{"id":1299,"date":"2021-11-06T15:29:23","date_gmt":"2021-11-06T15:29:23","guid":{"rendered":"https:\/\/lareferenceplus.cd\/?p=1299"},"modified":"2021-11-06T15:29:23","modified_gmt":"2021-11-06T15:29:23","slug":"situation-economique-en-rdc-pres-de-60-millions-de-personnes-vivent-avec-moins-de-190-dollar-par-jour","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lareferenceplus.cd\/situation-economique-en-rdc-pres-de-60-millions-de-personnes-vivent-avec-moins-de-190-dollar-par-jour\/","title":{"rendered":"Situation \u00e9conomique en RDC\u00a0: Pr\u00e8s de 60\u00a0millions de personnes vivent avec moins de 1,90\u00a0dollar par jour"},"content":{"rendered":"<p><strong>La R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo (RDC) est un pays riche en ressources naturelles. Elle demeure pauvre suite \u00e0 la situation pr\u00e9occupante de son syst\u00e8me \u00e9conomique. Bien que la RDC ait engag\u00e9 des r\u00e9formes pour renforcer la gouvernance de la gestion des ressources naturelles et am\u00e9liorer le climat des affaires, le pays se classe au 183e\u00a0rang sur 190\u00a0pays selon le rapport\u00a0<em>Doing Business<\/em>\u00a02020, et les principaux indicateurs de gouvernance restent m\u00e9diocres.<\/strong><\/p>\n<p>Des r\u00e9centes \u00e9tudes d\u00e9montrent que des antivaleurs, soit des dispositions archa\u00efques de la loi sur les finances publiques, soit des pesanteurs ne permettent pas \u00e0 la RDC de capitaliser ses immenses richesses naturelles encore moins de maximiser ses recettes publiques.<\/p>\n<p>Ces facteurs qui freinent le d\u00e9veloppement de la RDC sont entre autres\u00a0: la corruption qui est tol\u00e9r\u00e9e, institutionnalis\u00e9e et d\u00e9mocratis\u00e9e en RDC. Cette corruption est de toute \u00e9vidence le premier frein au d\u00e9veloppement. Le pays perdrait jusqu&rsquo;\u00e0 20 milliards USD par an \u00e0 cause de la corruption. C&rsquo;est un fl\u00e9au qui bloque et retarde l\u2019\u00e9mergence de la RDC. La fraude douani\u00e8re, fiscale ou de toute autre nature et l\u2019impunit\u00e9. Il y \u00e9galement l&rsquo;Informel o\u00f9 plusieurs experts conviennent que ce secteur serait l&rsquo;\u00e9conomie r\u00e9elle de la RDC. Les vendeuses des beignets dans un coin de la rue, le paysan maraicher, le cireur des chaussures, les vendeurs ambulants des oranges, les vendeurs des charbons, la petite boutique du quartier ou encore cette m\u00e9nag\u00e8re qui vend depuis sa maison de l&rsquo;eau en sachet, toute ces activit\u00e9s devraient \u00eatre tax\u00e9es d&rsquo;une mani\u00e8re ou d&rsquo;une autre par le fisc. Il y aurait au minimum 10 millions d&rsquo;agents \u00e9conomiques informels en RDC selon les r\u00e9sultats de ces enqu\u00eates. Pourtant, tous ces acteurs ne payent rien au fisc. Un \u00e9norme manque \u00e0 gagner pour la croissance de l&rsquo;\u00e9conomie nationale. A cela s\u2019ajoutent les tracasseries polici\u00e8re, militaire, administrative, fiscale ou autre, les tracasseries nuisent au climat des affaires\u00a0; le paiement non automatis\u00e9 des amendes et autres taxes dues \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat. Des millions de francs congolais pay\u00e9s de main en main dans l\u2019administration publique ou aux agents de l\u2019ordre et de s\u00e9curit\u00e9 n\u2019arrivent quasiment pas au Tr\u00e9sor public. Cet argent finit toujours dans les poches des individus. Le gouvernement devrait automatiser tous les paiements dans l\u2019administration publique et