Par José Wakadila
L’emploi des jeunes dans l’agriculture comme solution solide pour mettre un terme à la faim et à la pauvreté en Afrique, a été au centre d’un atelier national de validation de l’étude Baseline sur l’agriculture et l’agribusness et du Plan d’action OYA-RDC (Opportunités des jeunes en Afrique, OYA), organisé par la FAO, vendredi 2 juillet 2021 à l’hôtel Béatrice de Kinshasa/Gombe.
La cérémonie a été présidée par la Coordonnatrice du Bureau national de planification industrielle, qui a représenté le ministre de l’Industrie. C’était en présence du représentant de l’ONUDI (Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel).
Dans son mot d’introduction, le Représentant adjoint de la FAO en charge des programmes, M. Henri-Paul Eloma qui parlait au nom du Représentant-résident Aristide Ongone Obame empêché, a fait savoir aux participants, qu’il s’agit de l’étude de l’état des lieux du travail des jeunes dans le domaine de l’agriculture en RDC ainsi que le plan d’actions pour promouvoir ce domaine d’activités qui peut d’une manière ou d’une autre, contribuer à résoudre les problèmes de chômage en RDC et de production agricole pour lutter contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle.
A l’en croire, la RDC est caractérisée par une sorte de paradoxe : plusieurs millions d’hectares des terres arables et un taux de chômage très élevé surtout en ce qui concerne la jeunesse. Les jeunes explique-t-il, trouvent en l’agriculture, un métier des mains sales. Même les parents orientent leurs enfants vers les métiers qui les amènent en ville et qui leur donnent l’opportunité d’intégrer l’administration.
Pourtant, la terre est une source fiable des revenus. A ce sujet, comme en RDC la moyenne d’âge tend plutôt vers la jeunesse, il est important d’employer les jeunes dans le domaine de l’agriculture, à cause du fait que le pays dispose des potentielles en terme des terres. « Je pense qu’aura résolu à la fois deux problèmes à savoir : celui de chômage des jeunes et celui du développement du pays par la production alimentaire. Comme il est question de l’agribusness, cela permettra de faire le pas de l’agriculture du champ vers les autres chaines de valeur, essentiellement tout ce qui concerne l’agriculture intelligente qui nécessite l’utilisation des moyens techniques qui sont à notre portée », a indiqué M. Henri-Paul Eloma.
Il a également rappelé que c’est lors de la dernière TICAD (Conférence internationale de Tokyo pour l’Afrique) qui s’est tenue en Afrique, que le besoin a été ressenti. C’est ainsi que l’ONUDI et la FAO ont décidé de relever ce défi. D’où les démarches amorcées par la FAO au niveau des ministères de l’Industrie et de l’Agriculture, afin de produire en RDC, un document de travail à soumettre aux bailleurs de fonds, pour développer ce domaine qui doit être vital pour le pays.
A savoir
Ces assises font également suite à la conférence organisée du 20 au 21 aout 2018 à Kigali au Rwanda, sur l’emploi des jeunes dans l’agriculture. Cette conférence co-organisée par l’Union africaine (UA), le gouvernement du Rwanda et la FAO, avait pour thème : « L’emploi des jeunes dans l’agriculture comme solution solide pour mettre un terme à la faim et à la pauvreté en Afrique : mobiliser les jeunes grâce aux technologies d’information et de la communication (TIC) et l’entrepreneuriat ».
Dans la lignée de cet événement majeur, la FAO et l’Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (ONUDI), ont élaboré un programme commun en réponse à un appel spécial pour l’accélération des efforts dans le domaine de la création d’emplois pour les jeunes africains par le biais de l’agro-industrie et du développement de l’esprit d’entreprise. En effet, ce programme représente une approche intégrée pour la création d’emplois agricoles et extra-agricoles de qualité et d’opportunités de travail indépendant pour les jeunes africains. Il met aussi en évidence le rôle central de l’agriculture pour le développement de l’Afrique, tout en soulignant la nécessité d’une autonomisation continue de la jeunesse africaine, pour en faire le fer de lance de la croissance économique du continent.
Mise en œuvre aux niveaux continental, sous-régional et national, cette approche se fait l’écho de la nécessité d’un effort concerté entre les institutions publiques et le secteur privé sur le développement des capacités, l’accès aux ressources, l’amélioration de la coordination et des liens noués ainsi que la génération et la diffusion des connaissances.
C’est donc pour relever tous ces défis et accélérer les efforts de la création d’emplois et d’autonomisation de la jeunesse congolaise que la FAO en collaboration avec l’ONUDI, a développé un projet intitulé : « Soutien multi-pays pour promouvoir les opportunités d’emplois pour les jeunes dans l’agro-industrie en Afrique ». Celui-ci vise à catalyser un plus grand investissement de la jeunesse dans l’agriculture, pour soutenir la mise en œuvre de différentes initiatives.
C’est dans ce cadre que des études Baseline en agriculture et agro-industrie ont été initiées, afin d’évaluer l’environnement des pays cibles, les programmes existants pour soutenir l’emploi des jeunes dans ce secteur et relever ainsi les lacunes. Ces évaluations permettront d’identifier les interventions concrètes, afin de combler les lacunes, en s’appuyant sur les priorités existantes dans certains pays ; tout en tenant compte de la situation de la crise actuelle de la pandémie de COVID-19.
Au cours des travaux des assises actuelles, un rapport d’étude et un plan d’action ont été présentés aux parties prenantes impliquées dans la problématique de l’emploi des jeunes dans l’agroalimentaire, afin de l’améliorer et de s’en approprier. Ainsi donc, le rapport de collecte, les filières agricoles porteuses sélectionnées pour le développement de leurs chaînes de valeur et le Plan d’action OYA-RDC seront validés par les parties prenantes
C’est au terme de ces travaux, les participants devaient mettre sur les rails, le processus de promotion les opportunités d’emplois pour les jeunes dans l’agro-industrie en Afrique, et en RDC en particulier.





