Répression brutale et sanglante des militants de l’Ecidé: La VSV condamne et exige réparation pour les victimes

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« La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) est vivement préoccupée par le non-respect de la liberté de manifester en RDCongo se traduisant par la répression des manifestations publiques », c’est en ces termes que le directeur Exécutif de cette Ong de défense des droits l’homme, Rostin Manketa, a introduit la conférence de presse qu’il animée le week-end à l’attention des médias.

Il a fait allusion à la répression brutale et sanglante, vendredi 22 avril 2022, des militants de la plate-forme de l’opposition politique LAMUKA en général, et ceux du parti politique de l’opposition « Engagement pour la Citoyenneté et le Développement » (ECIDé) en particulier, par certains éléments de la Police Nationale Congolaise (PNC), alors qu’ils se dirigeaient à l’Assemblée Nationale pour y organiser un sit-in, en vue de revendiquer le consensus entre les parties prenantes au processus électoral en RDC sur les réformes électorales en cours et particulièrement sur les options fondamentales de la loi électorale. « Cette répression a été suivie des actes de saccage, de vandalisme, de la destruction méchante, pillage des biens… perpétrés au siège de l’ECIDé », peut-on lire dans le communiqué remis à la presse.

C’est au niveau du croisement du Boulevard Triomphal et de l’avenue des Huileries, à côté du Palais du Peuple, que les manifestants de l’Ecidé ont été surpris par l’irruption d’un groupe des policiers lourdement armés et venus à bord des jeeps. Ces policiers explique M. Rostin Mnketa, ont commencé à tirer à balles réelles et à jeter des grenades à gaz lacrymogènes sur les manifestant pacifiques, dont la plupart se sont réfugiés au siège du parti ECIDé.

« Sur place et sous les ordres du commissaire supérieur de la PNC,  KINZUMBA KOKILA, alias Karl Lewis, commandant PNC district de la Funa, les policiers qui ont investi le siège de l’ECIDé à la poursuite des manifestants, se sont mis à casser les vitres des fenêtres et à forcer les portes des bureaux au moyen d’une barre à mine et des grosses pierres », renseigne la VSV, ajoutant que les bureaux du député national Ado NDOMBASI, le secrétariat, le magasin,… le bureau de la Ligue des Jeunes de l’ECIDé… ont vu leurs vitres saccagées ; tandis que les T-Shirt, Képis, chemises et autres insignes du parti ainsi qu’un ordinateur et son imprimante qui se trouvaient dans la boutique du parti, ont été emporté.

21 blessés dont 3 touchés grièvement

Dans ses investigations, la VSV dit avoir dénombré 21 blessés dont trois (3) grièvement, qui ont été touchées par balles réelles tirées à bout portant par les policiers. Il s’agit de M. Cédric MANGUNGU dont la jambe droite a été blessée et fracturée par balle (il a subi des opérations) et qui a été poignardé à la tête ; M. Arnold NTOBO MASUKA, dont la jambe a été fracturée par une grosse pierre lui lancée par un policier ainsi que M. Guillaume TAMFUMU qui a été blessé par balle à la main droite.

Les victimes ont été évacuées vers un centre hospitalier de la place où elles sont internées. Dix-Huit (18) autres blessés ont été enregistrés en l’occurrence MM. LUKENGU Guelord, MAYAMBA ILENDA, NZUZI Mechack, NSIAKA Benjamin, MABA Célestin, KABEYA Pierre, MUTOMBO Jeancy, KABAMBA Michel, MAYUNDA Michel, MBUKU Michel, MABAKU MAYESI, KOLOLO Chico, ILUNGA Dieu-donné, MBAKATA Augustin, MUTEBA NGISULU, LUTULA Omar, MAKIESE, MUPENDA TALANGAYI.

Pour la VSV, la répression de la manifestation du 22 avril 2022 viole le droit à la liberté de manifester garanti par la Constitution de la RDCongo et les instruments juridiques régionaux et internationaux des droits de l’Homme auxquels la RDC a souscrit librement.

Aussi, de tels agissements de policiers n’honorent pas la RDCongo et font penser aux répressions du régime passé entre 2015 et 2017 ayant occasionné mort d’hommes et des centaines de blessés. Par conséquent, la VSV dénonce et condamne fermement cette violation du droit à la sécurité et au respect de l’intégrité physique garanti à toute personne humaine ainsi que les traitements cruels, inhumains ou dégradants infligés à certains manifestants par des policiers.

Elle saisit l’occasion pour rappeler à toutes les autorités congolaises et aux responsables des services de sécurité, que le respect de la liberté de manifester fait partie des socles d’une démocratie qui fonctionne normalement et aucun prétexte ne peut justifier une répression brutale, sanglante et disproportionnée.

Le Chef de l’Etat interpellée

Au regard de tout ce qui précède, la VSV sollicite l’intervention personnelle du Président de la République, Félix Tshisekedi, pour mettre fin aux répressions brutales des manifestants à Kinshasa et en provinces. « Les responsables des services de sécurité ainsi que les gouverneurs des provinces devraient, en principe travailler dans le strict respect des droits humains en vue de donner une autre image, une image positive de la RDC en matière de respect des droits humains après l’alternance politique que d’aucuns avaient salué après les élections de 2018 », estiment les responsables de cette Ong.

La VSV croit en effet, qu’il est plus que temps pour que tous ceux qui prétendent travailler pour la RDCongo et pour le Chef de l’Etat, mettent impérativement tout en œuvre, pour le respect des droits humains, en lieu et place de méconnaitre et mépriser les droits fondamentaux de la personne humaine.

Tout compte fait, la VSV invite les autorités du pays à :
Diligenter une enquête impartiale et indépendante en vue d’identifier les auteurs et les commanditaires de cette répression policière afin qu’ils répondent de leurs actes conformément à la loi ;
Prendre en charge les soins médicaux de toutes les victimes particulièrement ceux de MM. Cédric MANGUNGU, Arnold NTOBO MASUKU dont les jambes ont été fracturées et Guillaume TAMFUMU blessé par balle à la main droite;
Indemniser toutes les victimes et le parti politique de l’opposition ECIDé pour tous les préjudices subis ;
Respecter et faire respecter le droit de manifester garanti par la Constitution de la RDC et les instruments nationaux, régionaux et internationaux des droits humains.

José Wakadila

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