{"id":20657,"date":"2025-10-29T13:10:14","date_gmt":"2025-10-29T13:10:14","guid":{"rendered":"https:\/\/lareferenceplus.cd\/?p=20657"},"modified":"2025-10-29T13:10:17","modified_gmt":"2025-10-29T13:10:17","slug":"disparition-de-la-diversite-vegetale-de-lafrique-mm-abebe-haile-et-yurdi-yasmi-de-la-fao-appellent-a-la-conservation-des-ressources-phytogenetiques-du-continent-communique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lareferenceplus.cd\/?p=20657","title":{"rendered":"Disparition de la diversit\u00e9 v\u00e9g\u00e9tale de l\u2019Afrique : MM. Abebe Haile et Yurdi Yasmi de la FAO appellent \u00e0 la conservation des ressources phytog\u00e9n\u00e9tiques du continent (Communiqu\u00e9)"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019Afrique se trouve \u00e0 la crois\u00e9e des chemins. Autrefois c\u00e9l\u00e9br\u00e9 pour son incroyable diversit\u00e9 agricole \u2013 o\u00f9 les agriculteurs cultivaient des milliers de vari\u00e9t\u00e9s uniques adapt\u00e9es \u00e0 chaque sol et \u00e0 chaque climat \u2013 le continent assiste aujourd\u2019hui \u00e0 une \u00e9rosion silencieuse de cette richesse g\u00e9n\u00e9tique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br>C&rsquo;est pour tirer la sonnette d&rsquo;alarme que M. Abebe Haile Gabriel, Sous-directeur g\u00e9n\u00e9ral et Repr\u00e9sentant r\u00e9gional de la FAO pour l&rsquo;Afrique et M. Yurdi Yasmi, Directeur de la Division de la production et de la protection des plantes de la FAO ont appel\u00e9 conjointement \u00e0 une action urgente pour conserver les ressources phytog\u00e9n\u00e9tiques du continent.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br>En effet, le Troisi\u00e8me rapport sur l\u2019\u00e9tat des ressources phytog\u00e9n\u00e9tiques pour l\u2019alimentation et l\u2019agriculture dans le monde (RPGAA) lance un avertissement clair : le patrimoine g\u00e9n\u00e9tique v\u00e9g\u00e9tal de l\u2019Afrique, socle de sa s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et de son h\u00e9ritage culturel, est en train de dispara\u00eetre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br>Sur l\u2019ensemble du continent, plus de 70 pour cent des apparent\u00e9s sauvages des cultures et des plantes alimentaires sauvages sont d\u00e9sormais consid\u00e9r\u00e9s comme menac\u00e9s \u2013 soit deux fois la moyenne mondiale.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br>Les vari\u00e9t\u00e9s locales et les vari\u00e9t\u00e9s paysannes, fruits de g\u00e9n\u00e9rations d\u2019adaptation et de s\u00e9lection, disparaissent \u00e0 un rythme sans pr\u00e9c\u00e9dent. En Afrique subsaharienne seulement, 16 pour cent des 12 000 vari\u00e9t\u00e9s locales et vari\u00e9t\u00e9s paysannes recens\u00e9es sont en danger, les cultures de base telles que le riz, le coton, l\u2019igname, le sorgho et le mil \u00e9tant les plus touch\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center wp-block-paragraph\"><strong>Des progr\u00e8s et des p\u00e9rils dans la conservation<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019Afrique a accompli des progr\u00e8s dans la conservation des ressources g\u00e9n\u00e9tiques. Dans 56 banques de g\u00e8nes, environ 220 000 accessions provenant de pr\u00e8s de 4 000 esp\u00e8ces sont conserv\u00e9es. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais ces avanc\u00e9es masquent des lacunes pr\u00e9occupantes. Seuls 10 pour cent de ces collections sont correctement dupliqu\u00e9es \u00e0 des fins de s\u00e9curit\u00e9, exposant ainsi un mat\u00e9riel g\u00e9n\u00e9tique irrempla\u00e7able aux risques de catastrophes naturelles ou d\u2019instabilit\u00e9 politique.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"682\" src=\"https:\/\/www.lareferenceplus.cd\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/IMG-20251029-WA0006-1024x682.