{"id":1711,"date":"2021-12-26T09:12:31","date_gmt":"2021-12-26T09:12:31","guid":{"rendered":"https:\/\/lareferenceplus.cd\/?p=1711"},"modified":"2021-12-26T09:12:31","modified_gmt":"2021-12-26T09:12:31","slug":"mort-de-desmond-tutu-la-nation-arc-en-ciel-perd-une-icone-de-la-lutte-contre-lapartheid","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lareferenceplus.cd\/?p=1711","title":{"rendered":"Mort de Desmond Tutu: la \u00abnation arc-en-ciel\u00bb perd une ic\u00f4ne de la lutte contre l&rsquo;apartheid"},"content":{"rendered":"<p>Desmond Tutu, jusqu\u2019au bout, aura jou\u00e9 le r\u00f4le de conscience morale de l\u2019Afrique du Sud, en critiquant les niveaux de violence et de corruption atteints dans le pays. L\u2019archev\u00eaque anglican est mort ce dimanche 26 d\u00e9cembre \u00e0 90 ans a annonc\u00e9 la pr\u00e9sidence sud-africaine. Il manquera cruellement \u00e0 la \u00ab nation arc-en-ciel \u00bb, une expression qu\u2019il avait invent\u00e9e.<\/p>\n<p>Desmond Tutu, fils d\u2019instituteur et de lavandi\u00e8re ayant grandi \u00e0 Klerksdorp, \u00e0 150 km de Johannesburg, a \u00e9t\u00e9 le second Sud-Africain de l\u2019histoire \u00e0 se voir d\u00e9cerner un Prix Nobel de la paix, en 1984. Le premier avait \u00e9t\u00e9 remport\u00e9 en 1960 par un autre homme de clerg\u00e9, le r\u00e9v\u00e9rend pacifiste Albert Luthuli, alors pr\u00e9sident du Congr\u00e8s national africain (ANC). C\u2019\u00e9tait juste avant le passage du mouvement de lib\u00e9ration nationale \u00e0 la lutte arm\u00e9e&#8230;<\/p>\n<p>Lors des \u00e9meutes \u00e9coli\u00e8res de Soweto, r\u00e9prim\u00e9es dans le sang le 16 juin 1976, Desmond Tutu, premier doyen noir de l\u2019Eglise anglicane en Afrique du Sud, d\u00e9nonce la violence de la police exerc\u00e9e contre des enfants. Il ne cessera de faire r\u00e9sonner sa voix haut perch\u00e9e de pacifiste, usant de l\u2019humour comme d\u2019une arme. \u00ab Quand l\u2019homme blanc est arriv\u00e9, il avait la Bible et nous avions la terre \u00bb, aimait-il raconter. \u00ab L\u2019homme blanc nous a dit : \u2018Venez, agenouillons-nous, et prions ensemble\u2019. Quand nous avons rouvert les yeux, voil\u00e0 ! \u2013 nous avions la Bible et il avait la terre&#8230; \u00bb<\/p>\n<p><strong>Avec lui, la r\u00e9sistance noire devient th\u00e9ologique<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab L\u2019apartheid est le mal \u00bb, r\u00e9p\u00e9tait-t-il dans les ann\u00e9es 1980, s\u2019attaquant aux fondements religieux de ce r\u00e9gime. \u00ab C\u2019est le syst\u00e8me le plus vicieux invent\u00e9 par l\u2019homme depuis le nazisme. \u00bb Les Afrikaners, qui se consid\u00e8rent comme un peuple \u00e9lu, responsables d\u2019une mission civilisatrice, sont raval\u00e9s par Tutu au rang de p\u00eacheurs. La r\u00e9sistance noire devient th\u00e9ologique.<\/p>\n<p>Au plus fort de la r\u00e9pression, Desmond Tutu est trait\u00e9 de tous les noms par les nationalistes afrikaners, \u00e0 qui il rend la vie difficile. Quand il re\u00e7oit le Prix Nobel de la paix en 1984, les Sud-Africains y voient un signal fort de soutien venu de l\u2019\u00e9tranger.