dans la police pour renflouer ses caisses. Aussi, les exon\u00e9rations indues\u00a0accord\u00e9es par le Gouvernement, selon la diversit\u00e9 des r\u00e9gimes en vigueur\u00a0; la Loi de 2001 portant disposition g\u00e9n\u00e9rale applicable aux ASBL et aux Etablissements d\u2019utilit\u00e9 publique qui accorde des facilit\u00e9s aux organisations sans but lucratif\u00a0; la Loi de 2011 portant principes fondamentaux relatifs \u00e0 l\u2019agriculture, le Code des investissements et le Code minier qui accordent aussi des facilit\u00e9s aux importations des intrants, mat\u00e9riels et autres engins li\u00e9s aux activit\u00e9s des secteurs susvis\u00e9s.<\/p>\n<p>Selon un expert de la Direction d\u2019\u00e9tudes et Planifications du Minist\u00e8re des Finances, il est impossible de renseigner avec exactitude le poids financier des d\u00e9penses fiscales par an. Cependant, les donn\u00e9es collect\u00e9es par l\u2019observatoire de la D\u00e9pense Publique, ODEP, au sein de diff\u00e9rentes r\u00e9gies financi\u00e8res, dont la DGI, la DGDA et la DGRAD renseignent qu\u2019en dehors de ces avantages r\u00e9glementaires, la RDC enregistre des exon\u00e9rations hors la loi, \u00e9valu\u00e9es \u00e0 environ 4 milliards USD par an. Le nouveau gouvernement doit faire une \u00e9valuation des exon\u00e9rations afin de se rassurer de leurs b\u00e9n\u00e9fices et impact socio-\u00e9conomique.<\/p>\n<p><strong>Historique de l\u2019\u00e9conomie congolaise<\/strong><\/p>\n<p>Les efforts de redressement \u00e9conomique entrepris entre fin 1967 et fin 1973 ont permis de rehausser la croissance \u00e9conomique. Ils ont co\u00efncid\u00e9 avec un environnement international favorable port\u00e9 par la hausse du cours du Cuivre. Ces deux \u00e9l\u00e9ments ont d\u00e9termin\u00e9 les r\u00e9sultats positifs enregistr\u00e9s au cours de cette p\u00e9riode caract\u00e9ris\u00e9e par une croissance du PIB r\u00e9el de 2,7% et une hausse du niveau g\u00e9n\u00e9ral des prix de 27% en moyenne annuelle.<\/p>\n<p>Cette p\u00e9riode, marqu\u00e9e par une croissance de 0,03% et une inflation de 57,6% en moyenne annuelle comprend deux phases \u00e0 savoir, la phase de 1974 \u00e0 1982 caract\u00e9ris\u00e9e par des mauvais choix en mati\u00e8re de politique \u00e9conomique ayant abouti au surendettement du pays dans le cadre de financement des grands travaux (INGA I et II, CCIZ, Sid\u00e9rurgie de MALUKU\u2026) sous le sceau de la corruption et de r\u00e9tro-commissions.<\/p>\n<p>Dans un contexte international caract\u00e9ris\u00e9 par deux chocs p\u00e9troliers (quintuplement et quadruplement du prix du baril respectivement en 1973 et 1976) et la chute du cours du Cuivre en 1975 ( apr\u00e8s l\u2019\u00e9chec de la strat\u00e9gie mise en \u0153uvre par le CIPEC, Conseil Intergouvernemental des Pays Producteurs et Exportateurs du Cuivre), les mesures rat\u00e9es de Za\u00efrianisation ou nationalisation, de Radicalisation ou \u00c9tatisation et enfin de R\u00e9trocession, la gestion peu orthodoxe des Finances Publiques, le caract\u00e8re accommodant de la politique mon\u00e9taire et les co\u00fbts li\u00e9s \u00e0 l\u2019ajustement tardif de la politique de change ont eu comme cons\u00e9quences, l\u2019arr\u00eat du processus de cr\u00e9ation des richesses int\u00e9rieures.<\/p>\n<p>Par contre, la phase de 1983 \u00e0 1989 est celle des efforts d\u2019ajustement de l\u2019\u00e9conomie gr\u00e2ce aux mesures d\u2019assainissement de la politique budg\u00e9taire et des r\u00e9formes entreprises au niveau de la politique mon\u00e9taire, de la politique de change (adoption du r\u00e9gime des changes flottants et assouplissement de la r\u00e9glementation de change).