RDC: Filimbi rejette toute perspective de troisième mandat pour Félix Tshisekedi

Le mouvement citoyen Filimbi a vivement réagi aux déclarations du président de la République, Félix Tshisekedi, tenues lors de son point de presse du 6 mai 2026. Dans un communiqué publié le jeudi 7 mai, l’organisation citoyenne dénonce ce qu’elle considère comme une volonté de remettre en cause les dispositions constitutionnelles relatives à la limitation des mandats présidentiels. Filimbi estime que les propos du chef de l’État ouvrent la voie à un éventuel « glissement électoral » ainsi qu’à une tentative de conservation du pouvoir au-delà des limites fixées par la Constitution. Le mouvement rappelle que la loi fondamentale congolaise limite le mandat présidentiel à deux quinquennats et considère cette disposition comme « non négociable ». Dans son communiqué, l’organisation souligne également ce qu’elle qualifie de « contradiction politique », rappelant que Félix Tshisekedi avait lui-même dénoncé, lorsqu’il était dans l’opposition, toute initiative de révision constitutionnelle sous le régime de Joseph Kabila, qu’il assimilait alors à un « coup d’État constitutionnel ». En outre, Filimbi a critiqué sévèrement la gouvernance actuelle du pays. Il évoque notamment la persistance de l’insécurité dans l’Est de la RDC, la hausse du coût de la vie, le chômage ainsi que les difficultés sociales auxquelles font face de nombreux Congolais. Il estime que ces réalités contrastent avec les discours officiels présentant un bilan positif de l’action gouvernementale. Le mouvement citoyen s’est également montré critique à l’égard de la gestion de la crise sécuritaire, reprochant au pouvoir de multiplier les déclarations sans résultats concrets sur le terrain. Face à cette situation, Filimbi appelle à la vigilance et à la mobilisation des forces sociales et citoyennes, notamment la jeunesse, la société civile et les confessions religieuses, afin de préserver les acquis démocratiques du pays. « Le Congo n’appartient à aucun homme. La République n’est pas un héritage personnel », conclut le communiqué. Eldad B.

RDC : « Pas d’élections sans le Nord et le Sud-Kivu », affirme Tshisekedi

Le président de la République, Félix Tshisekedi, a tenu une conférence de presse mercredi 6 mai à Kinshasa, au cours de laquelle il a abordé plusieurs questions politiques majeures, dont la perspective d’un troisième mandat, une éventuelle révision de la Constitution et l’organisation des élections prévues en 2028. Sur son avenir politique, le chef de l’État a déclaré qu’il pourrait envisager un nouveau mandat « si le peuple le veut », une position qui relance déjà le débat sur la limitation des mandats présidentiels dans le pays. Par ailleurs, Félix Tshisekedi s’est également dit ouvert à une réflexion sur une révision de la Constitution par voie référendaire.  Il a rappelé que cette question s’inscrit, selon lui, dans la continuité des positions historiques de son parti, l’UDPS, qui avait plaidé dès 2006 pour une modification de la Loi fondamentale une fois au pouvoir.  Le président a toutefois insisté sur la nécessité d’un débat « sérieux, transparent et méthodique », appelant à éviter toute « caricature » ou « confiscation » des discussions sur les questions d’intérêt national. Élections de 2028 : la sécurité dans l’Est en ligne de mire Abordant la perspective des élections de 2028, le président a établi un lien direct avec la situation sécuritaire dans l’est du pays. Il a estimé qu’aucun scrutin ne pourrait être organisé sans le retour de la stabilité dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. « Pas d’élections sans le Nord et le Sud-Kivu », a-t-il martelé, avertissant que la persistance du conflit armé pourrait compromettre le processus électoral. Réaction de Claudel Lubaya : rejet d’un troisième mandat Ces déclarations ont suscité une réaction dans l’opposition. L’opposant Claudel Lubaya a rejeté toute perspective de troisième mandat, estimant qu’aucune volonté populaire ne peut justifier une violation de la Constitution. « Ni mission, ni troisième mandat », a-t-il déclaré, affirmant que la Loi fondamentale encadre strictement sa propre révision, notamment à travers l’article 218, et qu’elle impose son respect à toutes les institutions. Claudel Lubaya a également rappelé que certaines dispositions constitutionnelles sont intangibles, conformément à l’article 220, et que leur remise en cause pourrait relever de la haute trahison au regard des articles 164 et 165. A l’en croire, invoquer la volonté du peuple pour contourner les dispositions constitutionnelles constitue une « duperie » politique. Ces prises de position du chef de l’État et les réactions de l’opposition ravivent le débat sur la gouvernance institutionnelle, les limites constitutionnelles des mandats et les conditions sécuritaires nécessaires à la tenue des élections de 2028 en République démocratique du Congo. Eldad B.

