Présidentielle : Emmanuel Macron, l’insolente réélection
Emmanuel Macron arrive au Champ-de-Mars, à Paris, le 24 avril 2022, après l’annonce de sa victoire à l’élection présidentielle. À 44 ans, le plus jeune des présidents de la Ve République a été réélu dimanche avec 58,8 % des voix, devant Marine Le Pen, au terme d’un premier quinquennat jalonné de crises inédites. Portrait d’un président qui plaît autant qu’il dérange. En cinq années, la chevelure est devenue grisonnante aux tempes, les traits du visage se sont durcis, les premiers sillons se sont creusés sur son front. La faute au temps qui passe bien sûr. À l’exercice du pouvoir surtout. Emmanuel Macron, réélu président dimanche 24 avril avec 58,8 % des suffrages, n’est plus le vainqueur de 2017. Il porte désormais les stigmates de l’éprouvante fonction présidentielle. Il faut dire que ce quinquennat, secoué par les crises, ne fut pas un long fleuve tranquille. Emmanuel Macron l’insaisissable Affaire Benalla, crise des Gilets jaunes, grèves contre la réforme des retraites, Brexit, crise sanitaire du Covid-19, retrait contraint des troupes françaises du Mali. Puis l’invasion russe en Ukraine pour parachever les dernières semaines de son quinquennat, agitant dangereusement le spectre d’une troisième guerre mondiale aux portes de l’Europe. « À part les invasions de termites, peu de choses auront été épargnées à Emmanuel Macron », lâche Claire Gatinois, journaliste au service politique du Monde. Pas de quoi, pourtant, le rebuter pour exercer un second mandat. Après un interminable faux suspense, Emmanuel Macron a finalement annoncé être de nouveau candidat à l’élection présidentielle, le 3 mars, soit 38 jours avant le premier tour, espérant conserver sa place à l’Élysée. Le président français Emmanuel Macron, candidat à sa réélection, vote au Touquet dans le nord de la France, pour le second tour de la présidentielle, le 24 avril 2022. Après cinq années passées à la tête de l’État, dans les turpitudes du pouvoir, les Français connaissent-ils vraiment Emmanuel Macron ? Ses soutiens le disent audacieux, conquérant, séducteur, protecteur. Ses détracteurs le qualifient d’arrogant, jupitérien, ultralibéral ou de « président des riches ». Chacun s’accordera sur son caractère insaisissable. L’histoire de ce chef d’État commence le 14 mai 2017. Emmanuel Macron est élu président de la République française avec 66,1 % des suffrages exprimés face à la candidate du Rassemblement national, Marine Le Pen. Sans aucun mandat électif préalable, il entre à l’Élysée à 39 ans seulement, devenant le plus jeune président de l’histoire des Républiques françaises. Qui aurait parié sur son nom un an avant l’élection ? Personne. À l’exception de lui, peut-être. L’ascension d’un ambitieux L’ambitieux est né le 21 décembre 1977 à Amiens, dans une famille de la bourgeoisie de cette ville de Picardie. Fils d’un neurologue et d’une médecin conseil à la Sécurité sociale, cet aîné d’une fratrie de trois enfants mène une existence privilégiée, rythmée par les cours de piano, le sport, l’école, les vacances au ski et à l’étranger. Lauréat du concours général de français à 16 ans, le jeune élève signe un parcours scolaire quasi sans faute. Un accroc vient pourtant ternir le joli tableau. D’abord scolarisé à La Providence à Amiens, ses parents l’obligent à s’exiler à Paris afin de s’éloigner de la passion interdite qu’il entretient avec Brigitte Trogneux, sa professeure de théâtre de vingt-quatre ans son aînée. Il poursuit sa scolarité dans le prestigieux lycée Henri-IV, intègre Sciences po Paris et obtient un DEA de philosophie politique à l’université de Nanterre avant d’entrer à l’ENA (École nationale d’administration), en 2002. Un pur produit de l’élite à la française en somme. Un raté tout de même : il échoue à deux reprises au concours d’entrée à l’École normale supérieure (ENS). À sa sortie de l’ENA, son ascension fulgurante se poursuit. Il intègre