<\/p>\n<p>Les sanctions \u00e9conomiques internationales, qu\u2019il appelle de ses v\u0153ux et qui contribueront \u00e0 faire plier le r\u00e9gime, entrent en vigueur en 1985. Un an plus tard, Tutu est nomm\u00e9 premier archev\u00eaque noir de l\u2019\u00c9glise anglicane en Afrique du Sud et quitte Soweto pour prendre ses quartiers dans une r\u00e9sidence confortable du Cap.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s l\u2019av\u00e8nement de la d\u00e9mocratie multiraciale, en 1994, il doit renoncer \u00e0 ses projets de retraite pour rendre un service inestimable \u00e0 Mandela : prendre la t\u00eate de la Commission v\u00e9rit\u00e9 et r\u00e9conciliation (CVR). Il passe alors pour le \u00ab prince de la compassion \u00bb, comme le note l\u2019historien sud-africain Allister Sparks.<\/p>\n<p>Il va enqu\u00eater sur les violations des droits de l\u2019homme commises entre le 1er mars 1960 (massacre de Sharpeville) et le 5 d\u00e9cembre 1993 (fin de la transition). La CVR sillonne le pays pour recueillir les plaintes des victimes et rassemble des informations sur les atrocit\u00e9s commises. Un comit\u00e9 sp\u00e9cial charg\u00e9 des amnisties se penche sur les demandes de pardon formul\u00e9es par les anciens bourreaux, qui seront accord\u00e9es en \u00e9change de la v\u00e9rit\u00e9. Ce qui vaudra bien des critiques de la communaut\u00e9 noire \u00e0 l\u2019encontre de Tutu.<\/p>\n<p><strong>La Commission v\u00e9rit\u00e9 et r\u00e9conciliation, une responsabilit\u00e9 \u00e9prouvante<\/strong><\/p>\n<p>Le 24 janvier 1996, \u00e0 la fin de la toute premi\u00e8re audience de la CVR, Desmond Tutu pleure \u00e0 chaudes larmes. Il craque, pour la premi\u00e8re fois en public. Le t\u00e9moignage d\u2019un vieil homme sur les tortures qui lui ont \u00e9t\u00e9 inflig\u00e9es le bouleverse. \u00ab Je me croyais assez fort pour ce travail, mais je ne le suis pas \u00bb, confiera-t-il plus tard. En plein travaux de la CVR, en janvier 1997, un cancer de la prostate lui est diagnostiqu\u00e9.<\/p>\n<p>En d\u00e9cembre de la m\u00eame ann\u00e9e, lors de l\u2019une des audiences les plus m\u00e9diatis\u00e9es de la CVR, Winnie Madikizela-Mandela nie et r\u00e9fute toutes les accusations de violations de droits de l\u2019homme contre son ancienne milice. Desmond Tutu met tout son poids dans la balance pour lui arracher quelques mots de repentir. \u00ab Je vous en supplie, je vous en prie, je vous en prie. S\u2019il vous pla\u00eet. Vous \u00eates une grande personnalit\u00e9. Vous ne savez pas combien votre grandeur serait renforc\u00e9e si vous disiez pardon. \u00bb<\/p>\n<p>Apr\u00e8s un long silence, l\u2019ex-femme de Nelson Mandela c\u00e8de : \u00ab Je dis que c\u2019est vrai : les choses all\u00e8rent horriblement mal et nous sommes conscients qu\u2019il y avait des facteurs y conduisant. Pour cela, je suis profond\u00e9ment d\u00e9sol\u00e9e. \u00bb Elle ne demande pas pardon, mais face \u00e0 son obstination, Desmond Tutu a tout de m\u00eame r\u00e9ussi une prouesse&#8230;<\/p>\n<p><strong>L\u2019ANC \u00ab pire