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-20659\" srcset=\"https:\/\/www.lareferenceplus.cd\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/IMG-20251029-WA0006-1024x682.jpg 1024w, https:\/\/www.lareferenceplus.cd\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/IMG-20251029-WA0006-600x400.jpg 600w, https:\/\/www.lareferenceplus.cd\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/IMG-20251029-WA0006-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.lareferenceplus.cd\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/IMG-20251029-WA0006-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.lareferenceplus.cd\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/IMG-20251029-WA0006-1536x1023.jpg 1536w, https:\/\/www.lareferenceplus.cd\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/IMG-20251029-WA0006-150x100.jpg 150w, https:\/\/www.lareferenceplus.cd\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/IMG-20251029-WA0006-696x464.jpg 696w, https:\/\/www.lareferenceplus.cd\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/IMG-20251029-WA0006-1068x712.jpg 1068w, https:\/\/www.lareferenceplus.cd\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/IMG-20251029-WA0006.jpg 1600w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">M. Yurdi Yasmi<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br>Les apparent\u00e9s sauvages et les plantes alimentaires sauvages \u2013 r\u00e9servoirs essentiels de caract\u00e8res favorisant la r\u00e9silience face au climat \u2013 ne repr\u00e9sentent qu\u2019une faible part des collections : respectivement 14 pour cent et 7 pour cent.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br>Sans investissements accrus dans la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration, la cryoconservation et la duplication de s\u00e9curit\u00e9, l\u2019Afrique pourrait perdre des g\u00e8nes v\u00e9g\u00e9taux vitaux avant m\u00eame que les scientifiques n\u2019aient eu la possibilit\u00e9 de les \u00e9tudier.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center wp-block-paragraph\"><strong>L\u2019innovation existe, mais demeure fragment\u00e9e<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il est encourageant de constater que les scientifiques africains s\u2019emploient \u00e0 mieux int\u00e9grer les efforts de conservation et d\u2019utilisation durable. Les pays ont indiqu\u00e9 que 44 pour cent de leurs accessions de ressources g\u00e9n\u00e9tiques v\u00e9g\u00e9tales ont \u00e9t\u00e9 caract\u00e9ris\u00e9es, un chiffre nettement sup\u00e9rieur \u00e0 la moyenne mondiale.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br>Cependant, de nombreux programmes de s\u00e9lection continuent de s\u2019appuyer principalement sur des caract\u00e8res morphologiques, avec une adoption limit\u00e9e d\u2019outils mol\u00e9culaires susceptibles d\u2019am\u00e9liorer la r\u00e9silience et les qualit\u00e9s nutritionnelles des cultures.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br>Les efforts visant \u00e0 valoriser les cultures sous-utilis\u00e9es \u2013 y compris des denr\u00e9es locales comme l\u2019aubergine africaine et des esp\u00e8ces introduites riches en nutriments comme le moringa et l\u2019amarante \u2013 t\u00e9moignent d\u2019une transition vers des syst\u00e8mes alimentaires plus diversifi\u00e9s et plus r\u00e9silients.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br>Cependant, ces initiatives demeurent fragment\u00e9es et sous-financ\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center wp-block-paragraph\"><strong>Une crise des capacit\u00e9s<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le d\u00e9fi le plus persistant demeure celui des capacit\u00e9s humaines et institutionnelles. Seuls cinq pays d\u2019Afrique subsaharienne disposent d\u2019une strat\u00e9gie nationale sur les ressources phytog\u00e9n\u00e9tiques. La documentation sur la conservation \u00e0 la ferme et in situ reste limit\u00e9e, et le partage de donn\u00e9es entre institutions demeure fragment\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br>Les syst\u00e8mes d\u2019enseignement et de formation r\u00e9v\u00e8lent une tendance pr\u00e9occupante : les programmes d\u2019\u00e9tudes sup\u00e9rieures consacr\u00e9s aux RPGAA, sont absents dans 27 pour cent des pays, tandis que pr\u00e8s des deux tiers ne disposent d\u2019aucun programme au niveau secondaire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br>\u00c0 mesure que les experts qualifi\u00e9s partent \u00e0 la retraite, peu de jeunes professionnels sont form\u00e9s pour assurer la rel\u00e8ve, ce qui creuse un d\u00e9ficit critique de comp\u00e9tences.