le corps de l’Inspection générale des finances. En 2007, à 30 ans, il est nommé rapporteur général adjoint de la commission Attali. L’année suivante, il se met en disponibilité de la fonction publique pour devenir banquier d’affaires chez Rothschild. Il négocie de gros contrats internationaux et fait fortune. Dans le sérail social-libéral qu’il continue de côtoyer, Alain Minc, Jean-Pierre Jouyet, Jacques Attali décèlent le potentiel du trentenaire. En mai 2012, Emmanuel Macron quitte l’établissement bancaire pour rejoindre François Hollande, tout juste élu président. Celui qui a fait de la finance son « adversaire » lors d’un discours au Bourget, nomme le banquier d’affaires dans son gouvernement. Tant pis pour l’image, le président socialiste n’est pas à un paradoxe près. Séduit par sa jeunesse et son assurance, il en fait d’abord son secrétaire général adjoint de la présidence avant de le nommer ministre de l’Économie en 2014 après le départ fracassant d’Arnaud Montebourg. Emmanuel Macron devient, à 37 ans, le plus jeune locataire de Bercy. « Il a du charme, un esprit rapide, il tutoie (…) vous embrasse, vous fait des clins d’œil », raconte Manuel Valls dans « Élysée confidentiel », alors ministre de l’Intérieur. La trahison politique est en marche. La trahison Le jour, il défend la loi Macron pour « déverrouiller l’économie française », un texte décrié à gauche et adopté grâce à l’article 49.3, c’est à dire sans vote du Parlement. Le soir, il donne des dîners en ville, consulte les observateurs politiques et finit par lancer son mouvement en avril 2016. Personne ne croit sérieusement en ses chances de devenir président. En tout cas, pas François Hollande. Le mardi 30 août 2016, Emmanuel Macron lui porte pourtant sa démission à l’Élysée. Dans les mois qui suivent, il convainc une grande partie de l’électorat traditionnel du Parti socialiste qui le perçoit comme l’héritier naturel de la social-démocratie, soucieux d’en finir les clivages politiques du passé. Il réussit même à faire oublier que le bilan du quinquennat de François Hollande, jugé très sévèrement par une majorité des Français, est aussi en partie le sien. Moins d’un an plus tard, il prend la place de celui qui l’a adoubé dans la politique et s’installe dans les ors de son bureau du 55 rue du Faubourg Saint-Honoré. Le macronisme est-il né ? « Il n’existe pas, il y a Emmanuel Macron, qui est un être libre,
Miss Monde 2022: Karolina Bielawska remporte le titre !
Le concours Miss Monde 2022 s’est déroulé dans la nuit du mercredi 16 Mars à Jeudi 17 avril 2022 à Porto Rico, un état libre associé aux USA avec le statut de Commonwealth. L’événement haut en couleur était retransmis en direct sur les chaînes de Canal+ pop bouquet 22. Après des heures de mystère, les résultats étaient publiés : C’est la ravissante miss Pologne, Karolina Bielawska qui a remporté le titre de la plus belle fille du monde. Sa première dauphine est la Miss américaine Shree Saina. l’Afrique a été très honorée par la beauté de la Miss ivoirienne Olivia Yace. Malheureusement cette victoire n’a jamais fait le goût de tout le monde. Tel est le cas sur les réseaux sociaux où l’ambiance est encore moins joyeuse que d’habitude, les internautes s’étant prononcés en faveur de la fille de 24 ans originaire du pays d’Alassane Ouattara. Il y a deux ans le titre convoité de Miss Monde avait été remporté en 2019 par Toni Ann Singh, Miss Jamaïque. Comme le veut la tradition, c’est elle qui avait eu l’honneur de déposer la diadème sur sa successeure ! Prévu en 2019, le concours Miss Monde qui devrait avoir lieu en 2021 avait été reporté en cette année en raison de la Covid-19. Pour apporter son soutien à l’Ukraine, les organisateurs de cette fête de beauté du monde avaient exclus de la compétition la Miss Russe. Philippe Dephill Lipo
Conflit Russie – Ukraine : qu’est-ce que Swift et pourquoi l’interdiction de la Russie est-elle une sanction si importante ?
