Etats-Unis : Paul Alexander, « l’homme dans un poumon d’acier », est décédé

Un Américain surnommé « l’homme dans un poumon d’acier » est mort après avoir utilisé durant sept décennies une machine l’aidant à respirer, ont annoncé mercredi son frère et une page de levée de fonds lui étant dédiée. Paul Alexander, 78 ans, avait contracté la poliomyélite enfant, et était depuis paralysé à partir du cou. Même en devant être très souvent confiné dans cette machine qui enveloppait tout son corps, ne laissant que sa tête apparaître, il avait réussi à obtenir un diplôme de droit et à exercer dans ce domaine. Il a également publié un livre. La raison du décès n’a pas été donnée, mais selon une vidéo publiée récemment sur le compte TikTok officiel de Paul Alexander, celui-ci avait contracté le covid-19. Christopher Ulmer, l’organisateur d’une campagne de levée de fonds qui était notamment destinée à l’aider à payer ses frais de santé, a également confirmé sa mort sur le site GoFundMe. Un poumon d’acier est une chambre utilisant des pompes pour permettre au patient de respirer. Cette invention a aidé à combattre les effets dévastateurs de la polyomélite. Les cas de polio, grave maladie infectieuse contre laquelle il existe aujourd’hui un vaccin, ont énormément diminué dans le monde, mais elle reste présente dans quelques pays, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Paul Alexander détenait le record de temps passé dans cette machine, soit environ 70 ans. ( Avec le Soir)

Côte d’Ivoire: Laurent Gbagbo, candidat aux élections présidentielles de 2025

L’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo sera candidat aux élections présidentielles de 2025. Cette décision a été prise samedi 09 mars par le Parti des peuples Africains pour qu’il défende ses couleurs lors de la présidentielle de 2025 en Côte d’Ivoire. Gracié mais pas amnistié, Laurent Gbagbo a été radié des listes électorales des locales de septembre suite à sa condamnation à 20 ans de prison dans le cadre du procès pour le braquage de la Banque des Etats de l’Afrique de l’Ouest en 2011. Il y a lieu de noter que Laurent Gbagbo a lancé son Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) en 2021 après son acquittement pour crimes contre l’humanité par la Cour pénale internationale (CPI). Eldad B.

Union Africaine : le Soudan exige sa réintégration avant toute médiation

Abdel Fattah Al-Burhan, chef de l’armée soudanaise et président du Conseil souverain de transition du Soudan, a déclaré dimanche que le Soudan avait pleinement confiance en l’Union africaine (UA), et a appelé celle-ci à réintégrer son pays au sein de l’organisation régionale. L’UA avait suspendu le Soudan suite au coup d’Etat du 25 octobre 2021.  A l’occasion de la visite d’une délégation de haut niveau de l’UA à Port-Soudan, le chef militaire soudanais a déclaré que le Soudan ne prendrait en considération la proposition de l’Union africaine de mettre fin au conflit que si le bloc continental rétablissait son statut de membre à part entière. Constituée de trois membres, cette délégation a été créé par la Commission de l’UA en janvier pour faciliter le dialogue, rétablir l’ordre constitutionnel et travailler en collaboration avec les parties prenantes soudanaises et la communauté internationale, en vue d’une paix durable. Mohamed Ibn Chambas, le chef de cette délégation de l’UA, a déclaré que le groupe de haut niveau de l’UA était désireux de trouver des solutions à la crise, et avait écouté toutes les forces politiques en présence au Soudan. M. Al-Burhan a souligné que toute solution devait être basée sur un retrait des Forces de soutien rapide (FSR, paramilitaires) des villes et villages qu’elles occupent. (Avec AFP)

A l’UA, Kagame appelle Tshisekedi à répondre aux doléances des « Tutsi congolais. »