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center wp-block-paragraph\"><strong>Tracer la voie \u00e0 suivre<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les recommandations du rapport sont claires. Les d\u00e9cideurs et les partenaires techniques et financiers doivent accorder la priorit\u00e9 \u00e0 l\u2019inventaire de la diversit\u00e9 v\u00e9g\u00e9tale \u2013 sauvage et cultiv\u00e9e \u2013, au renforcement des banques de g\u00e8nes et \u00e0 la duplication de s\u00e9curit\u00e9, ainsi qu\u2019\u00e0 l\u2019investissement dans des infrastructures modernes de conservation telles que les installations de cryoconservation.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br>Les gouvernements devraient \u00e9laborer ou actualiser d\u2019urgence leurs strat\u00e9gies nationales relatives aux ressources phytog\u00e9n\u00e9tiques pour l\u2019alimentation et l\u2019agriculture, en s\u2019appuyant sur de solides syst\u00e8mes d\u2019information reliant agriculteurs, banques de g\u00e8nes, institutions de recherche et banques communautaires de semences.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br>L\u2019investissement dans le capital humain est tout aussi essentiel. L\u2019Afrique a besoin d\u2019une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de g\u00e9n\u00e9ticiens v\u00e9g\u00e9taux, de s\u00e9lectionneurs et de scientifiques sp\u00e9cialis\u00e9s dans la conservation, soutenus par des programmes acad\u00e9miques solides, des partenariats r\u00e9gionaux et des perspectives de carri\u00e8re stables.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br>Sans ce soutien, la m\u00e9moire institutionnelle et la capacit\u00e9 technique continueront de s\u2019\u00e9roder.<br>Les ressources phytog\u00e9n\u00e9tiques de l\u2019Afrique constituent le fondement de sa s\u00e9curit\u00e9 alimentaire future. Elles d\u00e9tiennent les cl\u00e9s de l\u2019adaptation de l\u2019agriculture aux changements climatiques, de l\u2019am\u00e9lioration en mati\u00e8re de nutrition et de la sauvegarde des moyens de subsistance.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br>Cependant, sans investissements coordonn\u00e9s et durables, cette biodiversit\u00e9 dispara\u00eetra \u2013 silencieusement et irr\u00e9m\u00e9diablement.<br>Le continent doit se mobiliser autour d\u2019une vision commune : conserver, r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer et utiliser sa richesse g\u00e9n\u00e9tique v\u00e9g\u00e9tale au profit de tous.<br>Les semences de l\u2019avenir de l\u2019Afrique sont litt\u00e9ralement en train de lui \u00e9chapper des mains.<br>La question est de savoir si le continent \u2013 et le reste du monde \u2013 agiront avant qu\u2019il ne soit trop tard.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Jos\u00e9 Wakadila<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019Afrique se trouve \u00e0 la crois\u00e9e des chemins. Autrefois c\u00e9l\u00e9br\u00e9 pour son incroyable diversit\u00e9 agricole \u2013 o\u00f9 les agriculteurs cultivaient des milliers de vari\u00e9t\u00e9s uniques adapt\u00e9es \u00e0 chaque sol et \u00e0 chaque climat \u2013 le continent assiste aujourd\u2019hui \u00e0 une \u00e9rosion silencieuse de cette richesse g\u00e9n\u00e9tique. C&rsquo;est pour tirer la sonnette d&rsquo;alarme que M. Abebe Haile Gabriel, Sous-directeur g\u00e9n\u00e9ral et Repr\u00e9sentant r\u00e9gional de la FAO pour l&rsquo;Afrique et M. Yurdi Yasmi, Directeur de la Division de la production et de la protection des plantes de la FAO ont appel\u00e9 conjointement \u00e0 une action urgente pour conserver les ressources phytog\u00e9n\u00e9tiques du continent. En effet, le Troisi\u00e8me rapport sur l\u2019\u00e9tat des ressources phytog\u00e9n\u00e9tiques pour l\u2019alimentation et l\u2019agriculture dans