Les Occidentaux veulent exclure certaines banques russes du réseau interbancaire Swift. Tout en évitant de pénaliser l’export de biens vers la Russie et l’import de gaz. L’Allemagne a accepté ce week-end d’exclure des banques russes du système interbancaire Swift. Mais de quoi s’agit-il ? Et pourquoi la décision est-elle si difficile à prendre ? Voici des éléments de réponses. Des banques russes seront exclues de Swift : Vrai L’Union européenne (UE) et les États-Unis veulent interdire à certaines banques russes l’accès aux services de Swift (Society for worldwide interbank financial telecommunication). Ce réseau, auquel adhèrent 11 000 institutions financières, permet aux banques de communiquer entre elles. La plateforme a été créée en 1973, pour remplacer le télex et le fax, indique Olivier Dorgans, avocat spécialiste des sanctions économiques. Grâce à Swift, les messages sont harmonisés et sécurisés. Toutes les transactions passent par Swift : FauxAu sein de la zone euro, certaines opérations (des virements entre résidents européens par exemple) passent par le système Sepa. Mais pour certaines opérations plus complexes ou qui concernent des achats ou ventes hors zone euro, on bascule sur Swift », poursuit l’associé au sein du cabinet Ashurst. Ce sont les États qui décident d’une éventuelle exclusion : Faux Swift est indépendant. Il s’agit d’une société coopérative, basée en Belgique. Elle est gérée par ses adhérents, qui sont les banques », note Olivier Dorgans. Néanmoins, en 2012, quand la communauté internationale a demandé à Swift d’exclure des banques iraniennes (jusqu’en 2016), la société s’est exécutée. Et ce week-end du 26 et 27 février 2022, Swift a annoncé qu’elle se plierait aux demandes des alliés. Toutes les banques russes sont concernées : FauxUne solution de compromis a été trouvée à l’initiative de l’Allemagne », analyse le juriste. Pour comprendre, il faut avoir en tête que tout achat d’un produit à l’étranger nécessite de passer un ordre bancaire. Si toutes les banques russes sont exclues de Swift, les Occidentaux ne pourront plus, du jour au lendemain, acheter du gaz, du pétrole ou du charbon à la Russie. Or, le quart de l’énergie consommée par l’Allemagne provient du gaz. Et la moitié de ce gaz est fournie par la Russie (17 % pour la France). Sans banque russe, l’Allemagne pourrait se retrouver privée d’électricité et de chauffage. Il est donc fort probable que Gazprombank par exemple, qui est liée à la société d’exportation des hydrocarbures, ne figure pas dans la liste des banques concernées. La Russie a un système alternatif à Swift : Vrai Il se dénomme SPFS. Lancé en 2017, il compte 400 banques russes et une douzaine d’établissements d’autres pays (Biélorussie, Chine…). Ce système ne permettra pas à la Russie de continuer à commercer avec l’Occident. Mais au sein de la Russie, dont le territoire est étendu, beaucoup de transactions s’opèrent par Swift. Le système SPFS permettra au moins de pallier la désorganisation, liée à la déconnexion de Swift. On voit déjà en Russie des files d’attente devant les banques. La sanction bancaire est à double tranchant : VraiUn nombre important d’entreprises françaises risquent d’avoir des problèmes pour exporter en Russie, car il leur sera plus difficile d’être payé. L’enjeu est de taille. La France exporte chaque année en Russie cinq milliards d’euros de biens (89 milliards pour les vingt-sept États membres de l’UE). MCP/LRP
Guerre en Ukraine : le pape François exprime ses préoccupations à l’ambassade Russe
Le matin du vendredi 25 février 2022, le pape François s’est déplacé en personne en direction de l’ambassade de la Russie près le Saint Siège pour exprimer sa grande douleur par rapport à la détérioration de la situation en Ukraine. Pendant plus d’une demie heure, le Souverain pontife s’était entretenu avec l’ambassade Russe, Alexander Avdeiv, indique la presse du Vatican. Le déplacement de François est interprété par une certaine opinion comme un acharnement papal contre les bombardements abasourdissants dans par l’armée de Vladimir Poutine dans plusieurs villes ukrainiennes. A en croire la source papale d’information, le Chef de l’église catholique envisage d’observer le 2 mars prochain une journée spéciale de prières et jeûne en faveur de la paix dans le monde. Voir un Pape quitter son bureau pour aller dans une ambassade pour une quelconque situation est inhabituel pour le Vatican. C’est plutôt le contraire qui est de coutume. Affaibli par la maladie, le Pape François se montre très proche du peuple ukrainien en demandant à la Russie de cesser avec les hostilités. Philippe Dephill Lipo
