Sommet de la CIRGL : « Le prétendu retrait de l’AFC/M23 d’Uvira ne correspond ni aux faits ni aux observations recueillies sur le terrain » (Félix Tshisekedi)

Le Chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi , a pris part, le dimanche 21 décembre, par visioconférence, au sommet ad hoc des Chefs d’État et de Gouvernement du Mécanisme régional de suivi de l’Accord-cadre de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) consacré à la situation sécuritaire préoccupante dans l’Est de la RDC. Dans son allocution, le Chef de l’État congolais a fermement contesté les annonces faisant état du retrait des rebelles de l’AFC/M23 de la ville d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu. Pour Tshisekedi, ce retrait proclamé ne correspond ni à la réalité du terrain ni aux informations recueillies par les services compétents. « Le prétendu retrait de l’AFC/M23 d’Uvira ne correspond ni aux faits ni aux observations recueillies sur le terrain. Nos informations établissent que des éléments armés demeurent présents dans la ville et ses environs immédiats, que des positions stratégiques restent occupées et que la population continue d’être exposée à des exactions », a-t-il déclaré. Par ailleurs, le Président congolais a insisté sur le fait qu’un retrait annoncé, mais non effectif, non vérifié et non suivi du rétablissement de l’autorité des Forces armées de la RDC (FARDC), ne saurait être considéré comme un véritable désengagement. Il estime que la crédibilité de tout processus de paix repose avant tout sur des actes concrets et vérifiables, et non sur des déclarations de circonstance. Dans un ton ferme, Félix Tshisekedi a également réitéré la position constante de la RDC concernant la présence des forces étrangères sur son territoire. « Ce que nous attendons, ce n’est ni un redéploiement ni un déplacement tactique, mais le retrait effectif, complet et sans équivoque des troupes rwandaises de l’ensemble du territoire de la République démocratique du Congo, conformément aux engagements pris et aux résolutions en vigueur », a-t-il martelé. Il y a lieu de signaler que ce sommet a connu la participation des États membres de la CIRGL, de l’Union africaine (UA), de l’Union européenne (UE), des États-Unis d’Amérique, des Nations Unies, des organes de la CIRGL ainsi que de plusieurs États invités. Les échanges ont porté sur les voies et moyens de restaurer durablement la paix et la sécurité dans l’Est de la RDC, en proie à l’activisme de groupes armés. Eldad Bwetu
Service public en RDC : le professeur Jacques Djoli soutient la volonté du Chef de l’Etat Félix Tshisekedi de recentrer la réforme sur la vocation fondamentale de la fonction publique

Le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a officiellement ouvert, ce mardi 16 décembre 2025, au Centre culturel et artistique pour les pays d’Afrique centrale, à Kinshasa, la première édition des conférences annuelles du service public. Plusieurs personnalités politiques, administratives et scientifiques ont pris part à la cérémonie d’ouverture de ces assises, dont le professeur Jacques Djoli Eseng’ekeli. Dans son discours, le Président de la République a indiqué que les Congolaises et Congolais doivent faire de l’administration un partenaire économique privilégié et non un obstacle. « L’heure de l’impunité administrative doit appartenir au passé. Aucune réforme sérieuse ne peut se limiter aux carrières et aux avantages des agents, aussi légitime soit-elle », a déclaré le Chef de l’État. Plusieurs thèmes ont été développés lors de cette rencontre par les différents panélistes. Parmi les premiers intervenants figure le professeur Jacques Djoli Eseng’ekeli, qui a axé son intervention sur le sous-thème : « Gouverner autrement : la réforme administrative comme levier de transformation ». Dans son exposé, le constitutionnaliste soutient que, pour parvenir à gouverner autrement, il faut susciter l’engagement en faveur d’actions réformatrices courageuses susceptibles de garantir une gouvernance efficace. « Le ministre de la Fonction publique se voit donc investi d’une mission fondatrice et civilisationnelle pour moderniser l’appareil de l’État, l’administration. C’est donc la réforme de l’appareil de l’État, où se trouve l’épicentre, l’outil de la transformation sociétale », a fait savoir le professeur Jacques Djoli. Pour le citoyen, explique le professeur Jacques Djoli, l’État, c’est avant tout cette machinerie, ce service public à travers l’action duquel on peut dire si nous avons un État protecteur ou non.