C’est en défenseur des « Rwandophones, Tutsi congolais » que le président rwandais, Paul Kagame, s’est présenté vendredi au mini-sommet d’Addis-Abeba sur la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC. Favorable à un dialogue avec Kinshasa qui l’accuse de soutenir militairement les terroristes du M23, mouvement majoritairement Tusti, l’homme fort de Kigali a appelé son homologue congolais Félix Tshisekedi à répondre aux doléances de cette communauté pour instaurer une paix durable. Le mini-sommet d’Addis-Abeba a réuni quatre chefs d’Etat; Félix Tshisekedi de la RDC, Paul Kagame du Rwanda, Cyril Ramaphosa de l’Afrique du Sud, João Lourenço de l’Angola, et le président de la commission de l’Union africaine, Moussa Faki. Cette réunion a été dirigée par l’Angolais Lourenço en sa qualité de champion pour la paix et la réconciliation en Afrique. Son objectif était d’établir un nouveau cessez-le-feu dans l’Est de la RDC où l’armée rwandaise et la coalition M23-RDF se livrent à d’intenses combats. Pour résoudre définitivement cette crise, Paul Kagame a affirmé qu’il faut « s’attaquer aux causes profondes de l’insécurité persistante dans l’Est de la RDC, notamment la mauvaise gouvernance, la discrimination ethnique (des Tusti) et la violence ». Cette position de Kagame a été réaffirmée dans la lettre que son gouvernement a transmis au Conseil de sécurité de l’ONU, indiquant que « ces violences sont particulièrement dirigées contre les Tutsi congolais, notamment les Banyamulenge au Sud-Kivu et les Hema en Ituri, sur la base de leur appartenance ethnique et de leur allégeance perçue aux pays voisins ». Kigali estime que le « seul objectif » de l’armée congolaise est de « déraciner les Tutsi congolais de l’est de la RDC ». Selon les autorités rwandaises, l’insécurité persiste donc dans l’Est de la RDC à cause du « refus du gouvernement de la RDC de s’attaquer les véritables doléances des Rwandophones congolais, notamment Tutsis, et le refus de rapatrier les centaines de milliers de réfugiés congolais vivant dans la région ». « Ils ont juré de nettoyer l’Est de la RDC des Tutsis congolais, qu’ils considèrent comme des Rwandais, et ils sont impliqués dans d’horribles scènes de meurtres ethniques qui rappellent les événements qui ont précédé le génocide de 1994 contre les Tutsis au Rwanda », dénonce l’administration Kagame, rappelant que l’hypermilitarisation de cette partie du territoire congolais avec la présence de forces à motivation ethnique, tant étatiques que non étatiques, constitue une préoccupation majeure pour le Rwanda. Dans son intervention au mini-sommet d’Addis-Abeba, Félix Tshisekedi a déconstruit « ces mensonges », faisant remarquer à son homologue rwandais qu’il « ne peut pas prétendre devenir protecteur d’une communauté d’un pays voisin ». La position du président congolais est catégorique : « on ne va jamais négocier avec le M23 » utilisé par le Rwanda « pour piller » les ressources minières de la RDC. ( via mediacongo.net)

Insécurité dans les Grands Lacs : Le Rwanda accuse la Rdc de vouloir renverser son pouvoir et dit prendre toutes mesures légitimes pour défendre son pays (Document)