Marche de soutien aux sanctions américaines: L’UDPS exige l’arrestation immédiate de Joseph Kabila

L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS/Tshisekedi) a organisé, lundi 4 mai à Kinshasa, une marche de soutien aux sanctions américaines visant l’ancien président de la République, Joseph Kabila. Partie de la 1ʳᵉ rue de Limete, cette manifestation pacifique a rassemblé plusieurs milliers de participants, principalement des cadres et militants issus de formations politiques membres de l’Union sacrée de la nation. Munis de drapeaux, de calicots et de banderoles, les manifestants ont affiché leur appui au projet de révision constitutionnelle avant de converger vers le Palais du peuple, point d’aboutissement de la marche. Prenant la parole à l’issue de la mobilisation, Augustin Kabuya, secrétaire général et président intérimaire de l’UDPS, a appelé l’administration américaine à élargir les sanctions à d’autres acteurs impliqués dans la crise sécuritaire à l’Est du pays, tout en exigeant l’arrestation de Joseph Kabila. « Après les sanctions contre Joseph Kabila, nous demandons à l’administration américaine d’exiger son arrestation immédiate et d’étendre ces mesures à d’autres responsables de l’insécurité dans l’Est, notamment Paul Kagame », a-t-il déclaré. Signalons qu’une délégation des organisateurs s’est rendue à l’ambassade des États-Unis en RDC pour y déposer un mémorandum. Pour rappel, Joseph Kabila a réagi à ces sanctions, qu’il qualifie d’« injustifiées » et de « politiquement motivées », selon un communiqué de son cabinet publié le 30 avril.  L’ancien chef de l’État a affirmé que les accusations à l’origine de cette décision ne reposent pas sur des preuves « irréfutables » et dit avoir accueilli cette annonce avec « étonnement ». Le communiqué a également mis en avant son bilan à la tête du pays entre 2001 et 2019, évoquant notamment la réunification du territoire, la pacification progressive et la stabilisation de la région des Grands Lacs, ainsi que la première alternance pacifique au sommet de l’État. Joseph Kabila a, en outre, contesté les fondements de la décision américaine, estimant qu’elle ne s’appuie pas sur des faits établis devant la justice congolaise. Il a annoncé envisager des recours légaux afin d’obtenir la présentation des preuves et de défendre son honneur. Eldad Bwetu

Assemblée nationale: Isaac JC TSHILUMBAYI plaide pour la réforme de la loi-cadre de l’enseignement et l’introduction renforcée de l’Anglais

La Chambre basse du Parlement remet les enjeux socio-éducatifs au cœur de son agenda législatif. La plénière du jeudi 30 avril, consacrée à l’examen de la proposition de loi modifiant et complétant la loi-cadre n°14/004 du 11 février 2014 relative à l’enseignement national, a été marquée par l’intervention du premier vice-président de l’Assemblée nationale, le Professeur Isaac Jean-Claude Tshilumbayi Musawu, peu avant la déclaration de recevabilité du texte. S’exprimant en sa qualité d’enseignant, la deuxième personnalité du Bureau a défendu l’introduction accrue de l’anglais comme langue d’enseignement, tout en plaidant pour l’amélioration des conditions de travail des enseignants. Face aux inquiétudes liées à une éventuelle remise en cause des langues officielles, Isaac Tshilumbayi a tenu à rassurer les députés. « Nous proposons l’anglais comme langue d’enseignement, et non comme langue officielle. Le texte ne modifie en rien la liste constitutionnelle des langues officielles de la RDC », a-t-il précisé. Le premier vice-président a également rappelé que l’anglais occupe déjà une place importante dans le cursus congolais. « Aux humanités, l’anglais est une matière obligatoire dont la réussite conditionne le passage de classe », a-t-il souligné, estimant que la réforme vise avant tout à formaliser une pratique existante. L’élu de Luiza a par ailleurs mis en avant les enjeux liés à la mobilité académique, évoquant la nécessité de renforcer l’usage de l’anglais afin de faciliter les échanges internationaux et d’attirer des enseignants en provenance notamment du Royaume-Uni et des États-Unis. Portée par le député national César Matabora (Walungu), cette initiative législative vise à adapter l’enseignement supérieur et universitaire au système LMD, en vigueur en RDC depuis 2014. La question des langues d’enseignement s’impose comme l’un des points les plus sensibles, entre préservation de la francophonie et ouverture à l’anglais, langue dominante de la recherche scientifique. À l’issue des débats, la proposition de loi a été jugée recevable et renvoyée à la Commission socioculturelle pour un examen approfondi. À noter que la thématique de l’éducation, célébrée chaque 30 avril au niveau national, s’impose comme l’un des axes majeurs de la session parlementaire en cours. Eldad Bwetu