<\/p>\n<p>La p\u00e9riode de 1989 \u00e0 2001 est celle du d\u00e9clin de l\u2019\u00e9conomie et de la soci\u00e9t\u00e9 congolaise. La longue transition politique marque non seulement le couronnement de l\u2019instabilit\u00e9 institutionnelle (plus de 12 gouvernements en l\u2019espace de 10 ans) mais surtout de malaises sociaux (\u00e9v\u00e9nements de LUBUMBASHI en 1990, conflits interethniques en 1991 et 1992, gr\u00e8ves, contestations populaires, villes mortes\u2026) et \u00e9conomiques (hyperinflation, pillages de l\u2019outil de production et de commercialisation des entreprises en 1991 et 1993, rupture de la coop\u00e9ration bilat\u00e9rale et multilat\u00e9rale..).<br \/>\nIl s\u2019agit \u00e9galement de noter que le d\u00e9sordre des Finances Publiques est attest\u00e9 par des d\u00e9ficits insoutenables du tr\u00e9sor financ\u00e9s presque exclusivement par les avances directes de la Banque Centrale avec comme cons\u00e9quence la d\u00e9pr\u00e9ciation rapide du taux de change et la hausse vertigineuse des prix int\u00e9rieurs, respectivement 98% et 9800% en 1994. Les conflits arm\u00e9s, apr\u00e8s l\u2019\u00e9chec de la Conf\u00e9rence Nationale, ont eu des impacts graves tant sur la situation sociale qu\u2019\u00e9conomique. Au cours de cette p\u00e9riode, le PIB R\u00e9el a recul\u00e9 de 4,5% en moyenne. La hausse du niveau g\u00e9n\u00e9ral des prix a \u00e9t\u00e9 de pr\u00e8s de 2.000\u00a0% en moyenne. L\u2019incidence de la pauvret\u00e9 est \u00e9tablie en moyenne \u00e0 80% et le taux de ch\u00f4mage \u00e0 84%.<\/p>\n<p><strong>Hyperinflation<\/strong><\/p>\n<p>En mai 1997, l\u2019Alliance des Forces D\u00e9mocratiques de Lib\u00e9ration, dirig\u00e9e par le Pr\u00e9sident Laurent D\u00e9sir\u00e9 Kabila, a pris le pouvoir et \u00e9vin\u00e7a le r\u00e9gime du Mar\u00e9chal Mobutu. Le nouveau r\u00e9gime en place entame un programme de reconstruction nationale et tente d\u2019assainir la situation \u00e9conomico-financi\u00e8re du pays, alors que le pays devait au Club de Paris 7 milliards d\u2019euros.\u00a0Le Gouvernement mis en place commence par op\u00e9rer certaines r\u00e9formes sur le plan \u00e9conomico-financier notamment, la r\u00e9forme mon\u00e9taire qui institua le franc Congolais. L\u2019\u00e9conomie \u00e9tait caract\u00e9ris\u00e9e par la d\u00e9flation pendant cette p\u00e9riode.<\/p>\n<p>En ao\u00fbt 1998, l\u2019\u00e9conomie congolaise a connu encore une chute drastique caract\u00e9ris\u00e9e par l\u2019hyperinflation qui a poursuivi jusqu\u2019au milieu des ann\u00e9es 2000 et ce, \u00e0 la suite de l\u2019\u00e9clatement de la guerre impos\u00e9e \u00e0 la R.D. Congo par ses voisins. Le Gouvernement proc\u00e9dait de mani\u00e8re r\u00e9currente aux avances de la banque centrale pour financer la guerre, et cette pratique avait entam\u00e9 de mani\u00e8re consid\u00e9rable la perte de la valeur de la monnaie nationale par rapport au dollar am\u00e9ricain. Par ailleurs, au niveau de march\u00e9 de change, le Gouvernement appliquait le taux de change fixe et dans le march\u00e9 parall\u00e8le c\u2019\u00e9tait le taux de change flottant. Durant toute cette p\u00e9riode, la probl\u00e9matique de l\u2019assainissement des finances publiques \u00e9tait caract\u00e9ris\u00e9e par un \u00e9chec, et la relation avec les partenaires traditionnelles dont la Banque Mondiale et le Fonds Mon\u00e9taire International \u00e9tait conflictuelle.