Le Rwanda est très préoccupé réagi à cause des allégations de la République Démocratique du Congo Kinshasa concernant une possible menace de renversement du pouvoir à Kigali. Dans un communiqué officiel publié le 18 février 2024, le pays de Paul Kagame a officiellement déclaré prendre au sérieux ces accusations, raison du renforcement de sa sécurité renforcé en sécurisant son espace aérien, notamment après l’acquisition de drones CH4 par les Forces Armées de la République Démocratique du Congo Dans le le même document, le pays aux milles collines a également exprimé sa vive préoccupation face à la déclaration publiée par les États-Unis le 17 février 2024. Une déclaration, selon les dirigeants rwandais déformerait fondamentalement les réalités et irait à l’encontre du processus de renforcement de la confiance initié par le directeur du renseignement national des États-Unis en novembre 2023. C’est ainsi que le gouvernement rwandais voudrait avoir des éclaircissements de l’administration Biden pour déterminer s’il s’agit d’un changement brusque de politique ou simplement d’un manque de coordination interne. Toujours dans son communiqué officiel, le Rwanda appelle à une résolution pacifique de la question M23 entre Congolais. Kigali dit soutenir pleinement les efforts de médiation entrepris par les dirigeants régionaux, notamment le Président João Lourenço de l’Angola. Le Rwanda réaffirme son attachement à la diplomatie et à la résolution pacifique des conflits, une contribution de sa part visant la création d’un environnement propice à la coopération et au développement dans la région des Grands Lacs africains. Ci-dessous l’intégralité du document ! Ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale de la République du Rwanda Le Rwanda clarifie sa posture sécuritaire Kigali, 18 février 2024 Le Rwanda est profondément préoccupé par l’abandon des processus de Luanda et de Nairobi par le gouvernement de la République démocratique du Congo et par l’indifférence de la communauté internationale à l’égard du renforcement militaire spectaculaire de la RDC. La RDC a lancé des opérations de combat massives au Nord-Kivu, en violation des décisions des mécanismes régionaux, et vise clairement à expulser les civils du M23 et des Tutsis congolais vers les pays voisins, en travaillant de concert avec les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Milice ethnique rwandaise directement liée au génocide contre les Tutsi au Rwanda en 1994. Les récentes avancées du M23 sont dues à la décision de la RDC d’expulser la Force régionale de la Communauté d’Afrique de l’Est en décembre 2023, qui a supervisé les efforts de cessez-le-feu et de retrait. La protection des droits et de la vie des Tutsis congolais relève de la responsabilité de la République démocratique du Congo. Cet échec constant a exposé l’ensemble de la région des Grands Lacs à trente ans de conflit et d’instabilité. Des centaines de milliers de Tutsi congolais vivent depuis des décennies comme réfugiés en Afrique de l’Est, pour l’essentiel oubliés. Les discours de haine et le tribalisme grossier sont devenus la monnaie de la politique congolaise sous l’administration du président Félix Tshisekedi, et la discrimination ethnique ainsi que les arrestations et assassinats ciblés sont devenus monnaie courante. Les FDLR sont pleinement intégrées aux Forces armées congolaises (FARDC), comme l’a documenté à plusieurs reprises le Groupe d’experts des Nations Unies. Pris ensemble, ces faits représentent une menace sérieuse pour la sécurité nationale du Rwanda. En raison de ce risque croissant, la position du Rwanda est que la question du M23 doit être résolue politiquement entre Congolais. Il ne sera pas acceptable que le problème soit à nouveau externalisé au Rwanda, par la force. Les dirigeants politiques et militaires congolais, y compris le président Félix Tshisekedi, ont également déclaré à plusieurs reprises leur intention d’envahir le Rwanda et de changer son gouvernement par la force. Le Rwanda les prend au mot et a ajusté sa position en conséquence. Cela comprend des mesures visant à assurer une défense aérienne complète du territoire rwandais et à dégrader les capacités aériennes offensives, suite à l’introduction de drones d’attaque chinois CH-4 avancés par la RDC en 2023 et aux violations répétées de l’espace aérien rwandais par des avions de combat congolais. La déclaration publiée par les États-Unis. Le 17 février 2024, le Département d’État déforme fondamentalement ces réalités et se trouve en contradiction troublante avec le fond et le ton du processus de renforcement de la confiance lancé par le directeur du renseignement national des États-Unis en novembre 2023, qui a créé un cadre productif pour la désescalade. Le Rwanda demandera des éclaircissements aux États-Unis. gouvernement de vérifier si sa déclaration représente un changement brusque de politique ou simplement un manque de coordination interne. C’est le Département d’État américain qui, en décembre 2001, a ajouté les FDLR, alors connus sous le nom d’ALIR, à ka. Interahamwe, ex-FAR inscrits sur la liste d’exclusion des terroristes en vertu des dispositions du Patriot Act, après que le groupe a assassiné et, dans certains cas, violé, huit touristes occidentaux à Bwindi, en Ouganda, dont deux Américains. Caractériser ce groupe génocidaire et terroriste simplement comme un « groupe armé qualifié de « force négative » par les instances régionales et le gouvernement de la RDC » est un acte de realpolitik choquant et cynique, qui remet en question la capacité des États-Unis à servir de médiateur crédible dans la région des Grands Lacs. Le soutien de la RDC aux FDLR est une question de politique d’État et non de choix d’acteurs individuels. Mettre fin au soutien de l’État congolais aux FDLR et assurer leur démobilisation et leur rapatriement au Rwanda est une condition non négociable pour protéger l’intégrité territoriale du Rwanda et garantir la préservation de notre unité nationale durement acquise pour les générations futures. En conséquence, le Rwanda se réserve le droit de prendre toutes mesures légitimes pour défendre notre pays, aussi longtemps que cette menace existe. Le Rwanda apprécie et soutient pleinement les efforts de médiation inlassables des dirigeants régionaux, notamment le Président João Lourenço de l’Angola. Le Rwanda est déterminé à prendre des mesures extraordinaires pour assurer la sécurité et la stabilité dans notre région en s’attaquant

Royaume Uni :Le roi Charles III adresse ses remerciements pour le soutien reçu depuis l’annonce de son cancer.