« La réforme de l’État découle de la forme que prend le service public. Nous avons connu des réformes depuis 1960. Mais, à ce jour, quel est l’état des lieux de ces réformes ? », s’est interrogé le constitutionnaliste. Pour répondre à cette question, le panéliste Jacques Djoli a commencé par dresser un tableau chronologique des réformes de l’administration publique depuis la période coloniale jusqu’à nos jours. « En 1960, la RDC a connu sa première réforme postcoloniale. En 1963, les agents étaient régis par un nouveau statut de l’administration publique. En 1965, avec la Constitution de 1964, il y a eu un nouveau décret-loi portant statut du personnel administratif. En 1981, il y a eu une transformation d’appellation : au lieu du ministère de la Fonction publique, il était question de la Commission permanente de l’administration publique. En 1995, il y a eu des réflexions. De 2002 à 2003, il y a eu des réformes », a indiqué Jacques Djoli. Pour le professeur Jacques Djoli, même si l’on parlait de modernisation durant la période des réformes, « la vraie modernisation est une révolution qui doit être menée à l’origine de nos services publics, avec des questionnements sur la manière d’attirer et d’obtenir l’appui des citoyens, qui ne peuvent soutenir des réformes que si celles-ci produisent un service public réel, de qualité, impartial, neutre, apolitique et efficace. Mais lorsque vous avez une administration politisée et pléthorique, où l’essentiel est d’obtenir un matricule… Comparativement à la fonction publique coloniale, qui ne comptait que 20 000 agents, aujourd’hui la fonction publique en compte environ 1 400 000. » Pour autant, loin de baisser les bras, le constitutionnaliste estime qu’un service public plaçant l’intérêt général au centre de toutes les actions est possible, à condition d’engager des réformes rigoureuses et courageuses. « Pour atteindre l’objectif assigné à cette première édition de la conférence annuelle, il y a l’impératif d’une réforme, d’une modernisation et d’une digitalisation, en appliquant des actions axiologiques qui intériorisent la notion de service public comme fondamentale : donner accès à l’eau, à l’électricité, au logement, à l’éducation, à la gratuité de l’enseignement et à la couverture médicale. Il s’agit donc d’un service qui place l’intérêt général avant toute chose, dans l’optique de restaurer l’autorité de l’État, qui passe de la puissance publique au service public organique », a suggéré le panéliste Jacques Djoli Eseng’ekeli. Poursuivant son propos, le professeur Jacques Djoli a souligné que la dynamique des réformes doit conduire à une déstructuration des mentalités actuelles, marquées par une administration publique “poubelle” qui accueille des nouvelles unités (NU), pour aller vers une administration publique restructurée, fondée sur une culture de redevabilité et de transparence. L’objectif est de résoudre le dilemme du changement de paradigme, en passant de cultures prédatrices à une administration au service de la prospérité, qui ne met pas en difficulté les investisseurs. « Il y a des préalables pour y parvenir, dont le plus important est le changement de mentalité, appuyé par une formation en ressources humaines », a-t-il confié. Et d’ajouter : « L’adhésion et l’appui viendront de l’efficacité, de la présence et de l’effectivité des actions de nos politiques publiques et de nos services sur l’ensemble du territoire. » Pour conclure, le professeur Jacques Djoli Eseng’ekeli a invité tous les participants à revenir à la fondamentalité du service public dans l’action publique, évoquant le modèle de l’École nationale d’administration de France, rebaptisée Institut national du service public, afin de mieux répondre aux exigences fondamentales des services publics. Avec Cellcom Ass. Nat.