<\/p>\n<p>De 2002 \u00e0 fin d\u00e9cembre 2019, la situation \u00e9conomique de la R.D.C est caract\u00e9ris\u00e9e par l\u2019orthodoxie de la politique \u00e9conomique et des performances imputables aux effets des r\u00e9formes engag\u00e9es qui ont permis d\u2019importants investissements dans les secteurs minier\u00a0et autres qui porte la croissance. Cette p\u00e9riode constitue un tournant d\u00e9cisif pour l\u2019\u00e9conomie congolaise, avec l\u2019am\u00e9lioration des taux de croissance \u00e9conomique, atteignant un pic de 9,5% en 2014, associ\u00e9e \u00e0 une baisse sensible des volatilit\u00e9s des prix int\u00e9rieurs et une relative am\u00e9lioration de l\u2019environnement des affaires. Ladite croissance s\u2019est ralentie \u00e0 pr\u00e8s de 2,5% du PIB en 2016, suite \u00e0 la baisse sensible des cours des mati\u00e8res premi\u00e8res occasionnant ainsi la r\u00e9duction des revenus des entreprises mini\u00e8res. Entre 2017 et 2019, ce taux de croissance est pass\u00e9 respectivement \u00e0 3,7%\u00a0; 5,8% et 4,6% occasionn\u00e9 par l\u2019augmentation sur le march\u00e9 international des cours de certaines mati\u00e8res dont le cobalt.<\/p>\n<p>Pendant la m\u00eame p\u00e9riode, l\u2019inflation a \u00e9t\u00e9 maintenue suite \u00e0 une politique mon\u00e9taire voire budg\u00e9taire orthodoxe. En effet en l\u2019absence des chocs\u00a0ext\u00e9rieurs importants, le cadre macro\u00e9conomique est demeur\u00e9 stable. L\u2019\u00e9volution du taux d\u2019inflation se pr\u00e9sente comme suit\u00a0: 15,8%\u00a0; 4,4%\u00a021,3%\u00a0;18,2%\u00a0;27,6%\u00a0;53,4%\u00a0;9,8%\u00a0;2,7%\u00a0;1,1%\u00a0;0,5%\u00a0;0,8%\u00a0;26%\u00a0;53%\u00a0;7,2% et 4,4%<\/p>\n<p><strong>Pand\u00e9mie \u00e0 covid-19 face \u00e0 l\u2019\u00e9conomie de la RDC<\/strong><\/p>\n<p>Il sied de souligner qu\u2019\u00e0 la suite de l\u2019av\u00e8nement de la crise sanitaire mondiale caus\u00e9e par la pand\u00e9mie de Covid-19, l\u2019\u00e9conomie congolaise est affect\u00e9e \u00e0 l\u2019instar d\u2019autres pays de la plan\u00e8te et des mesures conjoncturelles sont en train d\u2019\u00eatre prises progressivement pour juguler les m\u00e9faits de ladite crise et permettre aux entreprises de se maintenir.\u00a0Cependant la pauvret\u00e9 reste tr\u00e8s r\u00e9pandue en RDC. Le pays se situe au troisi\u00e8me rang mondial pour le nombre de pauvres et la situation s&rsquo;est encore aggrav\u00e9e \u00e0 la suite de la pand\u00e9mie de COVID-19.<strong>\u00a0<\/strong>Selon les estimations, 73\u00a0% de sa population, soit 60\u00a0millions de personnes, vivent avec moins de 1,90\u00a0dollar par jour (niveau fix\u00e9 comme seuil de pauvret\u00e9 international). Ainsi, pr\u00e8s d&rsquo;une personne sur six en situation d&rsquo;extr\u00eame pauvret\u00e9 en Afrique subsaharienne vit en RDC.<\/p>\n<p>La croissance \u00e9conomique de la RDC qui atteignait 4,4\u00a0% en 2019, avant la pand\u00e9mie de COVID-19, a chut\u00e9 \u00e0 0,8\u00a0% en 2020, selon les estimations de la Banque mondiale. Principal moteur de la croissance, l&rsquo;industrie mini\u00e8re a progress\u00e9 de 6,9\u00a0% en 2020 (contre 1\u00a0% en 2019) \u00e0 la faveur de la demande chinoise. En revanche, les autres secteurs \u00e9conomiques se sont contract\u00e9s de 1,6\u00a0% (alors qu&rsquo;ils avaient progress\u00e9 de 5,7\u00a0% en 2019) \u00e0 la suite des restrictions de d\u00e9placement li\u00e9es \u00e0 la pand\u00e9mie, des freins \u00e0 l\u2019activit\u00e9 commerciale et de la limitation des d\u00e9penses publiques. La consommation priv\u00e9e et les investissements publics ont recul\u00e9 respectivement de 1\u00a0% et 10,2\u00a0% en 2020.