PEJAB: 57 millions USD de détournement présumé, Hermione Bolumbe annonce une motion de défiance contre Muhindo Nzangi

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La députée nationale Hermione Bolumbe Bakando a annoncé le dépôt d’une motion de défiance contre le ministre d’État en charge de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi Butondo. Au cœur de cette initiative : les difficultés d’exécution du Projet d’entrepreneuriat des jeunes dans l’agriculture et l’agro-business (PEJAB) et des allégations de détournement de 57 millions de dollars américains évoquées par l’élue devant l’Assemblée nationale.

Insatisfaite des réponses du ministre lors de la séance plénière du mercredi 21 octobre, Hermione Bolumbe affirme avoir déjà recueilli les signatures de plusieurs députés pour soutenir sa démarche.

« Le ministre n’a répondu à aucune de mes préoccupations », a-t-elle déclaré dans sa conclusion, estimant que le report de la séance, censé permettre à Muhindo Nzangi de mieux préparer ses réponses, n’avait pas apporté les éclaircissements attendus.

Pour étayer ses accusations, la députée a évoqué une note du directeur de cabinet du chef de l’État qui, selon elle, aurait alerté le ministre, bien avant cette audition parlementaire, sur un présumé détournement de 57 millions de dollars américains.

« Il faudrait que cette hémorragie s’arrête », a-t-elle lancé, appelant à ce que toute la lumière soit faite sur les faits dénoncés.

L’élue a également rappelé que Muhindo Nzangi est lui-même député national et qu’il devrait, à ce titre, faire preuve d’exemplarité dans l’exercice de ses fonctions.

Le PEJAB au centre des critiques

Au cours de cette séance consacrée au contrôle parlementaire de l’action gouvernementale, le ministre d’État était appelé à répondre à une question orale avec débat de Hermione Bolumbe Bakando sur les difficultés de mise en œuvre du PEJAB. 

Ce programme vise à promouvoir l’entrepreneuriat des jeunes dans le secteur agricole, à contribuer à la lutte contre le chômage et à renforcer la valeur ajoutée de l’agriculture congolaise.

Dans ses explications, Muhindo Nzangi a notamment mis en avant les retards de décaissement des fonds. Selon lui, les premiers financements ne sont intervenus qu’en 2024, soit sept ans après le lancement officiel du projet. Il a également évoqué la lenteur des procédures bancaires et les conditions imposées par l’institution financière partenaire, qui auraient freiné la mobilisation des ressources nécessaires.

Ces justifications n’ont pas convaincu l’initiatrice de la question orale, qui entend désormais porter le dossier sur le terrain politique à travers une motion de défiance.

Il importe toutefois de préciser que le montant de 57 millions de dollars évoqué par la députée relève, à ce stade, d’allégations de détournement. Les éléments avancés lors de cette séance ne permettent pas, à eux seuls, d’établir la réalité des faits ni d’en attribuer la responsabilité.

Le dossier foncier également à l’ordre du jour

En outre, la séance plénière a également été marquée par l’audition de la ministre des Affaires foncières, O’Neige N’Sele Mimpa, sur les conditions d’obtention et la valeur juridique du certificat d’enregistrement foncier, à la suite d’une question d’actualité du député national Kizito Amule Arakayo.

La ministre a notamment précisé que l’obtention d’un titre pour une parcelle déjà enregistrée nécessite des documents établissant le droit de propriété. Pour une nouvelle concession, la mise en valeur effective du terrain, conformément à sa destination, figure parmi les conditions requises.

Elle a par ailleurs indiqué que la désaffectation des terrains relevant du domaine public relève du ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat, tandis que les Affaires foncières interviennent notamment dans la vérification de l’authenticité des décisions concernées.

Avec l’annonce de cette motion de défiance, le dossier du PEJAB s’impose désormais comme un enjeu majeur du contrôle parlementaire, alors que les accusations soulevées par Hermione Bolumbe Bakando appellent des clarifications et, le cas échéant, des vérifications par les instances compétentes.

Eldad Bwetu 

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