Dégradation de la situation sécuritaire en RDC: Le VPM Jacquemain Shabani auditionné par la Commission Défense et Sécurité de l’Assemblée nationale

Le Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Jacquemin Shabani Lukoo a été auditionné, le mardi 16 Décembre, par les députés nationaux membres de la Commission Défense et Sécurité de l’Assemblée nationale. Conformément à l’article 43 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, la séance s’est déroulée à huis clos dans la salle des Congrès, sous la conduite de la Commission présidée par le député national Mikindo. Au cœur de cette audition à huis clos figuraient les préoccupations liées à la dégradation de la situation sécuritaire sur l’ensemble du territoire national. Les échanges, jugés techniques et complexes par les élus, ont conduit le VPM de l’Intérieur à solliciter un délai afin de revenir devant la commission avec des réponses plus détaillées. Avant cette étape, la Commission Défense et Sécurité avait auditionné, le 13 décembre dernier, le Vice-Premier ministre de la Défense, Guy Kabongo Mwadiamvita. Cette rencontre avait porté sur l’évaluation globale de la situation sécuritaire du pays, avec un accent particulier sur l’Est de la République, notamment après la chute de la ville d’Uvira. Il y a lieu de noter que la Commission Défense et Sécurité a annoncé la poursuite de ces auditions tout au long de la semaine, dans le cadre de son contrôle parlementaire. Eldad B.
Enlèvement du Secrétaire permanent du PPRD: La femme d’Emmanuel Shadary livre un témoignage émouvant, le PPRD dénonce un acharnement !

Choquant et inhumain, tel aura été le témoignage de Wivine Paipo Ngweli, épouse d’Emmanuel Ramazani Shadary, donnant les détails sur l’enlèvement nocturne de son mari par des éléments supposés appartenir à la Garde républicaine. Dans un message audio diffusé en lingala et devenu viral sur les réseaux sociaux, l’épouse de la victime relate les faits, les décrivant comme une intervention musclée et inattendue au domicile familial. Selon elle, plus de quarante éléments des forces de sécurité, dont une dizaine portant des gilets pare-balles, auraient forcé la porte avant de faire irruption dans sa chambre à coucher, fouillant son bureau et emportant des téléphones portables. Enfin, ils seraient repartis avec l’intéressé à bord de jeeps, vers une destination inconnue de sa famille et de ses proches. De son côté, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), par la voix de son secrétaire permanent adjoint, dénonce l’enlèvement de son secrétaire permanent, Emmanuel Ramazani Shadary, par des hommes en uniforme. Les faits se seraient produits tôt dans la matinée du mardi 15 décembre 2025, aux environs de 4 heures. L’ancien candidat à l’élection présidentielle de 2018 aurait été conduit vers une destination jusqu’ici inconnue. Un acte que le parti qualifie d’acharnement contre les hommes politiques de l’opposition et pour lequel il exige la libération immédiate de Ramazani Shadary ainsi que celle d’autres membres du parti se trouvant dans la même situation. Selon Ferdinand Kambere, cet événement intervient au lendemain d’autres actes survenus au domicile principal de l’ancien président de la République, Joseph Kabila, président national du parti. Le secrétaire permanent adjoint du PPRD déplore amèrement que ces faits se produisent à un moment où l’opposition politique attend du pouvoir en place un climat d’apaisement et de sérénité, afin que tous les Congolais aient une lecture commune de la crise qui frappe actuellement le pays. Convoqué autrefois par la justice congolaise, le fils du Maniema s’était vu interdire de quitter le territoire national, accusé d’être en intelligence avec la rébellion du M23. Son interpellation intervient dans un contexte politique particulièrement tendu entre le pouvoir en place et l’ancien président de la République, récemment condamné à mort pour trahison. Un jugement prononcé en l’absence de l’ex-sénateur à vie et que Shadary avait