RDC : Joseph Kabila conteste les sanctions américaines et annonce un recours

Joseph Kabila Kabange a réagi à une décision prise par les États-Unis à son encontre, la qualifiant d’« injustifiée » et « politiquement motivée », selon un communiqué de son cabinet publié le 30 avril. Dans ce document, l’ancien président de la République démocratique du Congo (RDC) affirme que les accusations à la base de cette mesure ne reposent pas sur des preuves « irréfutables ». Il dit avoir appris cette décision avec « étonnement ». Le communiqué revient également sur le bilan de Joseph Kabila durant son mandat (2001-2019), évoquant notamment la réunification du territoire national, la pacification progressive du pays et la stabilisation de la région des Grands Lacs. Ses proches rappellent aussi que la RDC a connu, sous sa présidence, sa première alternance pacifique au sommet de l’État. Par ailleurs, le texte critique les fondements de la décision américaine, estimant qu’elle s’appuie sur des accusations qui n’auraient pas été étayées devant la justice congolaise. Il avertit que cette mesure pourrait être perçue, en RDC comme à l’international, comme un soutien implicite aux autorités actuelles, accusées de dérives autoritaires. Sur le plan politique, Joseph Kabila réaffirme son attachement à l’unité nationale, à l’intégrité territoriale et à la paix, appelant à une solution politique inclusive à la crise que traverse le pays. Il souligne que les défis de la RDC ne sont pas uniquement sécuritaires, mais également liés à la gouvernance politique et économique. L’ancien chef de l’État annonce enfin qu’il envisage d’engager des démarches légales pour contester cette décision, demander la présentation d’éléments de preuve et défendre son honneur ainsi que son bilan.

Parlement Panafricain: Un nouveau bureau élu avec une participation active de la RDC

Les députés nationaux de la République démocratique du Congo (RDC), membres du Parlement panafricain (PAP), ont pris une part active, le jeudi 30 avril dernier, à l’élection du nouveau Bureau de l’institution législative continentale. Ce scrutin intervient à la suite de la démission du Bureau sortant dirigé par Chief Fortune Charumbira. Le processus électoral, organisé dans un contexte institutionnel sensible, a été encadré par un comité ad hoc mis en place par les caucus régionaux. Celui-ci avait pour mission exclusive d’organiser l’élection du président du Parlement panafricain. Les travaux ont été supervisés par Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’Union africaine, représentant le président en exercice de l’organisation. Conformément aux procédures établies, la conseillère juridique de l’Union africaine a procédé à l’ouverture des candidatures et à la fixation des modalités de vote. Les parlementaires ont ensuite été appelés à présenter leur carte d’accès, signer le registre, retirer leur bulletin, voter à bulletin secret et le déposer dans l’urne. Le déroulement du scrutin a toutefois été brièvement marqué par une motion d’ordre introduite par la délégation marocaine. Celle-ci a dénoncé un manque de neutralité et de consensus, évoquant une décision perçue comme une « imposition » susceptible d’affecter le principe de rotation régionale. Faten Boutbig élu président du parlement panafricain Moment clé de cette journée électorale : l’élection du nouveau président du PAP. Seul candidat de la région d’Afrique du Nord, Faten Boutbig a été largement élu avec 118 voix, contre 51 abstentions et 15 bulletins nuls. Dans son speech, le nouveau président s’est engagé à exercer ses fonctions avec honneur et dignité, à servir les peuples africains avec loyauté et à défendre les textes fondateurs de l’Union africaine. Par ailleurs, sous la direction du président nouvellement élu, l’Assemblée a procédé à l’élection des quatre vice-présidents, conformément à la répartition géographique du continent : • Afrique de l’Est : Dr Ashebiri Weldegiorgis Gayo, élu avec 140 voix• Afrique de l’Ouest : le Ghanéen Rolinx, élu avec 131 voix• Afrique centrale : Djidda Mamar Mahamat, élu avec 150 voix sur 185 votants• Afrique australe : l’Angolaise Arlete Borges, élue avec 113 voix Notons que ces résultats traduisent la volonté de respecter les équilibres régionaux et la représentation des différentes zones du continent. Il sied de signaler qu’à l’issue de leur élection, les quatre vice-présidents ont prêté serment avant leur installation officielle. Ils ont exprimé leur reconnaissance à l’endroit de la Commission de l’Union africaine, du comité ad hoc ainsi que du Bureau sortant pour la bonne organisation du processus électoral. Une délégation congolaise très active dans le processus La délégation congolaise s’est distinguée par une participation active à toutes les étapes du processus. Elle est composée notamment du professeur Jacques Djoli Eseng’Ekeli, qui va rejoindre sur place les députés Sakata Tawab Moke Garry et Wangoie Marie Thérèse, ainsi que les sénateurs Ngoy Kasanji et Christine Mwando. À travers leur implication dans les concertations entre caucus, les échanges politiques et le déroulement du vote, les représentants congolais ont contribué à renforcer la présence et l’influence de la RDC au sein du Parlement panafricain. En outre, le Parlement panafricain a enregistré la prestation de serment d’un seul membre sur les cinq que compte la délégation de la République du Congo : Véronique Wambé. Une nouvelle étape pour le parlement panafricain Avec l’installation de ce nouveau Bureau, le Parlement panafricain ouvre une nouvelle phase de son fonctionnement. Les enjeux restent importants, notamment en matière de gouvernance institutionnelle, de respect des équilibres régionaux et de renforcement de son rôle au sein de l’Union africaine. Eldad Bwetu

