des travaux. Et depuis, silence de mort. Nous ne savons même pas si le gouverneur Bumba est au courant de l’arrêt des travaux depuis quelques mois déjà. Car nous ne voyons aucune autorité ici pour s’enquérir de la situation », a confié à la presse, Papa Thomas Nsakala, un sexagénaire habitant sur l’avenue Kola, non loin du chantier dont question.

Des jeunes du quartier Elengesa craignent eux aussi une éventuelle insécurité qui risque de voir le jour à cet endroit, où a été aménagé un hôtel dancing-bar de standing dénommé « ETSHUBELE », qui permet à la population environnante de se mouvoir en temps de stress. « Nous espérons que l’abandon de ce chantier ne va pas favoriser la menace des kulunas, surtout qu’in n’existe aucun poste de police dans les environs.
Il est temps que les autorités puissent sécuriser ce site abandonné par les responsables SCI, en attendant la relance des travaux », s’est inquiété le jeune Mandiangu Aimé, l’un des habitués de la bonne bière au nganda « ETSHUBELE ».

Que conclure ?

Il faut noter que l’arrêt des travaux sur le pont Makala-Ngunza ainsi que l’effondrement de la passerelle, risquent de peser lourdement sur les activités économiques et sociales des populations du coin. A cela s’ajoute la grande insécurité qui va désormais peser dans la vie de ceux qui rentrent tard à la maison, notamment les travailleurs et vendeurs nocturnes du coin et des environs. Mêmement pour les motocyclistes qui empruntent des chemins détournés, avec les risques de braquage. Dans l’entretemps, l’argent décaissé pour la réhabilitation du pont Makala-Ngunza semble planer quelque part. Au grand dam des bénéficiaires. Au-delà de ce qui précède, les autorités de la ville de Kinshasa sont priées de se prononcer dans le sens de calmer la population à travers une information fiable, pour la simple raison que le pont Ngunza est d’une utilité capitale, car il permet à la population de Kinshasa de se mouvoir entre plusieurs communes.

En effet, au départ de la place Victoire ou encore de Bandal Molaert et Marché Selembao, les kinois ont la possibilité d’atteindre les communes de Lemba, Matete, Mont-Ngafula, Kisenso, Ndjili, Limete, Bumbu… pour ne citer que ces quelques municipalités.

José Wakadila

Partager avec :

WhatsApp
X
Facebook
LinkedIn