Moins de 18 mois après avoir accédé au trône, le souverain a débuté lundi dernier son traitement contre une forme de cancer dont la nature n’a pas été précisée. C’est la première fois que le roi Charles III s’exprime depuis le diagnostic de son cancer. « Je souhaiterais exprimer mes plus sincères remerciements pour les nombreux messages de soutien et les bons vœux que j’ai reçus ces derniers jours », a écrit le roi des Britanniques dans un communiqué publié sur le site internet et le compte X (ex-Twitter) de la famille royale. « Comme le savent tous ceux touchés par un cancer, des pensées bienveillantes comme celles-ci constituent les plus grands des réconforts et des encouragements », a ajouté le souverain de 75 ans. Heureux d’aider « la sensibilisation du public »« Il est également réconfortant d’entendre dans quelle mesure le fait d’avoir partagé mon diagnostic a aidé à favoriser la sensibilisation du grand public et à mettre en lumière le travail de toutes ces organisations qui soutiennent les patients atteints de cancer et leurs familles à travers le Royaume-Uni et le reste du monde », a-t-il écrit. « Mon admiration de toujours pour leur soin et leur dévouement inlassables est d’autant plus grande que j’en fais personnellement l’expérience », ajoute le monarque dans son message, signé « Charles R. ». Moins de 18 mois après avoir accédé au trône, le souverain a débuté lundi son traitement contre une forme de cancer qui n’a pas été précisée. S’il va poursuivre certaines de ses fonctions administratives, il va s’absenter de la vie publique pour une durée indéterminée. Via (Franctv.info)

Report de la Présidentielle au Sénégal: Manifestants dispersés et internet mobile coupé à Dakar

L’accès aux données mobiles internet était coupé ce lundi 5 février à Dakar, sur fond de crise politique déclenchée par le report annoncé de la présidentielle du 25 février. De nombreux usagers se sont plaints de ne plus avoir accès aux données mobiles sur leur téléphone portable depuis la matinée. L’opposition a appelé à manifester à cette occasion. La décision annoncée le 3 février par le président Macky Sall de reporter la présidentielle, une première depuis l’indépendance, a provoqué une levée de boucliers et de premières manifestations réprimées dès le 4 février. Le Syndicat des travailleurs de Sonatel, le grand opérateur de téléphonie du Sénégal, avait anticipé une possible coupure dimanche en disant dans un communiqué « désapprouver toute idée de l’État du Sénégal qui (irait) dans le sens de couper ou de restreindre internet ». Le gouvernement avait suspendu l’internet des données mobiles en juin 2023 dans un contexte de vives tensions. (Avec AFP)