Rejet de la motion contre Shabani Lukoo : « Je n’ai pas échoué », affirme Laddy Yangotikala

La motion de défiance visant le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, a été rejetée ce mercredi 29 avril à l’Assemblée nationale sans examen au fond, à la suite d’une motion incidente et préjudicielle du député Garry Sakata. 490 députés ont pris part à la plénière. Déposée le 13 avril par Laddy Yangotikala, l’initiative dénonçait la dégradation de la situation sécuritaire, marquée par la recrudescence de la criminalité et des failles dans la coordination des services de sécurité. En amont, Garry Sakata a qualifié la motion de « corrompue », évoquant la présence de signataires non députés, une surcharge de signatures et des soupçons de faux en écriture. Des arguments soutenus par le député Paul-Gaspard Ngondankoy, qui a également invoqué le non-respect des procédures parlementaires. Réagissant à la décision de la plénière, Laddy Yangotikala a refusé de parler d’échec. Devant la presse, il a soutenu que sa démarche n’était pas dirigée contre Jacquemain Shabani, mais visait à alerter sur la situation sécuritaire et sur ce qu’il considère comme une immixtion de l’exécutif dans les pouvoirs législatif et judiciaire. « Je n’ai pas échoué. Je crois qu’à partir de maintenant ils vont commencer à sécuriser la population. Je pense qu’ils ont compris », a-t-il déclaré, estimant que le débat politique avait déjà produit son effet. Quelques heures avant la plénière, l’Union Sacrée de la Nation avait appelé ses députés à rejeter la motion, dans un contexte marqué par l’annonce d’un remaniement gouvernemental imminent par le président Félix Tshisekedi. El.B.

Assemblée nationale: La motion de défiance contre Jacquemain Shabani rejetée sans examen