condamné sans réserve, estimant qu’il s’agissait d’une manœuvre visant à détourner l’attention de l’opinion publique des véritables problèmes auxquels le pays est confronté, notamment dans sa partie Est. Shadary avait également critiqué les accords de Washington et de Doha, qu’il avait qualifiés de revers diplomatiques. Au moment où nous mettions cet article sous presse, La Référence Plus n’avait pas encore recueilli de réactions des autorités judiciaires ni des services de sécurité du pays concernant cette arrestation du secrétaire permanent du PPRD. Le motif réel de cette interpellation n’était pas encore connu du grand public. Philippe Dephill Lipo
Armée des « clochards » : Félix Tshisekedi revient sur ses propos

« Lorsque je dénonce parfois, avec des mots durs, l’indignité des conditions de vie dans lesquelles tant de nos compatriotes ont été contraints durant des années, ce n’est jamais pour les mépriser, et certainement pas nos vaillantes forces de défense et de sécurité, mais pour placer l’État face à ses responsabilités et rappeler l’urgence de leur rendre, en actes, la dignité qui leur est due », a déclaré mardi le président congolais, au lancement de la première édition des conférences annuelles des services publics de la République démocratique du Congo, qui a eu lieu mardi 16 décembre 2025 au Centre culturel de l’Afrique, à Kinshasa. Ses propos polémiques sur l’armée, tenus lors de la rencontre avec la jeunesse, continuent d’être diversement interprétés dans un contexte sécuritaire crucial, marqué par l’agression rwandaise à l’Est du pays. Ses détracteurs en dénaturent complètement le sens de l’expression française employée par le chef de l’État pour lui faire porter tous les péchés d’Israël. Devant la jeunesse réunie dans la salle du gymnase du stade Tata Raphaël, dans la commune de Kalamu à Kinshasa, Félix-Antoine Tshisekedi avait affirmé : « J’ai trouvé une armée… pardonnez-moi l’expression… des clochards. » Et de souligner : « J’avais une admiration sans faille pour nos militaires, en particulier les militaires du rang, car ces hommes étaient envoyés au combat sans rations, sans solde, sans munitions, sans encadrement, et on leur demandait pourtant de faire des miracles. Et il leur est arrivé, malgré tout, d’en accomplir. » « Voilà pourquoi, dès mon arrivée, je me suis attaqué en priorité à leur situation sociale. J’ai cherché à améliorer autant que possible leurs conditions de vie, et je sais qu’il reste encore beaucoup à faire dans ce domaine, en mettant à l’abri, dans la mesure du possible, leurs enfants, leurs épouses, bref, leurs familles. L’objectif était clair : leur permettre de se consacrer pleinement à leur mission essentielle, celle de la défense de la patrie. » Philippe Dephill Lipo
Clôture de la session de septembre 2025: L’Assemblée nationale dénonce l’agression rwandaise et appelle à l’unité nationale

La session ordinaire de septembre 2025 de l’Assemblée nationale de la RDC s’est clôturée dans un climat particulièrement marqué par la persistance de la crise sécuritaire dans la partie Est du pays, sur fond d’agression attribuée au Rwanda et à ses supplétifs du mouvement terroriste AFC/M23. Dans son discours de clôture, le Président de l’Assemblée nationale, l’honorable Aimé Boji a rappelé que cette session n’a pas été une session ordinaire comme les autres. Ouverte dans un contexte institutionnel difficile, elle a été notamment marquée par la démission de deux membres du Bureau de la Chambre basse, une situation inédite ayant suscité interrogations, débats et inquiétudes quant au bon fonctionnement de l’institution. Les tractations qui s’en sont suivi, menées dans un esprit de responsabilité et de respect des équilibres politiques, ont exigé de chacun de nous retenue, dialogue et sens élevé de l’intérêt général. « Je tiens ici à saluer la maturité politique dont ont fait preuve les groupes parlementaires et l’ensemble des Honorables Députés, qui ont permis le remplacement de ces membres du Bureau dans