que l\u2019apartheid \u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Infatigable, Desmond Tutu avait gu\u00e9ri de son cancer et continu\u00e9 \u00e0 protester, ces derni\u00e8res ann\u00e9es, contre les in\u00e9galit\u00e9s sociales, la pauvret\u00e9, mais aussi la corruption des nouvelles \u00e9lites noires. \u00ab Je vous pr\u00e9viens, disait-il en octobre 2011, deux ans \u00e0 peine apr\u00e8s l&rsquo;accession de Jacob Zuma \u00e0 la pr\u00e9sidence : un jour, nous commencerons \u00e0 prier pour la d\u00e9faite de l\u2019ANC. \u00bb L&rsquo;histoire lui a donn\u00e9 raison. Cinq ans plus tard, l&rsquo;ANC a \u00e9t\u00e9 d\u00e9savou\u00e9 par des revers historiques lors des municipales. L&rsquo;homme d&rsquo;\u00e9glise s\u2019est aussi emport\u00e9 contre Jacob Zuma, alors pr\u00e9sident, notamment quand le visa d\u2019entr\u00e9e sur le territoire sud-africain a \u00e9t\u00e9 refus\u00e9 \u00e0 son ami tib\u00e9tain, le Dala\u00ef-Lama, qu&rsquo;il avait invit\u00e9 en 2012 \u00e0 son 80e anniversaire. Tutu n\u2019avait pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 dire que le gouvernement ANC \u00e9tait \u00ab pire que l\u2019apartheid, parce qu&rsquo;au moins, avec ce r\u00e9gime, on s&rsquo;y attendait \u00bb.<\/p>\n<p>Tout en d\u00e9non\u00e7ant les injustices dans le monde, violations des droits de l&rsquo;homme au Sri Lanka ou lois anti-homosexuelles en Ouganda, il n&rsquo;a cess\u00e9 de taxer Jacob Zuma de pr\u00e9sident \u00ab honteux \u00bb , en raison des innombrables scandales qu&rsquo;il a provoqu\u00e9s.<\/p>\n<p>Desmond Tutu d\u00e9non\u00e7ait aussi les niveaux de violence atteints dans le pays, pourtant pacifi\u00e9, \u00e0 cause du lien \u00e9troit entre in\u00e9galit\u00e9s et criminalit\u00e9. \u00ab Ce n\u2019est pas ce que nous \u00e9tions sous l\u2019apartheid \u00bb, r\u00e9p\u00e9tait-il sans se soucier du \u00ab politiquement correct \u00bb. Avec Desmond Tutu, \u00e9ternel agitateur qui a vaillamment f\u00eat\u00e9 ses 90 ans en octobre 2021 \u00e0 la cath\u00e9drale du Cap, ne faisait plus d\u2019apparitions publiques ces derniers temps. Avec sa disparition, c\u2019est la conscience morale de l\u2019Afrique du Sud qui s\u2019\u00e9teint.<\/p>\n<p><em><strong>Avec RFI<\/strong><\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Desmond Tutu, jusqu\u2019au bout, aura jou\u00e9 le r\u00f4le de conscience morale de l\u2019Afrique du Sud, en critiquant les niveaux de violence et de corruption atteints dans le pays. L\u2019archev\u00eaque anglican est mort ce dimanche 26 d\u00e9cembre \u00e0 90 ans a annonc\u00e9 la pr\u00e9sidence sud-africaine. Il manquera cruellement \u00e0 la \u00ab nation arc-en-ciel \u00bb, une expression qu\u2019il avait invent\u00e9e. Desmond Tutu, fils d\u2019instituteur et de lavandi\u00e8re ayant grandi \u00e0 Klerksdorp, \u00e0 150 km de Johannesburg, a \u00e9t\u00e9 le second Sud-Africain de l\u2019histoire \u00e0 se voir d\u00e9cerner un Prix Nobel de la paix, en 1984. Le premier avait \u00e9t\u00e9 remport\u00e9 en 1960 par un autre homme de clerg\u00e9, le r\u00e9v\u00e9rend pacifiste