La motion de défiance visant le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, a été rejetée ce mercredi 29 avril à l’Assemblée nationale, sans examen au fond. La décision est intervenue à la suite de l’adoption d’une motion incidente et préjudicielle déposée par le député national Garry Sakata. Au total, 490 députés ont pris part à cette plénière décisive, convoquée au Palais du Peuple dans un contexte sécuritaire jugé préoccupant. Déposée le 13 avril par le député Laddy Yangotikala, la motion mettait en cause la gestion du secteur sécuritaire par le vice-Premier ministre. Ses initiateurs dénonçaient notamment une recrudescence des actes criminels à Kinshasa et dans plusieurs grandes villes du pays, ainsi que des failles dans la coordination des services de sécurité. Ils évoquaient également une réponse jugée insuffisante face aux préoccupations de la population. Le texte pointait en outre des entraves au fonctionnement des institutions provinciales et locales, ainsi que des accusations d’excès de pouvoir, des griefs fondant le recours à la procédure de défiance prévue par l’article 146 de la Constitution. Cependant, l’examen de fond n’a pas eu lieu. En amont, le député national Garry Sakata a introduit une motion incidente et préjudicielle qui a conduit au rejet pur et simple de la démarche. L’élu de Bagata a qualifié la motion de défiance de « corrompue », évoquant la présence, sur la liste des signataires, de noms de personnes ne siégeant pas à l’Assemblée nationale en qualité de députés. Il a également dénoncé une « surcharge » de signatures ainsi que des cas présumés de faux en écriture. Cette position a été appuyée par le député Paul-Gaspard Ngondankoy, qui a reproché aux initiateurs de la motion le non-respect de la procédure relative à la gradation des moyens de contrôle parlementaire. Selon lui, ces derniers auraient confondu la motion de défiance avec une interpellation, en ne respectant pas les étapes prévues par le règlement intérieur. Ces arguments ont pesé dans l’orientation du vote, la majorité des députés présents ayant choisi de soutenir la motion incidente, scellant ainsi le sort de la motion de défiance avant même son examen. Réagissant à cette issue, le député Laddy Yangotikala a exprimé sa déception. « Le peuple nous observe. De toute façon, j’ai fait ma part », a-t-il déclaré. L’élu a également contesté les arguments avancés par certains collègues ayant remis en cause la qualité de député de plusieurs signataires. « Tous sont députés. J’ai d’ailleurs les vidéos filmées au moment des différentes signatures », a-t-il assuré. Ce rejet sans débat illustre les rapports de force au sein de l’Assemblée nationale et intervient dans un climat politique marqué par des tensions autour de la gestion sécuritaire du pays. À noter que, quelques heures avant l’examen de cette motion, l’Union Sacrée de la Nation (USN) avait appelé ses députés à voter contre. Dans une note interne signée par son secrétaire permanent, André Mbata Mangu, la plateforme présidentielle indiquait que le chef de l’État, Félix Tshisekedi, avait déjà annoncé un remaniement gouvernemental imminent. Elle exhortait ainsi les élus à ne pas « gêner la Haute Autorité Politique », seule habilitée, selon elle, à décider du maintien, de la permutation ou du départ du vice-Premier ministre. La majorité reconnaissait la légitimité de la démarche parlementaire, tout en la jugeant inopportune dans ce contexte. Elle évoquait également l’hypothèse d’un rejet pour irrecevabilité, notamment en cas de désolidarisation de certains signataires, dans un climat politique marqué par l’annonce d’un prochain réaménagement de l’équipe gouvernementale. Eldad B.

Assemblée nationale : les propositions de loi sur les huissiers de justice et le Code pénal déclarées recevables

La séance plénière de l’Assemblée nationale tenue ce mardi 28 avril 2026 au Palais du Peuple, sous la conduite du Président de la Chambre basse du Parlement, l’Honorable Aimé BOJI SANGARA, a été principalement consacrée à l’examen de deux rapports de la Commission Politique, Administrative et Juridique (PAJ). Les députés nationaux ont successivement examiné le rapport relatif à la proposition de loi modifiant et complétant la loi n°16/011 du 15 juillet 2016 portant création et organisation de la profession d’huissier de justice, ainsi que celui portant modification et complément du décret du 30 janvier 1940 portant Code pénal congolais, tel que modifié et complété à ce jour. Après l’adoption de l’ordre du jour, le Président de l’Assemblée nationale a invité la Commission PAJ à présenter les conclusions de ses travaux. Prenant la parole au nom du président de la commission empêché, le rapporteur de la PAJ, l’Honorable Jean-Bosco, a introduit la rapporteure adjointe, l’Honorable Adèle KAYINDA, chargée de la lecture des différents rapports. Concernant la proposition de loi sur la profession d’huissier de justice, l’Honorable Adèle KAYINDA a indiqué que les travaux de la commission ont porté aussi bien sur des amendements de forme que de fond. Elle a précisé que le texte a fait l’objet d’un examen approfondi article par article ainsi que de l’exposé des motifs, avant son adoption par la commission. La proposition de loi sous examen comporte trois articles majeurs. Le premier modifie plusieurs dispositions de la loi en vigueur, notamment les articles 13, 16, 19, 23, 27, 28, 32, 39, 40 et 51. Le deuxième ajoute treize nouveaux articles, parmi lesquels les articles 5 bis, 6 bis, 7 bis, 7 ter, 11 bis, 17 bis, 17 ter, 18 bis, 23 bis, 32 bis, 46 bis, 48 bis et 49 bis. Enfin, le troisième article ajoute les articles 53 et 54 à la loi existante. La commission a également relevé plusieurs insuffisances dans la loi actuelle, notamment l’existence de l’institution du « clerc », dont l’organisation et les attributions ne sont pas clairement définies. En conséquence, les articles 3, 11, 48 et 49 ont été modifiés pour supprimer cette institution, tandis que les articles 9, 10, 12, 17, 33, 41 et 47 ont été supprimés. S’agissant de la proposition de loi portant modification du Code pénal congolais, le rapporteur de circonstance a fait savoir que la commission a procédé à l’examen des articles ainsi qu’à celui de l’exposé des motifs. Les amendements formulés ont porté tant sur la forme que sur le fond. Parmi les principales innovations, l’article 1er de la proposition de loi a été complété par l’insertion de la mention relative au décret du 30 janvier 1940 portant Code pénal congolais. Les articles 5 et 5 bis ont également été revus, notamment par la suppression du concept de « travaux forcés », devenu obsolète. Les peines prévues passent ainsi de huit à sept catégories, à savoir : la peine de mort, l’emprisonnement, l’amende, la confiscation spéciale, l’obligation de s’éloigner de certains lieux ou d’une région déterminée, la résidence imposée et la mise à la disposition de la surveillance du Gouvernement. Les échanges qui ont suivi la présentation des rapports ont donné lieu à un débat particulièrement animé entre les élus nationaux. À l’issue des discussions, la plénière a déclaré recevables les deux rapports et accordé un délai de 48 heures aux députés pour le dépôt des amendements avant l’examen approfondi des textes. (Avec Cellcom A.N)