la sérénité, la légalité et latransparence. Ce moment difficile a, en définitive, renforcé notre attachement aux valeurs démocratiques et à la stabilité institutionnelle. Je souhaite, du fond du cœur, adresser mes plus sincères félicitations et ma profonde gratitude à chacune et chacun d’entre vous, mesdames et messieurs les Députés nationaux », a déclaré Aimé Boji, le lundi 15 Décembre. Sur le plan sécuritaire, le Président de l’Assemblée nationale a vivement condamné la détérioration continue de la situation dans l’Est de la RDC, malgré la validation solennelle, le 4 décembre à Washington, de l’Accord de paix du 27 juin 2025 signé entre la RDC et le Rwanda par le Président de la République, Chef de l’État, Félix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, et son homologue rwandais. « Nous pensions ouvrir une nouvelle ère qui pourrait mettre fin à la barbariede ces trente dernières années, mais hélas !!! Nous avions étés surpris par la violation dudit accord suite à l’attaque de la ville d’Uvira par les forces de défense du Rwanda et leurs supplétifs de l’AFC/M23″, a-t-il déclaré. L’Assemblée nationale a dénoncé avec fermeté ces violations délibérées, répétées et manifestes de l’Accord de paix, qualifiant les bombardements indiscriminés et les attaques par drones visant sciemment des populations civiles sans défense de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, commis en violation flagrante du droit international humanitaire. Ces actes engagent, selon la Chambre basse du Parlement, la responsabilité pleine et entière de leurs auteurs et commanditaires. Face à cette situation, le Président de l’Assemblée nationale a interpellé la communauté internationale sur son devoir moral et juridique de mettre fin à l’impunité, de sanctionner l’État agresseur et de garantir le respect de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et du droit du peuple congolais à vivre en paix sur son territoire. Il a, à cet effet, salué la position ferme des États-Unis d’Amérique, qui identifient clairement le Rwanda comme auteur de la déstabilisation de l’Est de la RDC et soutien inconditionnel au mouvement terroriste AFC/M23. « C’est ici le lieu de saluer la position ferme des Etats-Unis d’Amérique qui identifie clairement le Rwanda comme auteur de la déstabilisation de la partie Est de notre pays et du soutien inconditionnel au mouvement terroriste AFC/M23. Nous insistons néanmoins sur la nécessité de faire de cette position des Etats Unies et des membres permanents du Conseil de sécurité, une véritable ouverture pour imposer la paix dans l’Est de notre pays », a-t-il martelé. Malgré ce contexte sécuritaire préoccupant, l’Assemblée nationale a poursuivi sa mission constitutionnelle de légiférer et de contrôler l’action du Gouvernement. Le bilan de la session fait état de neuf (09) propositions de lois examinées, cinq (05) lois adoptées, notamment la loi de finances pour l’exercice 2026, six (06) projets de lois transmis aux commissions permanentes, ainsi que quatre-vingt-seize (96) questions écrites et dix-huit (18) demandes d’audition adressées aux membres du Gouvernement et aux responsables des entreprises et établissements publics. Cette session a également été marquée par une diplomatie parlementaire active, menée en appui aux initiatives diplomatiques de Son Excellence Monsieur le Président de la République. Des missions ont été effectuées à Durban (Afrique du Sud), en marge de la 58ᵉ session du Forum parlementaire de la SADC, ainsi qu’à Abidjan (Côte d’Ivoire). À ces tribunes, la délégation congolaise a dénoncé l’agression rwandaise, l’exploitation illicite des minerais qui alimente les conflits armés et a appelé à une solidarité régionale renforcée et à une régulation rigoureuse des chaînes d’approvisionnement des ressources naturelles. Dans un appel solennel, le Président de l’Assemblée nationale a exhorté les Congolaises et Congolais à la sérénité, à la résilience et à la vigilance, rappelant que « l’heure est à