Guerre en Ukraine : Au moins 137 morts et 316 blessés côté ukrainien (Présidence)
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé vendredi la mort d’au moins 137 de ses concitoyens depuis le début de l’invasion russe jeudi matin. « 137 héros, nos citoyens » ont perdu la vie, a-t-il indiqué dans une adresse vidéo mise en ligne sur le site de la présidence, ajoutant que 316 autres personnes côté ukrainien avaient été blessées lors des combats. L’armée ukrainienne a quant à elle affirmé avoir abattu cinq avions et un hélicoptère de l’armée russe et avoir tué une cinquantaine « d’occupants russes » dans l’est du pays. Avec LeMonde
Guerre en Ukraine : l’Union européenne et les Etats-Unis sanctionnent lourdement la Russie
Ni l’UE, ni les Etats-Unis n’ont toutefois exclu la Russie du réseau interbancaire Swift, un rouage essentiel de la finance mondiale. Les Occidentaux durcissent leur réponse. L’Union européenne, réunie en sommet à Bruxelles, a approuvé jeudi 25 février dans la soirée des sanctions « massives » contre la Russie, après son invasion de l’Ukraine, sans toutefois aller jusqu’à exclure le pays du système d’échanges bancaires internationaux Swift. « Les dirigeants russes devront faire face à un isolement sans précédent », a promis la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. C’est le train de sanctions le « plus sévère jamais mis en œuvre » par l’UE, a affirmé le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell. Limiter l’accès russe à des « technologies cruciales » Les Vingt-Sept veulent punir le régime du président Vladimir Poutine avec des sanctions financières. Il s’agit notamment de limiter drastiquement l’accès de la Russie aux marchés de capitaux européens, entravant la capacité de Moscou d’y refinancer sa dette. L’UE va aussi réduire l’accès de la Russie à des « technologies cruciales », en la privant de composants électroniques et de logiciels, de façon à « pénaliser gravement tous les pans de l’économie russe », a précisé Ursula von der Leyen. Mais ni l’UE, ni les Etats-Unis n’ont exclu la Russie du réseau interbancaire Swift, un rouage essentiel de la finance mondiale. C’est « une option », a assuré le président américain Joe Biden. Accélération du déploiement de soldats français en Roumanie A Washington, le président américain Joe Biden a défendu un arsenal de sanctions mises au point par les Etats-Unis visant à porter un coup terrible à la finance comme à l’économie russe. Ces représailles économiques et financières « dépassent tout ce qui a jamais été fait », a soutenu le président américain lors d’une allocution télévisée très attendue depuis la Maison Blanche. De son côté, la France va accélérer le déploiement dans le cadre de l’Otan de soldats en Roumanie, pays frontalier de l’Ukraine, a annoncé le président Emmanuel Macron à l’issue du sommet exceptionnel de l’UE. Il a également jugé utile de « laisser ouvert le chemin » du dialogue avec Moscou pour obtenir un arrêt de son offensive. Avec AFP
Madagascar : Des bourreaux toujours derrière les personnes atteintes d’albinisme
Alors que des efforts sont en train d’être déployés à travers le monde pour tenter de mettre fin à la discrimination dont sont l’objet les personnes atteintes d’albinisme en Afrique, la situation de ces dernières dans plusieurs pays africains dont le Madagascar, laisse toujours à désirer. En effet, le mardi 15 février 2022, une jeune femme d’une trentaine d’années est portée disparue. Des bandits connaissant bien ses mouvements de va et vient s’étaient introduits de grand matin dans son habitation située à Sakatalina, une ville située au sud de la grande île africaine. L’ayant prise de force, Ils se sont évanouis dans la nature indique une source d’information malgache qui rapporte l’information. Des enquêtes menées par la Gendarmerie en vue de la retrouver s’étaient soldées par un fiasco. Réagissant à cette attaque criminelle, le Réseau malgache Handicap affirme que la chasse des personnes atteintes d’albinisme au Madagascar est une réalité quotidienne. Et pour preuve, au mois de Janvier de cette même année, une adolescente de 12 ans avait été kidnappée par des tueurs des personnes