Avec le partenariat de la FAO, une cinquantaine d’experts en atelier à Mbanza-Ngungu pour l’élaboration d’un système robuste de surveillance des forêts en RDC

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« Réaliser un diagnostic partagé de l’état actuel du Système national de surveillance des forêts (SNSF) ; forger une vision commune de l’évolution souhaitée du SNSF par toutes les parties prenantes et établir un parcours à court terme définissant les prochaines étapes au cours des 12 mois suivants, c’est-à-dire élaborer conjointement la feuille de route pour l’institutionnalisation du SNSF » : tels sont les objectifs poursuivis par l’atelier national tripartite de dialogue sur l’institutionnalisation des systèmes nationaux de surveillance des forêts (CLP-GFOI), organisé par le ministère de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle Économie du climat (EDDNEC), en partenariat avec la FAO, du 17 au 19 octobre 2026, au Centre d’accueil Saint-Gérard, dans la cité de Kola, à Mbanza-Ngungu, dans la province du Kongo-Central.

Pour le directeur de la DIAF (Direction des inventaires et de l’aménagement des forêts), M. Maurice Matanda Kafunda, qui a prononcé le mot de circonstance de Mme la Secrétaire générale au ministère de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle Économie du climat, empêchée, cette activité vise à préparer adéquatement la RDC à participer à l’Initiative mondiale pour l’observation des forêts (GFOI), à travers son approche de planification pilotée par les pays (CLP).

En effet, compte tenu des engagements maintes fois exprimés par Mme la ministre de l’EDDNEC en faveur du renforcement et de la pérennisation du SNSF au sein de la DIAF, et au regard des difficultés budgétaires du pays à acquérir des équipements hautement spécialisés dans ce domaine, une lettre d’intérêt a été adressée, en juillet 2026, au responsable de la GFOI, sollicitant et obtenant, par la même occasion, la participation de la RDC à cette initiative.

Afin de concrétiser cette participation, la RDC est invitée à prendre part à la session de planification pilotée par les pays, organisée dans le cadre du Forum d’échange de connaissances Sud-Sud, au siège de la FAO, à Rome, en Italie, du 3 au 6 novembre 2026.

Ce forum offrira un espace de dialogue entre les pays forestiers afin de renforcer leurs liens, de partager leurs connaissances, d’échanger sur les enseignements tirés de leurs expériences et d’explorer les bonnes pratiques dans le cadre de trois ateliers consacrés à la planification pilotée par les pays (CLP) pour l’institutionnalisation des systèmes nationaux de surveillance des forêts (SNSF) ; à la mesure, à la notification et à la vérification (MRV), couvrant les aspects techniques et méthodologiques ; ainsi qu’à la surveillance des forêts au service de chaînes de valeur transparentes des produits forestiers.

Faire disparaître le contraste

Pour Mme la Secrétaire générale, il est inconcevable qu’un pays comme la RDC, qui détient plus de 60 % de la superficie du massif forestier tropical mondial, ne puisse toujours pas disposer d’un système robuste de surveillance des forêts, à l’instar d’autres pays forestiers. D’où la nécessité d’organiser non seulement la planification pilotée par les pays (CLP) pour l’institutionnalisation des SNSF, mais aussi la MRV, couvrant les aspects techniques et méthodologiques, ainsi que la surveillance des forêts au service de chaînes de valeur transparentes des produits forestiers, en s’inspirant des expériences d’autres pays ayant déjà organisé des ateliers nationaux multipartites.

« Le processus d’organisation dudit atelier doit concerner toutes les parties prenantes, même celles ayant des intérêts divergents, en vue de disposer, de concert, d’une feuille de route pour l’institutionnalisation du SNSF de la RDC. Ce qui suscite un sentiment de copropriété, condition essentielle à la mise en œuvre de ses actes et/ou de ses recommandations », explique Mme la Secrétaire générale dans son mot d’ouverture.

En effet, poursuit-elle, dans un contexte de pauvreté où vit la majorité de la population, qui dépend essentiellement des ressources forestières pour sa survie, il devient impérieux et urgent pour la RDC d’institutionnaliser son système national de surveillance des forêts.

« L’organisation des présentes assises va y contribuer énormément et je reste convaincue qu’elle apportera des solutions aux autres préoccupations dans ce secteur forestier. […] Cet atelier n’est donc pas une fin en soi. Il prépare plutôt le terrain pour un travail sectoriel plus poussé dans le contexte des réformes institutionnelles en cours dans notre pays. C’est de la somme de nos efforts individuels et collectifs que jailliront les étapes de la feuille de route permettant de jeter les bases d’une institutionnalisation du SNSF congolais, capable de contribuer substantiellement à l’amélioration de la gouvernance forestière, à la nouvelle économie du climat, à la réduction de la pauvreté et au développement durable de la RDC, ainsi qu’à la lutte contre le changement climatique et la perte de biodiversité », a encore soutenu Mme la Secrétaire générale dans son allocution, avant d’inviter les participants à faire preuve de davantage d’abnégation et de responsabilité lors des différents segments des travaux à venir.

À noter que l’atelier de Mbanza-Ngungu réunit une cinquantaine d’experts issus de toutes les catégories de parties prenantes : Présidence de la République, Assemblée nationale, Sénat, Primature, ministères sectoriels, entreprises publiques, universités, institutions d’enseignement supérieur et de recherche scientifique, FEC, société civile, autorités coutumières, Fédération des industriels du bois, ONG environnementales et de défense des droits humains, Association congolaise des exploitants forestiers artisanaux, etc.

Mieux connaître la GFOI-CLP

L’Initiative mondiale pour l’observation des forêts (GFOI), avec son approche de planification pilotée par les pays (CLP), est un partenariat mondial volontaire qui coordonne l’appui international à la surveillance des forêts, afin d’aider les pays en développement à satisfaire à leurs obligations internationales en matière de notification et à répondre à leurs besoins nationaux en matière d’information.

Dans le cadre du programme AIM4Forests de la FAO, la GFOI-CLP est financée par le Département de la sécurité énergétique et de la neutralité carbone du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, tandis que le Bureau de la GFOI, hébergé par la FAO, est financé par le gouvernement norvégien.

L’initiative a débuté en 2023 et la RDC y a adhéré en 2024. Les contraintes sécuritaires auxquelles le pays est confronté en raison de la guerre dans l’Est, auxquelles s’ajoute la situation sanitaire liée à la maladie à virus Ebola, lui ont été défavorables.

Néanmoins, le vif intérêt manifesté par les participants représentant toutes les catégories de parties prenantes (Présidence de la République, Primature, ministère de l’EDDNEC, société civile et partenaires techniques et financiers) lors de la réunion virtuelle GFOI-CLP « Connect & Understand », tenue le 5 juin 2026 au siège de la FAO en RDC, a clairement démontré la volonté d’engager le pays dans la mise en œuvre de cette initiative.

José Wakadila

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