Droits des enfants vivant avec handicap: Le GRADHAC en campagne de sensibilisation en milieux scolaires

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La problématique de l’accessibilité des enfants vivant avec handicap pose encore problème en RDC. Il y a l’environnement qui ne leur sont pas favorable, les enseignants qui ne prennent pas en compte cet aspect de chose dans leurs enseignements ainsi que les chefs d’établissements. Selon le rapport de l’Organisation mondiale des personnes handicapées et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), la RDC compte 13.841.000 personnes vivant avec handicap (PVH), ce qui représente 18% de la population.

Dans cet échantillon, près de 92% des PVH sont des analphabètes qui ne savent ni lire, ni écrire pour plusieurs causes. Compte tenu de toutes ces réalités, l’enseignant a un grand rôle à jouer dans la promotion des droits des personnes vivant avec handicap, en particulier ceux de l’enfant vivant avec handicap à l’école. Ce dernier, s’il n’est pas complexé à l’école, peut avoir plusieurs facilités pour son intégration dans la société. D’où l’implication des enseignants pour décourager les mauvais comportements des enfants valides vis-à-vis de leurs collègues PVH (moqueries, isolement…).

C’est la raison pour laquelle le Groupe d’action pour la défense et la protection des droits des personnes vivant avec handicap (GRADHAC), a choisi de sensibiliser le corps enseignant, aux droits des enfants vivant avec handicap pour la simple raison que, si quelqu’un quitte le banc de l’école (primaire, secondaire et Université), qu’il ait déjà les notions sur les droits des personnes handicapées.

C’est dans cet ordre d’idées qu’il a organisé une session d’information et de sensibilisation en faveur des enseignants du primaire, secondaire et des chefs d’établissements scolaires sur les instruments juridiques internationaux, régionaux et nationaux, garantissant les droits des personnes vivant avec mercredi 27 avril dernier au Complexe scolaire Tubay situé dans la commune de Mont-Ngafula.

Causes de l’absence des enfants PVH à l’école

La première responsabilité incombe aux parents eux-mêmes, qui ne donnent pas la chance à leurs enfants qui vivent avec handicap, les considérants comme étant des vauriens qui ne peuvent rien apporter dans la vie. Ils croient que leurs enfants PVH sont improductifs, sorciers, incapables…, raisons pour lesquelles, ils ne peuvent pas étudier.
Pourtant, ces enfants ont plusieurs droits qui les protègent, notamment le respect de la dignité, la non-discrimination, l’égalité entre la personne vivant avec handicap et la personne valide, la meilleure protection de la femme vivant avec handicap, la sensibilisation de la Convention protégeant les droits des PVH par l’Etat, l’accessibilité des PVH, le droit de ne pas être soumis à la torture et à des peines cruelles ou dégradants, liberté d’expression et d’opinion et accès à l’information, respect du domicile…

Parmi tous ces droits, celui sur l’éducation a une place primordiale, surtout qu’il s’agit de l’éducation inclusive des enfants valides et ceux vivant avec handicap. Mais au regard de ce point, ces derniers sont favorisés par rapport aux enfants valides, notamment sur le paiement ou la fixation des frais scolaires qui sont soit supprimés, soit revus à la baisse. Il y a aussi le droit à la santé, le droit à l’adaptation et la réadaptation, le droit à l’emploi…

Au regard de tout ce qui précède, le GRADHAC a indiqué à travers son Directeur exécutif, Me Patrick Pindu-di-Lusanga, qu’il compte mener un plaidoyer non seulement au niveau des autorités ayant en charge l’enseignement primaire et secondaire, mais aussi pour l’initiation d’une proposition de loi par le parlement sur l’enseignement en RDC, afin que la notion du handicap puisse être intégré dans le cours d’Education Civique et Morale (ECM), mais également dans le cours de Civisme et Développement au niveau de l’enseignement secondaire et à l’Université.

Cela fera que la question du handicap puisse être maîtrisée au niveau de l’école primaire, secondaire, humanités et universitaire. « Si ces enfants qui sortiront de tous ces milieux connaissent mieux les notions du handicap, afin qu’il y ait un respect absolu des droits des enfants vivant avec handicap », a insisté Me Pindu.

Impressions

A l’issue de la session, quelques responsables ont donné leurs impressions. M. Médard Makolo Mukumadi, surnuméraire au Complexe scolaire Tubay, s’est dit très ému d’avoir participé à une telle activité. « Cela nous encourage car nous avons appris comment protéger et soutenir les enfants vivant avec handicap, afin de les aider à accéder aux mêmes conditions de vie que les enfants valides, surtout qu’ils ont toujours été négligé. Mais avoir appris comment protéger leurs droits, tout cela désormais facile pour nous, afin de les mettre dans les conditions qui les leurs », a-t-il affirmé.

Mme Anne Kapaya, secrétaire au sein du même complexe scolaire, a affirmé que l’école dispose d’un enfant vivant avec handicap qui est souvent complexé. Mais au moment de contrôle des frais scolaires, ce dernier est toujours protégé et n’a jamais été chassé. « Pour moi, cette formation vient compléter les notions que j’avais déjà sur la protection des enfants vivant avec handicap », a-t-elle dit.

M. Hyppolite Muabi, Directeur du Groupe scolaire Tumba dans la même commune de Mont-Ngafula, cette formation vient compléter le cursus des enseignants sur la protection des enfants vivant avec handicap dans les écoles. « La matière reçue est vraiment appropriée car elle nous permet d’avoir désormais une attention soutenue dans nos écoles, pour la protection de cette catégorie d’enfants qui souvent négligés. Heureusement qu’aujourd’hui, nous venons d’être édifiés sur comment les protéger dans la société, particulièrement dans nos écoles », a-t-il reconnu.

Pour sa part, Mme Mumba Georgette, enseignante au Groupe scolaire Tumba, s’est dit également très édifiée. « Après la formation, je reconnais que nous étions ignorants. Cela nous fait non seulement mal au cœur, mais nous donne également la force de considérer tout le monde, en particulier la personne vivant avec handicap, comme une personne à part entière. Avec cette formation, nous avons une autre vision sur cette catégorie des personnes qui ont aussi des droits comme les mêmes personnes valides. Nous devons désormais sensibiliser les autres à pouvoir les valoriser et inviter la communauté à vivre harmonieusement avec eux », a-t-elle conseillée.

Pour rappel, cette activité a été organisée avec l’appui de NED (National Endowment For Democracy) et Africa Disability Alliance, dans le cadre du Projet d’appui à la promotion de l’éducation inclusive en milieu scolaire et universitaire. L’objectif est d’atteindre un taux élevé des enfants vivant avec handicap. Au finish, il s’agira de mettre en place un réseau des enseignants pour la protection des droits des enfants handicapés à l’école.

A noter que le GRADHAC est membre de la FENAPHACO (Fédération nationale des associations des personnes handicapées du Congo) et du FOPHAC (Forum des Défenseurs et Organisations des Personnes Vivant avec Handicap en Afrique Centrale).

José Wakadila

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