le monde (RPGAA) lance un avertissement clair : le patrimoine g\u00e9n\u00e9tique v\u00e9g\u00e9tal de l\u2019Afrique, socle de sa s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et de son h\u00e9ritage culturel, est en train de dispara\u00eetre. Sur l\u2019ensemble du continent, plus de 70 pour cent des apparent\u00e9s sauvages des cultures et des plantes alimentaires sauvages sont d\u00e9sormais consid\u00e9r\u00e9s comme menac\u00e9s \u2013 soit deux fois la moyenne mondiale. Les vari\u00e9t\u00e9s locales et les vari\u00e9t\u00e9s paysannes, fruits de g\u00e9n\u00e9rations d\u2019adaptation et de s\u00e9lection, disparaissent \u00e0 un rythme sans pr\u00e9c\u00e9dent. En Afrique subsaharienne seulement, 16 pour cent des 12 000 vari\u00e9t\u00e9s locales et vari\u00e9t\u00e9s paysannes recens\u00e9es sont en danger, les cultures de base telles que le riz, le coton, l\u2019igname, le sorgho et le mil \u00e9tant les plus touch\u00e9es. Des progr\u00e8s et des p\u00e9rils dans la conservation L\u2019Afrique a accompli des progr\u00e8s dans la conservation des ressources g\u00e9n\u00e9tiques. Dans 56 banques de g\u00e8nes, environ 220 000 accessions provenant de pr\u00e8s de 4 000 esp\u00e8ces sont conserv\u00e9es. Mais ces avanc\u00e9es masquent des lacunes pr\u00e9occupantes. Seuls 10 pour cent de ces collections sont correctement dupliqu\u00e9es \u00e0 des fins de s\u00e9curit\u00e9, exposant ainsi un mat\u00e9riel g\u00e9n\u00e9tique irrempla\u00e7able aux risques de catastrophes naturelles ou d\u2019instabilit\u00e9 politique. Les apparent\u00e9s sauvages et les plantes alimentaires sauvages \u2013 r\u00e9servoirs essentiels de caract\u00e8res favorisant la r\u00e9silience face au climat \u2013 ne repr\u00e9sentent qu\u2019une faible part des collections : respectivement 14 pour cent et 7 pour cent. Sans investissements accrus dans la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration, la cryoconservation et la duplication de s\u00e9curit\u00e9, l\u2019Afrique pourrait perdre des g\u00e8nes v\u00e9g\u00e9taux vitaux avant m\u00eame que les scientifiques n\u2019aient eu la possibilit\u00e9 de les \u00e9tudier. L\u2019innovation existe, mais demeure fragment\u00e9e Il est encourageant de constater que les scientifiques africains s\u2019emploient \u00e0 mieux int\u00e9grer les efforts de conservation et d\u2019utilisation durable. Les pays ont indiqu\u00e9 que 44 pour cent de leurs accessions de ressources g\u00e9n\u00e9tiques v\u00e9g\u00e9tales ont \u00e9t\u00e9 caract\u00e9ris\u00e9es, un chiffre nettement sup\u00e9rieur \u00e0 la moyenne mondiale. Cependant, de nombreux programmes de s\u00e9lection continuent de s\u2019appuyer principalement sur des caract\u00e8res morphologiques, avec une adoption limit\u00e9e d\u2019outils mol\u00e9culaires susceptibles d\u2019am\u00e9liorer la r\u00e9silience et les qualit\u00e9s nutritionnelles des cultures. Les efforts visant \u00e0 valoriser les cultures sous-utilis\u00e9es \u2013 y compris des denr\u00e9es locales comme l\u2019aubergine africaine et des esp\u00e8ces introduites riches en nutriments comme le moringa et l\u2019amarante \u2013 t\u00e9moignent d\u2019une transition vers des syst\u00e8mes alimentaires plus diversifi\u00e9s et plus r\u00e9silients. Cependant, ces initiatives demeurent fragment\u00e9es et sous-financ\u00e9es. Une crise des capacit\u00e9s Le d\u00e9fi le plus persistant demeure celui des capacit\u00e9s humaines et institutionnelles. Seuls cinq pays d\u2019Afrique subsaharienne disposent d\u2019une strat\u00e9gie nationale sur les ressources phytog\u00e9n\u00e9tiques. La documentation sur la conservation \u00e0 la ferme et in situ reste limit\u00e9e, et le partage de donn\u00e9es entre institutions demeure fragment\u00e9. Les syst\u00e8mes d\u2019enseignement et de formation r\u00e9v\u00e8lent une tendance pr\u00e9occupante : les programmes d\u2019\u00e9tudes sup\u00e9rieures consacr\u00e9s aux RPGAA, sont absents dans 27 pour cent des pays, tandis que pr\u00e8s des deux tiers ne disposent d\u2019aucun programme au niveau secondaire. \u00c0 mesure que les experts