Namibie: mort du président Hage Geingob

Le président de Namibie, Hage Geingob, est mort ce 4 février au matin à l’âge de 82 ans. La présidence a annoncé sa mort aux petites heures du matin, dans l’hôpital où il était soigné pour un cancer qui n’avait été découvert qu’en janvier 2024. Troisième président de Namibie, Hage Geingob était une figure de l’indépendance du pays, et un fervent opposant au régime d’apartheid. « C’est avec la plus grande tristesse et regret que je vous informe que notre bien-aimé docteur Hage G. Geingob, le président de la République de Namibie, est décédé aujourd’hui », est-il écrit dans une déclaration publiée sur le réseau social X (anciennement Twitter), signée par le nouveau chef de l’État par intérim, Nangolo Mbumba, jusqu’alors vice-président Militant acharné Né en 1941 au nord du pays, Hage Geingob est, dès son plus jeune âge un militant anti-apartheid, à une époque où l’Afrique du Sud gouverne le territoire namibien, écrit notre correspondante à Johannesburg, Joséphine Kloeckner. Puis c’est l’exil, vingt-sept ans hors de sa terre natale, d’abord au Botswana voisin, puis aux États-Unis, où il continue de militer pour l’indépendance de la Namibie. Il est le représentant sur le continent américain et aux Nations-Unies du mouvement de libération Swapo, aujourd’hui le parti au pouvoir. C’est en 1989, à 48 ans, qu’il revient enfin en Namibie, à la veille de l’indépendance. Il en deviendra le premier Premier ministre, un poste qu’il occupera pendant quinze ans. En 2014, il est élu président, plébiscité par les électeurs. Malgré un premier mandat entaché par une récession et des allégations de corruption, il est réélu en 2019. Cette-année-là, des documents rendus publics par WikiLeaks avaient laissé notamment entendre que des responsables gouvernementaux avaient reçu des pots-de-vin d’une entreprise islandaise qui souhaitait s’assurer l’accès aux ressources halieutiques de la Namibie. L’année 2024 devait être sa dernière à la tête de l’État. « La grande perte d’un leader visionnaire »Le président Geingob « était un vétéran de la libération de la Namibie du colonialisme et de l’apartheid. Il a également eu une grande influence dans la solidarité manifestée par le peuple namibien envers le peuple sud-africain afin que nous puissions être libres aujourd’hui », a avancé le président sud-africain Cyril Ramaphosa. Pour sa part, le président kényan William Ruto a salué sur X la mémoire d’un président qui « croyait en une Afrique unifiée et défendait fortement la voix et la visibilité du continent sur la scène mondiale ». La présidente tanzanienne Samia Suluhu a rendu hommage à « un frère cher, un vénérable panafricaniste », tandis que le président somalien Hassan Sheikh Mohamud évoquait « une voix respectée sur le continent africain », et celui du Burundi, Evariste Ndayishimiye, « la grande perte d’un leader visionnaire ». (Avec AFP)

Gabon: les officiers supérieurs pourront désormais avoir plusieurs femmes dans leurs quartiers

Au Gabon, un projet d’ordonnance adopté en Conseil des ministres autorise les officiers supérieurs et les généraux de l’armée de devenir polygames s’ils le souhaitent. Ce cadeau des autorités de la transition aux militaires ne fait pas l’unanimité. D’aucuns accusent les militaires de machisme. D’autres, en revanche, applaudissent.  Olivier Emvo Ebang a créé l’association « Oligui doit rester ». Il soutient le président de la transition et cette décision en faveur des officiers supérieurs. « Pour nous, c’est une avancée significative », dit-il.  La nouvelle loi n’est pas totalement mauvaise, mais elle est discriminatoire, déplore l’ancienne procureure de la République, Sidonie Flore Ouwé, également présidente de l’ONG féministe « Salon de la femme ». « Que cela soit démocratisé ! Que tous les militaires aient la possibilité d’épouser plusieurs femmes pour ne pas verser dans une forme de discrimination. » À Libreville, cette ordonnance est également diversement interprétée. « C’est une très mauvaise décision, il [le président de la transition Oligui Nguema, NDLR] ne peut pas prendre cette décision sans poser la question à la base, parce qu’il a dit, en venant avec la transition, qu’il s’occuperait d’abord de la base avant de s’occuper de lui-même », glisse un homme. « Officiellement, ils sont monogames, mais dans la vie courante, ils ont plusieurs femmes. Je crois que c’est le moment d’officialiser le statut de ces femmes qui sont dans les coulisses », réagit une femme. « Un officier ne doit avoir qu’une femme pour partager ses informations très sensibles. Deux femmes, on ne sait pas d’où la fuite viendra. C’est dans ce sens que ce n’est pas une bonne chose », estime un autre homme. Le Code de la famille gabonaise autorise un homme à épouser jusqu’à cinq femmes. Jusqu’à aujourd’hui, les militaires ne disposaient pas de ce droit. RFI

Présidentielle aux Comores: heurts dans la capitale, l’opposition réclame l’annulation du vote