<\/p>\n<p>Le d\u00e9ficit du compte courant s&rsquo;est creus\u00e9 pour atteindre 4\u00a0% du produit int\u00e9rieur brut (PIB) en 2020 et n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 que partiellement financ\u00e9 par des entr\u00e9es de capitaux, ce qui a entra\u00een\u00e9 une baisse des r\u00e9serves de change.<\/p>\n<p>Face \u00e0 la pand\u00e9mie, le gouvernement a d\u00fb engager d\u2019importantes d\u00e9penses, alors m\u00eame que les recettes ont diminu\u00e9 en raison de la baisse de l&rsquo;activit\u00e9 \u00e9conomique et du recours prolong\u00e9 \u00e0 des mesures d&rsquo;all\u00e9gement fiscal. Cette situation a entra\u00een\u00e9 un d\u00e9ficit budg\u00e9taire qui a atteint 1,9\u00a0% en 2020. Pour trouver des fonds, le gouvernement a d&rsquo;abord eu recours aux avances de la Banque centrale (BCC) jusqu&rsquo;en avril 2020, puis il a sollicit\u00e9 le soutien d&rsquo;urgence du Fonds mon\u00e9taire international (FMI) et de la Banque africaine de d\u00e9veloppement (BAD). Les autorit\u00e9s ont \u00e9galement accru la dette int\u00e9rieure et accumul\u00e9 des arri\u00e9r\u00e9s. En cons\u00e9quence, l&rsquo;encours total de la dette publique ext\u00e9rieure et int\u00e9rieure a augment\u00e9 en 2020, pour atteindre respectivement 15,9\u00a0% et 8,9\u00a0% du PIB.<\/p>\n<p><em><strong>G\u00e9nie MULOBO<\/strong><\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo (RDC) est un pays riche en ressources naturelles. Elle demeure pauvre suite \u00e0 la situation pr\u00e9occupante de son syst\u00e8me \u00e9conomique. Bien que la RDC ait engag\u00e9 des r\u00e9formes pour renforcer la gouvernance de la gestion des ressources naturelles et am\u00e9liorer le climat des affaires, le pays se classe au 183e\u00a0rang sur 190\u00a0pays selon le rapport\u00a0Doing Business\u00a02020, et les principaux indicateurs de gouvernance restent m\u00e9diocres. Des r\u00e9centes \u00e9tudes d\u00e9montrent que des antivaleurs, soit des dispositions archa\u00efques de la loi sur les finances publiques, soit des pesanteurs ne permettent pas \u00e0 la RDC de capitaliser ses immenses richesses naturelles encore moins de maximiser ses recettes publiques. Ces facteurs qui freinent le d\u00e9veloppement de la RDC sont entre autres\u00a0: la corruption qui est tol\u00e9r\u00e9e, institutionnalis\u00e9e et d\u00e9mocratis\u00e9e en RDC. Cette corruption est de toute \u00e9vidence le premier frein au d\u00e9veloppement. Le pays perdrait jusqu&rsquo;\u00e0 20 milliards USD par an \u00e0 cause de la corruption. C&rsquo;est un fl\u00e9au qui bloque et retarde l\u2019\u00e9mergence de la RDC. La fraude douani\u00e8re, fiscale ou de toute autre nature et l\u2019impunit\u00e9. Il y \u00e9galement l&rsquo;Informel o\u00f9 plusieurs experts conviennent que ce secteur serait l&rsquo;\u00e9conomie r\u00e9elle de la RDC. Les vendeuses des beignets dans un coin de la rue, le paysan maraicher, le cireur des chaussures, les vendeurs ambulants des oranges, les vendeurs des charbons, la petite boutique du quartier ou encore cette m\u00e9nag\u00e8re qui vend depuis sa maison de l&rsquo;eau en sachet, toute ces activit\u00e9s devraient \u00eatre tax\u00e9es d&rsquo;une mani\u00e8re ou d&rsquo;une autre par le fisc. Il