l’unité nationale ». Il a encouragé les vaillants éléments des FARDC ainsi que les patriotes Wazalendo, qui défendent la patrie au prix de leur sang, et a réaffirmé que la cohésion nationale demeure la meilleure arme face aux tentatives de déstabilisation. Avant de déclarer close la session ordinaire de septembre 2025, il a invité les députés nationaux à rester disponibles durant les vacances parlementaires et à demeurer prêts à répondre, à tout moment, à l’appel de la nation. Il a enfin renouvelé son engagement à s’attaquer aux questions liées au fonctionnement de l’institution, notamment celles relatives au social, à la carrière et aux conditions de travail du personnel parlementaire. « Tout en vous souhaitant une fin heureuse de cette année 2025, je vous renouvelle ma promesse de me pencher sur les questions épineuses du fonctionnement de notre institution, y compris les questions liées au social, à la carrière et aux conditions de travail du personnel de notre administration de nos assistants parlementaires. Ainsi, je déclare close la session ordinaire de septembre 2025 et vous appelle à poursuivre le combat républicain de l’unité de notre pays avec honneur, discipline et loyauté », a-t-il conclu. Eldad Bwetu
L’ambassadrice des États-Unis devant la presse à Kinshasa: « L’accord de Washington n’est pas un bradage des minerais congolais »

L’ambassadrice des États-Unis d’Amérique en République démocratique du Congo, Lucy Tamlyn, s’est exprimée lundi 15 décembre 2025 devant la presse à Kinshasa pour défendre bec et ongles l’accord de Washington signé entre la RDC, le Rwanda et les États-Unis. « L’accord de Washington n’est pas un bradage des minerais congolais, mais un partenariat gagnant-gagnant », a déclaré la diplomate américaine en poste à Kinshasa. Et de renchérir : l’accord de Washington comprend plusieurs volets. « Nous avons d’abord l’accord entre la RDC et le Rwanda, où les États-Unis sont médiateurs. Il y a aussi des accords bilatéraux avec la République démocratique du Congo, mais ces accords ont été négociés pour un partenariat gagnant-gagnant. » La diplomate américaine a martelé : « Il y a des bénéfices pour le côté congolais ainsi que pour le côté américain », a déclaré Mme Tamlyn, précisant que « nous avons été clairs dès le début : nous voulons nous-mêmes disposer d’une chaîne de production de minerais critiques nécessaires à nos industries et à la défense des États-Unis. Et nous sommes entrés dans un accord avec la RDC en ce qui concerne les investissements américains sur place. » Des enjeux Double volet de l’accord La diplomate américaine a clairement distingué l’accord de paix RDC–Rwanda (dans lequel les États-Unis jouent un rôle de médiateurs) des accords bilatéraux RDC–USA, afin d’éviter tout amalgame. La question qui se pose est de savoir si ces assurances diplomatiques de Lucy Tamlyn suffiront à dissiper les suspicions d’une partie de l’opinion congolaise quant aux véritables intentions des États-Unis dans cet accord. En effet, si une frange de la population de la République démocratique du Congo approuve cet accord américano-congolais, force est d’admettre que les Congolais préfèrent avant tout que le Président américain use de son influence incontestable sur le plan mondial pour mettre un terme à la guerre dans l’Est de la RDC. Là où le bât blesse pour des millions de Congolais, c’est de constater que l’armée rwandaise continue d’aider la rébellion à s’accaparer des villes de la RDC, et ce, au lendemain même de la signature de l’accord de Washington. Philippe Dephill Lipo
De retour à ses fonctions après sa convocation à Kinshasa: Le gouverneur a.i de la Tshopo, Didier Lomoyo, a réaffirmé son engagement pour la stabilité et le développement de sa province