Afrique du Sud : Le Rapporteur de l’Assemblée nationale, Jacques Djoli, conduit la délégation congolaise à la session élective du Parlement panafricain

Le rapporteur de l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo (RDC), le professeur Jacques Djoli Eseng’ekeli, à la tête d’une importante délégation de parlementaires congolais, prend part activement à la session extraordinaire de la 7ᵉ législature du Parlement panafricain (PAP), marquée par des enjeux électoraux majeurs et l’intégration de nouveaux membres au sein de cette institution législative continentale. Cette session, à caractère essentiellement électif, vise le renouvellement du bureau du PAP, des bureaux des commissions permanentes ainsi que des cinq caucus régionaux, conformément au principe de rotation. Pour l’année 2026, la présidence du bureau revient à l’Afrique du Nord, succédant à l’Afrique australe. Le poste de premier vice-président est attribué à l’Afrique de l’Est, tandis que l’Afrique de l’Ouest occupe celui de deuxième vice-président. L’Afrique centrale hérite du poste de troisième vice-président et l’Afrique australe se contente de celui de quatrième vice-président. La délégation de l’Assemblée nationale de la RDC, composée des députés nationaux, à savoir : Jacques Djoli Eseng’ekeli, Sakata Moke Tawab Garry et Wangoie Mukalay Marie-Thérèse, prend une part active aux consultations en cours et entend également peser de tout son poids lors du second tour des élections relatives aux commissions et caucus, où trois postes sont à pourvoir : président, vice-président et rapporteur. Au-delà du décor électoral, cette première session extraordinaire a également été marquée par un moment solennel : la prestation de serment des nouveaux membres du Parlement panafricain. La cérémonie officielle d’ouverture a été présidée par Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’Union africaine, représentant le président en exercice de l’Union africaine. Au total, 64 nouveaux parlementaires issus de différents pays africains ont prêté serment ce mardi 28 avril 2026, s’engageant à remplir leurs fonctions avec honneur et loyauté. Dans leur serment, ils ont notamment juré de servir le peuple africain, de défendre les textes fondamentaux de l’Union africaine et de promouvoir les principes de bonne gouvernance, de démocratie, de respect des droits humains, ainsi que la paix et la stabilité sur le continent. À l’issue de cette cérémonie, le président de la Commission de l’Union africaine a décrété la poursuite des travaux à huis clos, consacrés notamment à l’organisation du processus électoral, dont les modalités pratiques devraient aboutir aux scrutins fixés au 30 avril prochain. Dans un contexte continental marqué par de multiples défis, cette session de Midrand apparaît comme un tournant décisif pour le Parlement panafricain. Elle offre aux États membres, dont la République démocratique du Congo, l’opportunité de renforcer leur influence et de contribuer activement à la consolidation de la gouvernance africaine. Cellule de communication / Assemblée nationale