y aurait au minimum 10 millions d&rsquo;agents \u00e9conomiques informels en RDC selon les r\u00e9sultats de ces enqu\u00eates. Pourtant, tous ces acteurs ne payent rien au fisc. Un \u00e9norme manque \u00e0 gagner pour la croissance de l&rsquo;\u00e9conomie nationale. A cela s\u2019ajoutent les tracasseries polici\u00e8re, militaire, administrative, fiscale ou autre, les tracasseries nuisent au climat des affaires\u00a0; le paiement non automatis\u00e9 des amendes et autres taxes dues \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat. Des millions de francs congolais pay\u00e9s de main en main dans l\u2019administration publique ou aux agents de l\u2019ordre et de s\u00e9curit\u00e9 n\u2019arrivent quasiment pas au Tr\u00e9sor public. Cet argent finit toujours dans les poches des individus. Le gouvernement devrait automatiser tous les paiements dans l\u2019administration publique et dans la police pour renflouer ses caisses. Aussi, les exon\u00e9rations indues\u00a0accord\u00e9es par le Gouvernement, selon la diversit\u00e9 des r\u00e9gimes en vigueur\u00a0; la Loi de 2001 portant disposition g\u00e9n\u00e9rale applicable aux ASBL et aux Etablissements d\u2019utilit\u00e9 publique qui accorde des facilit\u00e9s aux organisations sans but lucratif\u00a0; la Loi de 2011 portant principes fondamentaux relatifs \u00e0 l\u2019agriculture, le Code des investissements et le Code minier qui accordent aussi des facilit\u00e9s aux importations des intrants, mat\u00e9riels et autres engins li\u00e9s aux activit\u00e9s des secteurs susvis\u00e9s. Selon un expert de la Direction d\u2019\u00e9tudes et Planifications du Minist\u00e8re des Finances, il est impossible de renseigner avec exactitude le poids financier des d\u00e9penses fiscales par an. Cependant, les donn\u00e9es collect\u00e9es par l\u2019observatoire de la D\u00e9pense Publique, ODEP, au sein de diff\u00e9rentes r\u00e9gies financi\u00e8res, dont la DGI, la DGDA et la DGRAD renseignent qu\u2019en dehors de ces avantages r\u00e9glementaires, la RDC enregistre des exon\u00e9rations hors la loi, \u00e9valu\u00e9es \u00e0 environ 4 milliards USD par an. Le nouveau gouvernement doit faire une \u00e9valuation des exon\u00e9rations afin de se rassurer de leurs b\u00e9n\u00e9fices et impact socio-\u00e9conomique. Historique de l\u2019\u00e9conomie congolaise Les efforts de redressement \u00e9conomique entrepris entre fin 1967 et fin 1973 ont permis de rehausser la croissance \u00e9conomique. Ils ont co\u00efncid\u00e9 avec un environnement international favorable port\u00e9 par la hausse du cours du Cuivre. Ces deux \u00e9l\u00e9ments ont d\u00e9termin\u00e9 les r\u00e9sultats positifs enregistr\u00e9s au cours de cette p\u00e9riode caract\u00e9ris\u00e9e par une croissance du PIB r\u00e9el de 2,7% et une hausse du niveau g\u00e9n\u00e9ral des prix de 27% en moyenne annuelle. Cette p\u00e9riode, marqu\u00e9e par une croissance de 0,03% et une inflation de 57,6% en moyenne annuelle comprend deux phases \u00e0 savoir, la phase de 1974 \u00e0 1982 caract\u00e9ris\u00e9e par des mauvais choix en mati\u00e8re de politique \u00e9conomique ayant abouti au surendettement du pays dans le cadre de financement des grands travaux (INGA I et II, CCIZ, Sid\u00e9rurgie de MALUKU\u2026) sous le sceau de la corruption et de r\u00e9tro-commissions. Dans un contexte international caract\u00e9ris\u00e9 par deux chocs p\u00e9troliers (quintuplement et quadruplement du prix du baril respectivement en 1973 et 1976) et la chute