atteintes d’albinisme à Monantelina. La petite fille avait eu la vie sauve grâce aux fouilles menées par les Gendarmes du milieu aidés par la population locale. Une autre source de ce pays fait état de la décapitation d’un homme Albinos de 70 ans. Ses tueurs étaient probablement des trafiquants d’organes humains, notamment ceux des personnes atteintes d’albinisme recommandés de plus en plus dans le monde occulte. L’événement macabre avait eu lieu à l’approche des festivités de fin d’année. Des enquêtes initiées par la Gendarmerie n’ont jamais permis de retrouver les malfaiteurs. Il convient de noter les personnes atteintes d’albinisme font constamment face à une situation mettant en péril leur existence sur la terre. Le laxisme des gouvernements africains face à cette tragédie humaine incite les criminels de rééditer à tout moment leurs sales exploits. Malgré l’existence d’une certaine législation dans certains pays africains, force est de reconnaître que sur le terrain, la situation de ces êtres humains n’évolue pas à la grande distribution de ces dernières. Philippe Dephill Lipo
Luc Montagnier, Nobel de médecine pour la découverte du virus du sida, est mort
Luc Montagnier, prix Nobel de médecine pour la découverte du virus du sida, est mort à 89 ans,mardi, à l’hôpital américain à Neuilly-sur-Seine. Devenu une figure controversée pour diverses théories depuis plus de dix ans et mis au ban progressivement de la communauté scientifique, il avait refait parler de lui pour des propos contre les vaccins anti-Covid. Le professeur Luc Montagnier est mort mardi à l’hôpital américain à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), a appris jeudi 10 février l’AFP auprès du maire de la ville Jean-Christophe Fromantin. Rejeté sur le tard pour des théories douteuses, il restera à jamais associé à la découverte du virus du sida qui lui a valu le prestigieux prix Nobel de médecine. Ses propos controversés contre les vaccins anti-Covid l’avaient remis sur le devant de la scène, lui attirant la sympathie des antivax et le discréditant un peu plus auprès de la communauté scientifique. « J’ai toujours cherché l’insolite. J’ai du mal à travailler sur un courant déjà établi », confiait ce biologiste spécialiste des virus dans un documentaire consacré à des travaux qu’il qualifiait lui-même de « sulfureux » sur la « mémoire de l’eau », diffusé sur France 5 en juillet 2014. Fines lunettes métalliques, œil vif et visage toujours poupon à 80 ans passés, le virologue se décrivait comme un « marginal » en blouse blanche malgré ses lauriers internationaux, avec le prix Nobel attribué en 2008 pour une découverte réalisée un quart de siècle plus tôt. « Maladie des 4H » Il faut se replonger dans l’ambiance des années 1980 pour comprendre la fièvre qui s’était emparée d’une poignée de laboratoires dans le monde : découvrir au plus vite l’origine d’un mal étrange qu’on nommait, faute de mieux, « maladie des 4H » (car semblant s’attaquer essentiellement aux homosexuels, héroïnomanes, Haïtiens et hémophiles). Né le 8 août 1932 à Chabris dans l’Indre (centre de la France), le virologue Luc Montagnier dirigeait depuis 1972 à l’Institut Pasteur un laboratoire spécialisé dans les rétrovirus et oncovirus (responsables de cancers). Début 1983, il isole avec ses « associés » Françoise Barré-Sinoussi et Jean-Claude Chermann un nouveau rétrovirus qu’il baptise provisoirement LAV (Lymphadenopathy Associated Virus) à partir d’un prélèvement effectué par le Dr Willy Rozenbaum sur un jeune malade, un homosexuel ayant séjourné à New York. C’est pour lui l’agent « causal » de la nouvelle maladie. Mais la découverte est accueillie avec « scepticisme », en particulier par l’Américain Robert Gallo, grand spécialiste des rétrovirus. « Pendant une année, nous savions que nous avions le bon virus (…) mais personne ne nous croyait et nos publications étaient refusées », racontait Montagnier 30 ans après En avril 1984, Margaret Heckler, secrétaire d’État américaine à la Santé annonce que Robert Gallo a trouvé la cause « probable » du sida, un rétrovirus baptisé HTLV-III. Mais ce dernier s’avère être rigoureusement identique au LAV trouvé plus tôt par l’équipe de Montagnier… « Codécouvreurs » La polémique enfle : qui est le véritable découvreur du virus de l’immunodéficience humaine (VIH), Montagnier ou Gallo ? La question est importante car elle permet de régler la question