qualifi\u00e9s partent \u00e0 la retraite, peu de jeunes professionnels sont form\u00e9s pour assurer la rel\u00e8ve, ce qui creuse un d\u00e9ficit critique de comp\u00e9tences. Tracer la voie \u00e0 suivre Les recommandations du rapport sont claires. Les d\u00e9cideurs et les partenaires techniques et financiers doivent accorder la priorit\u00e9 \u00e0 l\u2019inventaire de la diversit\u00e9 v\u00e9g\u00e9tale \u2013 sauvage et cultiv\u00e9e \u2013, au renforcement des banques de g\u00e8nes et \u00e0 la duplication de s\u00e9curit\u00e9, ainsi qu\u2019\u00e0 l\u2019investissement dans des infrastructures modernes de conservation telles que les installations de cryoconservation. Les gouvernements devraient \u00e9laborer ou actualiser d\u2019urgence leurs strat\u00e9gies nationales relatives aux ressources phytog\u00e9n\u00e9tiques pour l\u2019alimentation et l\u2019agriculture, en s\u2019appuyant sur de solides syst\u00e8mes d\u2019information reliant agriculteurs, banques de g\u00e8nes, institutions de recherche et banques communautaires de semences. L\u2019investissement dans le capital humain est tout aussi essentiel. L\u2019Afrique a besoin d\u2019une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de g\u00e9n\u00e9ticiens v\u00e9g\u00e9taux, de s\u00e9lectionneurs et de scientifiques sp\u00e9cialis\u00e9s dans la conservation, soutenus par des programmes acad\u00e9miques solides, des partenariats r\u00e9gionaux et des perspectives de carri\u00e8re stables. Sans ce soutien, la m\u00e9moire institutionnelle et la capacit\u00e9 technique continueront de s\u2019\u00e9roder.Les ressources phytog\u00e9n\u00e9tiques de l\u2019Afrique constituent le fondement de sa s\u00e9curit\u00e9 alimentaire future. Elles d\u00e9tiennent les cl\u00e9s de l\u2019adaptation de l\u2019agriculture aux changements climatiques, de l\u2019am\u00e9lioration en mati\u00e8re de nutrition et de la sauvegarde des moyens de subsistance. Cependant, sans investissements coordonn\u00e9s et durables, cette biodiversit\u00e9 dispara\u00eetra \u2013 silencieusement et irr\u00e9m\u00e9diablement.Le continent doit se mobiliser autour d\u2019une vision commune : conserver, r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer et utiliser sa richesse g\u00e9n\u00e9tique v\u00e9g\u00e9tale au profit de tous.Les semences de l\u2019avenir de l\u2019Afrique sont litt\u00e9ralement en train de lui \u00e9chapper des mains.La question est de savoir si le continent \u2013 et le reste du monde \u2013 agiront avant qu\u2019il ne soit trop tard. Jos\u00e9 Wakadila<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":20658,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-20657","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-societe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lareferenceplus.cd\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/20657","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lareferenceplus.cd\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lareferenceplus.cd\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lareferenceplus.cd\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lareferenceplus.cd\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=20657"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.lareferenceplus.cd\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/20657\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20660,"href":"https:\/\/www.lareferenceplus.cd\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/20657\/revisions\/20660"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lareferenceplus.cd\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/20658"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lareferenceplus.cd\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=20657"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lareferenceplus.cd\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=20657"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lareferenceplus.cd\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=20657"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}