du cours du Cuivre en 1975 ( apr\u00e8s l\u2019\u00e9chec de la strat\u00e9gie mise en \u0153uvre par le CIPEC, Conseil Intergouvernemental des Pays Producteurs et Exportateurs du Cuivre), les mesures rat\u00e9es de Za\u00efrianisation ou nationalisation, de Radicalisation ou \u00c9tatisation et enfin de R\u00e9trocession, la gestion peu orthodoxe des Finances Publiques, le caract\u00e8re accommodant de la politique mon\u00e9taire et les co\u00fbts li\u00e9s \u00e0 l\u2019ajustement tardif de la politique de change ont eu comme cons\u00e9quences, l\u2019arr\u00eat du processus de cr\u00e9ation des richesses int\u00e9rieures. Par contre, la phase de 1983 \u00e0 1989 est celle des efforts d\u2019ajustement de l\u2019\u00e9conomie gr\u00e2ce aux mesures d\u2019assainissement de la politique budg\u00e9taire et des r\u00e9formes entreprises au niveau de la politique mon\u00e9taire, de la politique de change (adoption du r\u00e9gime des changes flottants et assouplissement de la r\u00e9glementation de change). La p\u00e9riode de 1989 \u00e0 2001 est celle du d\u00e9clin de l\u2019\u00e9conomie et de la soci\u00e9t\u00e9 congolaise. La longue transition politique marque non seulement le couronnement de l\u2019instabilit\u00e9 institutionnelle (plus de 12 gouvernements en l\u2019espace de 10 ans) mais surtout de malaises sociaux (\u00e9v\u00e9nements de LUBUMBASHI en 1990, conflits interethniques en 1991 et 1992, gr\u00e8ves, contestations populaires, villes mortes\u2026) et \u00e9conomiques (hyperinflation, pillages de l\u2019outil de production et de commercialisation des entreprises en 1991 et 1993, rupture de la coop\u00e9ration bilat\u00e9rale et multilat\u00e9rale..). Il s\u2019agit \u00e9galement de noter que le d\u00e9sordre des Finances Publiques est attest\u00e9 par des d\u00e9ficits insoutenables du tr\u00e9sor financ\u00e9s presque exclusivement par les avances directes de la Banque Centrale avec comme cons\u00e9quence la d\u00e9pr\u00e9ciation rapide du taux de change et la hausse vertigineuse des prix int\u00e9rieurs, respectivement 98% et 9800% en 1994. Les conflits arm\u00e9s, apr\u00e8s l\u2019\u00e9chec de la Conf\u00e9rence Nationale, ont eu des impacts graves tant sur la situation sociale qu\u2019\u00e9conomique.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1300,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[],"class_list":["post-1299","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-economie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lareferenceplus.cd\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1299","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lareferenceplus.cd\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lareferenceplus.cd\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lareferenceplus.cd\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lareferenceplus.cd\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1299"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.lareferenceplus.cd\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1299\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lareferenceplus.cd\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1299"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lareferenceplus.cd\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1299"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lareferenceplus.cd\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1299"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}