des royalties liées aux tests de dépistage. Le différend aboutit à une conclusion provisoire et diplomatique en 1987 : États-Unis et France signent un compromis où Gallo et Montagnier sont officiellement qualifiés de « codécouvreurs ». Le véritable épilogue intervient 20 ans après, avec l’attribution du Nobel pour la découverte du VIH, non pas à Gallo mais à Montagnier et à son associée Françoise Barré-Sinoussi. Jean-Claude Chermann sera lui oublié par le prestigieux jury. Quelques années après, pour le 30e anniversaire de sa découverte, le Pr Montagnier dressait pour l’AFP un bilan mitigé de cette épopée : « On n’a pas réussi à éradiquer l’épidémie ou même l’infection puisqu’on ne sait pas guérir quelqu’un qui est infecté ». Les médicaments antirétroviraux permettent en effet de museler efficacement le VIH mais pas de l’éliminer totalement du corps des personnes infectées. « Antivax« Après avoir dirigé de 1991 à 1997 un département Sida et rétrovirus à Pasteur puis enseigné au Queens College de New York jusqu’en 2001, le Pr Montagnier prend les chemins de traverse de la recherche scientifique et se met progressivement au ban de la communauté scientifique. Il défend la « piste microbienne », pourtant sujette à caution, pour expliquer l’autisme. Il reprend la thèse unanimement rejetée du chercheur français Jacques Benveniste selon laquelle l’eau conserverait l’empreinte (la « mémoire ») de substances qui ne s’y trouvent plus. Il soutient des théories sur l’émission d’ondes électromagnétiques par l’ADN, promeut la papaye comme remède à certaines maladies. Ses prises de position répétées contre les vaccins lui valent en novembre 2017 la condamnation cinglante et officielle de 106 membres des Académies des sciences et de médecine. Le Figaro décrit son parcours comme un « lent naufrage scientifique ». Durant la pandémie de Covid-19, il s’illustre encore, affirmant que le virus SARS-CoV-2 a été manipulé en laboratoire avec l’ajout de « séquences, notamment, du VIH » et que les vaccins sont responsables de l’apparition des variants. Ces thèses, combattues par les virologues et épidémiologistes, ont jeté un peu plus le discrédit sur un scientifique devenu un « paria » parmi ses pairs. Avec AFP
URGENT: Arrestation du président Kaboré au Burkina Faso (sources militaires)
C’est la confusion au Burkina Faso où le président Roch Marc Christian aurait été arrêté, selon plusieurs sources, rapporte notre correspondant et une source sécuritaire parle de coup d’État. Des annonces qui surviennent après une série de mutineries dans plusieurs casernes du pays. Les mutins demandent au gouvernement plus de moyens pour lutter contre le terrorisme ainsi que des changements au sein de l’état-major. Une déclaration est attendue dans les heures qui viennent. RFI
Mort de Desmond Tutu: la «nation arc-en-ciel» perd une icône de la lutte contre l’apartheid
Desmond Tutu, jusqu’au bout, aura joué le rôle de conscience morale de l’Afrique du Sud, en critiquant les niveaux de violence et de corruption atteints dans le pays. L’archevêque anglican est mort ce dimanche 26 décembre à 90 ans a annoncé la présidence sud-africaine. Il manquera cruellement à la « nation arc-en-ciel », une expression qu’il avait inventée. Desmond Tutu, fils d’instituteur et de lavandière ayant grandi à Klerksdorp, à 150 km de Johannesburg, a été le second Sud-Africain de l’histoire à se voir décerner un Prix Nobel de la paix, en 1984. Le premier avait été remporté en 1960 par un autre homme de clergé, le révérend pacifiste Albert Luthuli, alors président du Congrès national africain (ANC). C’était juste avant le passage du mouvement de libération nationale à la lutte armée… Lors des émeutes écolières de Soweto, réprimées dans le sang le 16 juin 1976, Desmond Tutu, premier doyen noir de l’Eglise anglicane en Afrique du Sud, dénonce la violence de la police exercée contre des enfants. Il ne cessera de faire résonner sa voix haut perchée de pacifiste, usant de l’humour comme d’une arme. « Quand l’homme blanc est arrivé, il avait la Bible et nous avions la terre », aimait-il raconter. « L’homme blanc nous a dit : ‘Venez, agenouillons-nous, et prions ensemble’. Quand nous avons rouvert les yeux, voilà ! – nous avions la Bible et il avait la terre… » Avec lui, la résistance noire devient théologique « L’apartheid est le mal », répétait-t-il dans les années 1980, s’attaquant aux fondements