Albert Luthuli, alors pr\u00e9sident du Congr\u00e8s national africain (ANC). C\u2019\u00e9tait juste avant le passage du mouvement de lib\u00e9ration nationale \u00e0 la lutte arm\u00e9e&#8230; Lors des \u00e9meutes \u00e9coli\u00e8res de Soweto, r\u00e9prim\u00e9es dans le sang le 16 juin 1976, Desmond Tutu, premier doyen noir de l\u2019Eglise anglicane en Afrique du Sud, d\u00e9nonce la violence de la police exerc\u00e9e contre des enfants. Il ne cessera de faire r\u00e9sonner sa voix haut perch\u00e9e de pacifiste, usant de l\u2019humour comme d\u2019une arme. \u00ab Quand l\u2019homme blanc est arriv\u00e9, il avait la Bible et nous avions la terre \u00bb, aimait-il raconter. \u00ab L\u2019homme blanc nous a dit : \u2018Venez, agenouillons-nous, et prions ensemble\u2019. Quand nous avons rouvert les yeux, voil\u00e0 ! \u2013 nous avions la Bible et il avait la terre&#8230; \u00bb Avec lui, la r\u00e9sistance noire devient th\u00e9ologique \u00ab L\u2019apartheid est le mal \u00bb, r\u00e9p\u00e9tait-t-il dans les ann\u00e9es 1980, s\u2019attaquant aux fondements religieux de ce r\u00e9gime. \u00ab C\u2019est le syst\u00e8me le plus vicieux invent\u00e9 par l\u2019homme depuis le nazisme. \u00bb Les Afrikaners, qui se consid\u00e8rent comme un peuple \u00e9lu, responsables d\u2019une mission civilisatrice, sont raval\u00e9s par Tutu au rang de p\u00eacheurs. La r\u00e9sistance noire devient th\u00e9ologique. Au plus fort de la r\u00e9pression, Desmond Tutu est trait\u00e9 de tous les noms par les nationalistes afrikaners, \u00e0 qui il rend la vie difficile. Quand il re\u00e7oit le Prix Nobel de la paix en 1984, les Sud-Africains y voient un signal fort de soutien venu de l\u2019\u00e9tranger. Les sanctions \u00e9conomiques internationales, qu\u2019il appelle de ses v\u0153ux et qui contribueront \u00e0 faire plier le r\u00e9gime, entrent en vigueur en 1985. Un an plus tard, Tutu est nomm\u00e9 premier archev\u00eaque noir de l\u2019\u00c9glise anglicane en Afrique du Sud et quitte Soweto pour prendre ses quartiers dans une r\u00e9sidence confortable du Cap. Apr\u00e8s l\u2019av\u00e8nement de la d\u00e9mocratie multiraciale, en 1994, il doit renoncer \u00e0 ses projets de retraite pour rendre un service inestimable \u00e0 Mandela : prendre la t\u00eate de la Commission v\u00e9rit\u00e9 et r\u00e9conciliation (CVR). Il passe alors pour le \u00ab prince de la compassion \u00bb, comme le note l\u2019historien sud-africain Allister Sparks. Il va enqu\u00eater sur les violations des droits de l\u2019homme commises entre le 1er mars 1960 (massacre de Sharpeville) et le 5 d\u00e9cembre 1993 (fin de la transition). La CVR sillonne le pays pour recueillir les plaintes des victimes et rassemble des informations sur les atrocit\u00e9s commises. Un comit\u00e9 sp\u00e9cial charg\u00e9 des amnisties se penche sur les demandes de pardon formul\u00e9es par les anciens bourreaux, qui seront accord\u00e9es en \u00e9change de la v\u00e9rit\u00e9. Ce qui vaudra bien des critiques de la communaut\u00e9 noire \u00e0 l\u2019encontre de Tutu. La Commission v\u00e9rit\u00e9 et