Jeudi 1er octobre 2026, la salle de la Femme de la Représentation de la FAO à Kinshasa a servi de cadre à la tenue d’une réunion de la mission de supervision du projet « Tirer parti des systèmes numériques pour la préparation aux situations d’urgence et la réponse aux crises alimentaires » (EmergenSys) en République démocratique du Congo.
Ce projet ambitionne de renforcer la capacité des gouvernements, des institutions techniques et des producteurs à détecter les signaux de crise, à planifier les interventions et à protéger les moyens d’existence des communautés les plus vulnérables.
Cette initiative stratégique répond à une nécessité de plus en plus pressante : disposer d’informations fiables, actualisées et facilement accessibles afin d’anticiper les risques, d’orienter les décisions et de faciliter une réponse rapide et adaptée aux besoins des populations.
De ce fait, cette mission constitue non seulement une opportunité précieuse pour faire le point sur les progrès accomplis, apprécier les résultats obtenus, identifier ensemble les défis qui subsistent et examiner les perspectives du projet, mais également pour renforcer le dialogue et la collaboration, afin de garantir que les outils numériques mis en place contribuent efficacement à améliorer la préparation aux urgences et la réponse aux crises alimentaires en RDC.
Mettre les innovations numériques au service de la prévention des crises et du renforcement de la résilience des systèmes alimentaires
Mis en œuvre par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et financé par la Banque africaine de développement (BAD), le projet « Tirer parti des systèmes numériques pour la préparation aux situations d’urgence et la réponse aux crises alimentaires » (EmergenSys) s’inscrit dans une vision ambitieuse visant à mettre les innovations numériques au service de la prévention des crises et du renforcement de la résilience des systèmes alimentaires.

Intervenant à cette occasion, M. Judicaël PAZOU Azehoun, représentant adjoint de la FAO, a rappelé qu’en RDC, la mise en œuvre de ce projet a nécessité une importante capacité d’adaptation.
Pour lui, les activités pilotes devaient initialement être déployées dans la plaine de la Ruzizi, au Sud-Kivu, mais la détérioration de la situation sécuritaire a conduit à leur relocalisation dans le territoire d’Idiofa, dans la province du Kwilu.
« …Cette réorientation stratégique, menée en étroite concertation avec les partenaires concernés, a permis d’assurer la continuité du projet, tout en tenant compte des réalités opérationnelles du terrain… », a-t-il confié.
Et d’ajouter : « …Malgré ces défis, les résultats enregistrés à ce jour sont encourageants et témoignent de l’engagement de l’ensemble des parties prenantes… »
Quelques avancées significatives ont été réalisées
Pour M. Judicaël PAZOU Azehoun, des avancées significatives ont été réalisées dans le renforcement de la gouvernance du système d’alerte précoce, notamment grâce à la formalisation du Groupe de travail provincial sur l’alerte et l’action précoces au Kwilu.
En outre, plusieurs outils techniques, cadres, protocoles et procédures ont été élaborés et progressivement consolidés afin de soutenir la collecte, l’analyse et le partage des données nécessaires à une prise de décision éclairée.
M. Judicaël PAZOU a aussi rappelé que le projet avait également investi dans le renforcement des capacités matérielles et technologiques des acteurs impliqués.
« …Des équipements informatiques et numériques ont été acquis et mis à disposition pour soutenir les activités de terrain et améliorer la gestion de l’information. Ces investissements constituent une étape essentielle vers la modernisation des dispositifs de surveillance, de coordination et de réponse aux situations d’urgence… », a encore souligné le représentant adjoint de la FAO en RDC.

Utilisation de la plateforme SeedTracker
Poursuivant son intervention, M. Judicaël PAZOU a laissé entendre que la mise en utilisation régulière et durable de la plateforme SeedTracker par les différents utilisateurs devra être accompagnée et suivie, afin de s’assurer que cet outil réponde pleinement à sa vocation de renforcer la gestion, la certification et la traçabilité de l’information semencière.
Il a, par ailleurs, souhaité que les échanges engagés au cours de cette mission permettent de franchir une nouvelle étape dans la mise en œuvre du projet, notamment de progresser sur la validation des outils développés, d’accélérer le déploiement effectif du projet pilote à Idiofa et de préparer le transfert des plateformes numériques aux institutions nationales appelées à en assurer durablement la gestion et l’animation.
Notons que la mise en œuvre de ce projet a été accompagnée par le PROSANA (Programme national d’alimentation, de nutrition et de sécurité sanitaire des aliments), la DANTIC (Direction des archives, nouvelles technologies de l’information et de la communication), le SENASEM (Service national des semences), l’INERA (Institut national pour l’étude et la recherche agronomiques), l’IITA (Institut international d’agriculture tropicale), ainsi que d’autres structures nationales et provinciales mobilisées dans cette synergie.
La clôture du projet est prévue pour le 28 février 2027.
José Wakadila et Science Kinkobo