Des heurts entre protestataires et forces de l’ordre se sont multipliés mercredi dans la capitale comorienne, au lendemain de l’annonce de la victoire au premier tour du sortant Azali Assoumani à la présidentielle, émaillée de « fraudes » selon l’opposition, qui réclame l’annulation du scrutin. Dans les rues de Moroni, des barrages de fortune faits de bouts de bitume, de pierres et d’appareils électroménagers ont été dressés sur la chaussée. De nombreux commerces ont fermé. Plusieurs carcasses de voitures calcinées sur les bas-côtés et des restes de pneus brûlés donnaient à la capitale des allures de ville en proie à une guérilla urbaine. Plusieurs bâtiments ont été incendiés, dont la maison du ministre des Transports Bianrifi Tarmidhi, ont constaté des journalistes de l’AFP. Le centre de la capitale, qui compte quelque 100.000 habitants, a été bouclé par les forces de l’ordre. Police, gendarmerie et armée sont déployés en nombre depuis le début de la matinée. La route menant au principal aéroport de l’archipel de l’océan Indien, composé des îles Grande-Comore, Anjouan et Mohéli, est bloquée. Les vols intérieurs sont suspendus « pour mauvais temps », selon Air Comores. Dans les ruelles du quartier populaire de la Coulée (nord), des groupes de jeunes ont lancé des pierres en direction des forces de l’ordre, qui ont répliqué systématiquement par des jets de gaz lacrymogène. Dans l’après-midi, des détonations de tirs de gaz ont continué à retentir régulièrement dans plusieurs quartiers. « Tout le monde est parti. Je pars aussi, j’ai été aspergée de gaz », dit à l’AFP Amina, vendeuse du grand marché de Volo-Volo. L’endroit – habituellement animé – est désert, les étals vides. Dans certaines écoles, élèves et personnels sont restés cloîtrés. Selon un témoin, un dépôt de riz, aliment de base dans l’archipel, a été vandalisé et pillé. Le porte-parole du gouvernement a dénoncé auprès de l’AFP des « troubles publics ». La contestation est souvent rapidement étouffée dans ce pays tenu d’une main de fer. « C’est organisé par ceux qui n’avalent pas la défaite », a affirmé Houmed Msaidie, évoquant des arrestations sans donner de chiffre. La veille, il avait mis en garde: « Ils ont été vaincus (…) Qu’ils ne tentent pas d’être en colère, nous ne laisserons pas faire ». « Grossière fraude » L’opposition, qui avait appelé « le peuple comorien » à « faire respecter la volonté et le choix électoral du peuple », a réclamé mercredi l’ »annulation » des élections de dimanche. Quelque 340.000 électeurs étaient appelés à se rendre aux urnes pour élire leur président et les gouverneurs des trois îles du pays. Le scrutin présidentiel a enregistré une participation exceptionnellement faible de 16,30%, selon la commission électorale (Ceni), contrastant avec une première estimation publiée dimanche soir à plus de 60%. « Incontestablement, ces scrutins (…) ne sont pas valides. Nous les dénonçons et demandons leur annulation pure et simple », ont déclaré dans un communiqué commun les cinq candidats rivaux d’Azali. Selon eux, les chiffres officiels de participation montrent qu’environ 2/3 des votants se sont prononcés pour élire leurs gouverneurs mais pas pour choisir leur président, ce qui « porte un sérieux coup à la véracité des différentes proclamations de résultats ». Quelque 189.497 votants ont voté pour leurs gouverneurs, mais seulement 55.258 au scrutin présidentiel, selon les chiffres officiels: un tel écart de participation est « impossible », estime l’opposition, et « une grossière fraude est ainsi établie ». L’opposition avait par ailleurs affirmé, dès dimanche, avoir constaté de nombreuses irrégularités pendant le vote et notamment des « bourrages d’urnes ». Selon plusieurs opposants candidats, « des militaires ont interrompu le vote » en s’emparant des urnes dans plusieurs localités favorables aux adversaires du président sortant. Azali Assoumani, ancien militaire putschiste de 65 ans, a remporté 62,97% des voix, selon les résultats provisoires. Il doit ainsi rempiler pour un troisième mandat consécutif qui devrait le maintenir au pouvoir jusqu’en 2029. Les résultats du scrutin doivent encore être validés par la Cour suprême, plus haute juridiction du pays de 870.000 habitants, dont 45% vivent sous le seuil de pauvreté. AFP