On s’en doutait ! Le gouverneur ad intérim de la province de la Tshopo, Didier Lomoyo Iteku, est bel et bien rentré hier, lundi 15 décembre 2025, à Kisangani, à la grande satisfaction de ses administrés. L’autorité provinciale revenait d’un séjour de plus ou moins deux semaines dans la capitale du pays, où il avait été convoqué par sa hiérarchie pour concertation. À sa descente d’avion, le gouverneur Lomoyo a été chaleureusement accueilli par celui qui assurait son intérim, en la personne de Senold Tandia, ministre du Budget. Plusieurs personnalités civiles et militaires de la province de la Tshopo ont également rehaussé de leur présence l’accueil de l’actuel chef de l’exécutif provincial. Très ému par l’hospitalité des Boyomaises et des Boyomais à son égard, le gouverneur Lomoyo Iteku, qui a immédiatement repris ses responsabilités, a indiqué à la presse qu’il avait un objectif clair : promouvoir et faire rayonner la vision du chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, dans toute l’étendue de la province de la Tshopo. Il a ainsi adressé un message fort à la population de la province de la Tshopo, à savoir : le travail, la vigilance et la sécurité. Didier Lomoyo a également réaffirmé son engagement pour le développement et la stabilité de sa province, en droite ligne avec la plus haute autorité du pays. Pour rappel, Didier Lomoyo Iteku avait été urgemment convoqué à Kinshasa après un lapsus linguae lors d’une parade populaire à Kisangani. En évoquant la mécanisation des agents de l’État, le chef de l’exécutif provincial avait, par erreur, cité le nom de Joseph Kabila avant de se corriger et de nommer le président Félix Tshisekedi. Malgré une correction immédiate, le geste avait déjà provoqué des tensions et la diffusion de vidéos virales sur les réseaux sociaux. Le gouvernement central, via le Vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, a convoqué Lomoyo ainsi que le maire de Kisangani pour des consultations. La cellule de communication du gouverneur a démenti toute intention politique, parlant d’une déformation de ses propos. La NDSCI/Tshopo estime que l’affaire est exagérée et a demandé un retour rapide de Lomoyo pour éviter une crise, ce qui est chose faite depuis le début de la semaine. Philippe Dephill Lipo
USA: « Le Rwanda amène la région vers la guerre »

Le conseil de Sécurité des Nations-Unies s’est réuni le vendredi 12 décembre 2025 à New-York consécutif à la situation sécuritaire à l’est de la République Démocratique du Congo. Notamment à cause de la prise de la ville stratégique d’Uvira par les éléments armés du M23 soutenus par le Rwanda, intervenue au lendemain de l’accord de signature entre les Présidents congolais Félix Tshisekedi Tshilombo et rwandais, Paul Kagame sous le regard attentionné de Donald Trump, le Président des États-Unis d’Amérique. Pour la première intervention officielle du pays médiateur de l’accord de Washington, les USA se sont dits « profondément préoccupés et extrêmement déçus » par l’attitude du Rwanda Le représentant de Washington , l’ambassadeur Mike Waltz, s’est plaint aujourd’hui du Rwanda en ces termes, « au lieu d’avancer vers la paix, le Rwanda amène la région vers la guerre ». Et promet que son pays « utilisera tous les outils à notre disposition pour mettre un terme à tout ça ». Son message se résume comme suit : -Les États-Unis disposent d’informations supplémentaires sur l’ampleur et la sophistication de la participation du Rwanda dans l’est de la RDC. -Depuis 2021, le Rwanda contrôle le M23 et son aile politique, l’AFC, pour atteindre ses objectifs géopolitiques dans l’est congolais. -Le Président Paul Kagame participe intimement à la planification et à l’exécution de la guerre dans l’est de la RDC, en donnant des instructions militaires et politiques depuis des années. -Les Forces de défense rwandaises fournissent un appui logistique, du matériel et de la formation au M23, et ont envoyé 5 000 à 7 000 soldats en RDC. -Ces derniers mois, le Rwanda a déployé des missiles sol-air et des armes sophistiquées pour soutenir le M23 face à l’armée congolaise. -Le Rwanda et le M23 ont lancé une offensive le week-end dernier pour prendre Uvira, avec des forces rwandaises présentes sur le front. -Des drones suicides et