religieux de ce régime. « C’est le système le plus vicieux inventé par l’homme depuis le nazisme. » Les Afrikaners, qui se considèrent comme un peuple élu, responsables d’une mission civilisatrice, sont ravalés par Tutu au rang de pêcheurs. La résistance noire devient théologique. Au plus fort de la répression, Desmond Tutu est traité de tous les noms par les nationalistes afrikaners, à qui il rend la vie difficile. Quand il reçoit le Prix Nobel de la paix en 1984, les Sud-Africains y voient un signal fort de soutien venu de l’étranger. Les sanctions économiques internationales, qu’il appelle de ses vœux et qui contribueront à faire plier le régime, entrent en vigueur en 1985. Un an plus tard, Tutu est nommé premier archevêque noir de l’Église anglicane en Afrique du Sud et quitte Soweto pour prendre ses quartiers dans une résidence confortable du Cap. Après l’avènement de la démocratie multiraciale, en 1994, il doit renoncer à ses projets de retraite pour rendre un service inestimable à Mandela : prendre la tête de la Commission vérité et réconciliation (CVR). Il passe alors pour le « prince de la compassion », comme le note l’historien sud-africain Allister Sparks. Il va enquêter sur les violations des droits de l’homme commises entre le 1er mars 1960 (massacre de Sharpeville) et le 5 décembre 1993 (fin de la transition). La CVR sillonne le pays pour recueillir les plaintes des victimes et rassemble des informations sur les atrocités commises. Un comité spécial chargé des amnisties se penche sur les demandes de pardon formulées par les anciens bourreaux, qui seront accordées en échange de la vérité. Ce qui vaudra bien des critiques de la communauté noire à l’encontre de Tutu. La Commission vérité et réconciliation, une responsabilité éprouvante Le 24 janvier 1996, à la fin de la toute première audience de la CVR, Desmond Tutu pleure à chaudes larmes. Il craque, pour la première fois en public. Le témoignage d’un vieil homme sur les tortures qui lui ont été infligées le bouleverse. « Je me croyais assez fort pour ce travail, mais je ne le suis pas », confiera-t-il plus tard. En plein travaux de la CVR, en janvier 1997, un cancer de la prostate lui est diagnostiqué. En décembre de la même année, lors de l’une des audiences les plus médiatisées de la CVR, Winnie Madikizela-Mandela nie et réfute toutes les accusations de violations de droits de l’homme contre son ancienne milice. Desmond Tutu met tout son poids dans la balance pour lui arracher quelques mots de repentir. « Je vous en supplie, je vous en prie, je vous en prie. S’il vous plaît. Vous êtes une grande personnalité. Vous ne savez pas combien votre grandeur serait renforcée si vous disiez pardon. » Après un long silence, l’ex-femme de Nelson Mandela cède : « Je dis que c’est vrai : les choses allèrent horriblement mal et nous sommes conscients qu’il y avait des facteurs y conduisant. Pour cela, je suis profondément désolée. » Elle ne demande pas pardon, mais face à son obstination, Desmond Tutu a tout de même réussi une prouesse… L’ANC « pire que l’apartheid » Infatigable, Desmond Tutu avait guéri de son cancer et continué à protester, ces dernières années, contre les inégalités sociales, la pauvreté, mais aussi la corruption des nouvelles élites noires. « Je vous préviens, disait-il en octobre 2011, deux ans à peine après l’accession de Jacob Zuma à la présidence : un jour, nous commencerons à prier pour la défaite de l’ANC. » L’histoire lui a donné raison. Cinq ans plus tard, l’ANC a été désavoué par des revers historiques lors des municipales. L’homme d’église s’est aussi emporté contre Jacob Zuma, alors président, notamment quand le visa d’entrée sur le territoire sud-africain a été refusé à son ami tibétain, le Dalaï-Lama, qu’il avait invité en 2012 à son 80e anniversaire. Tutu n’avait pas hésité à dire que le gouvernement ANC était « pire que l’apartheid, parce qu’au moins, avec ce régime, on s’y attendait ». Tout en dénonçant les injustices dans le monde, violations des droits de l’homme au Sri Lanka ou lois anti-homosexuelles en Ouganda, il n’a cessé de taxer Jacob Zuma de président « honteux » , en raison des innombrables scandales qu’il a provoqués. Desmond Tutu dénonçait aussi les niveaux de violence atteints dans le pays, pourtant pacifié, à cause du lien étroit entre inégalités et criminalité. « Ce n’est pas ce que nous étions sous l’apartheid », répétait-il