r\u00e9conciliation, une responsabilit\u00e9 \u00e9prouvante Le 24 janvier 1996, \u00e0 la fin de la toute premi\u00e8re audience de la CVR, Desmond Tutu pleure \u00e0 chaudes larmes. Il craque, pour la premi\u00e8re fois en public. Le t\u00e9moignage d\u2019un vieil homme sur les tortures qui lui ont \u00e9t\u00e9 inflig\u00e9es le bouleverse. \u00ab Je me croyais assez fort pour ce travail, mais je ne le suis pas \u00bb, confiera-t-il plus tard. En plein travaux de la CVR, en janvier 1997, un cancer de la prostate lui est diagnostiqu\u00e9. En d\u00e9cembre de la m\u00eame ann\u00e9e, lors de l\u2019une des audiences les plus m\u00e9diatis\u00e9es de la CVR, Winnie Madikizela-Mandela nie et r\u00e9fute toutes les accusations de violations de droits de l\u2019homme contre son ancienne milice. Desmond Tutu met tout son poids dans la balance pour lui arracher quelques mots de repentir. \u00ab Je vous en supplie, je vous en prie, je vous en prie. S\u2019il vous pla\u00eet. Vous \u00eates une grande personnalit\u00e9. Vous ne savez pas combien votre grandeur serait renforc\u00e9e si vous disiez pardon. \u00bb Apr\u00e8s un long silence, l\u2019ex-femme de Nelson Mandela c\u00e8de : \u00ab Je dis que c\u2019est vrai : les choses all\u00e8rent horriblement mal et nous sommes conscients qu\u2019il y avait des facteurs y conduisant. Pour cela, je suis profond\u00e9ment d\u00e9sol\u00e9e. \u00bb Elle ne demande pas pardon, mais face \u00e0 son obstination, Desmond Tutu a tout de m\u00eame r\u00e9ussi une prouesse&#8230; L\u2019ANC \u00ab pire que l\u2019apartheid \u00bb Infatigable, Desmond Tutu avait gu\u00e9ri de son cancer et continu\u00e9 \u00e0 protester, ces derni\u00e8res ann\u00e9es, contre les in\u00e9galit\u00e9s sociales, la pauvret\u00e9, mais aussi la corruption des nouvelles \u00e9lites noires. \u00ab Je vous pr\u00e9viens, disait-il en octobre 2011, deux ans \u00e0 peine apr\u00e8s l&rsquo;accession de Jacob Zuma \u00e0 la pr\u00e9sidence : un jour, nous commencerons \u00e0 prier pour la d\u00e9faite de l\u2019ANC. \u00bb L&rsquo;histoire lui a donn\u00e9 raison. Cinq ans plus tard, l&rsquo;ANC a \u00e9t\u00e9 d\u00e9savou\u00e9 par des revers historiques lors des municipales. L&rsquo;homme d&rsquo;\u00e9glise s\u2019est aussi emport\u00e9 contre Jacob Zuma, alors pr\u00e9sident, notamment quand le visa d\u2019entr\u00e9e sur le territoire sud-africain a \u00e9t\u00e9 refus\u00e9 \u00e0 son ami tib\u00e9tain, le Dala\u00ef-Lama, qu&rsquo;il avait invit\u00e9 en 2012 \u00e0 son 80e anniversaire. Tutu n\u2019avait pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 dire que le gouvernement ANC \u00e9tait \u00ab pire que l\u2019apartheid, parce qu&rsquo;au moins, avec ce r\u00e9gime, on s&rsquo;y attendait \u00bb. Tout en d\u00e9non\u00e7ant les injustices dans le monde, violations des droits de l&rsquo;homme au Sri Lanka ou lois anti-homosexuelles en Ouganda, il n&rsquo;a cess\u00e9 de taxer Jacob Zuma de pr\u00e9sident \u00ab honteux \u00bb , en raison des innombrables scandales qu&rsquo;il a provoqu\u00e9s. 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