de l’artillerie sont utilisés de plus en plus, par le M23 comme par les forces rwandaises, avec des frappes y compris au Burundi. -Au lieu de faire avancer la paix, le Rwanda entraîne la région vers une instabilité croissante et vers la guerre, en contradiction avec les engagements de Washington. -Les États-Unis utiliseront tous les outils à leur disposition, exigent le retrait des forces rwandaises de la RDC, appellent à la retenue et soutiennent une MONUSCO dotée de capacités suffisantes Ayant aussi pris la parole à cette occasion, Jean-Pierre Lacroix, Secrétaire général adjoint de l’ONU, a déploré que la République démocratique du Congo reste confrontée à une crise sécuritaire et humanitaire où les populations civiles sont les premières victimes. Er de souligner que la nouvelle offensive lancée par l’AFC M23 dans le Sud-Kivu « a réveillé le spectre d’un embrasement régional aux conséquences incalculables ». Selon lui, les développements récents font peser « un risque sérieux de fragmentation de la République démocratique du Congo, notamment dans sa partie orientale ». Il a également affirmé que « l’expansion territoriale de l’AFC M23, l’établissement d’administrations parallèles et l’affaiblissement de la présence étatique dans certaines zones alimentent une dynamique qui menace directement l’unité, la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC. Parallèlement, le conflit connaît une régionalisation de plus en plus marquée ». M. Lacroix a indiqué que l’implication directe ou indirecte de forces et de groupes armés venant de pays voisins, ainsi que les mouvements transfrontaliers de populations déplacées et de combattants, accroissent « considérablement le risque d’un embrasement régional ». Il a ajouté que « cette évolution ne menace pas uniquement l’instabilité de l’Est de la RDC, mais celle de l’ensemble de la région des Grands Lacs ». Philippe Dephill Lipo
RDC–Rwanda : la MONUSCO salue l’entérinement de l’accord de paix signé à Washington

La MONUSCO a félicité ce jeudi l’entérinement à Washington D.C. de l’Accord de paix et du Cadre régional d’intégration économique entre la République démocratique du Congo et le Rwanda. Un pas diplomatique majeur, rendu possible grâce à la facilitation des États-Unis. Selon la Mission onusienne, cet accord ouvre « une nouvelle fenêtre d’opportunité » pour mettre fin à la crise persistante dans l’Est de la RDC et relancer la coopération entre les deux pays. La MONUSCO a salué la détermination des présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame, qui ont « fait un choix clair en faveur de la paix ». Pour la Mission, ce rapprochement pourrait contribuer à : Bruno Lemarquis, Représentant spécial adjoint du Secrétaire général de l’ONU et Chef de la MONUSCO par intérim, estime que ces engagements constituent « une opportunité de passer de la confrontation à des solutions politiques ». Il rappelle toutefois que leur mise en œuvre doit respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale de chaque pays. Un soutien régional et international actif L’entérinement de l’accord a reçu un appui important du Qatar, de l’Union africaine, du Togo — où le président Faure Gnassingbé joue un rôle de médiateur — ainsi que de la Communauté d’Afrique de l’Est et de la SADC.La MONUSCO encourage ces acteurs à continuer d’accompagner les efforts de paix et de sécurité dans l’Est de la RDC. Protéger les civils : une priorité pour la MONUSCO Alors que la RDC et le Rwanda entament la mise en œuvre de l’accord, la Mission insiste sur la nécessité de : Elle appelle également à un dialogue continu et inclusif afin de réduire les tensions au niveau local et renforcer la cohésion communautaire. Conformément à la résolution 2773 (2025) du Conseil de sécurité, la MONUSCO continuera d’appuyer : La Mission assure qu’elle restera mobilisée aux côtés des autorités congolaises et des partenaires régionaux pour transformer cette avancée diplomatique en une paix durable dans l’Est du pays. La rédaction