RDC: Sama Lukonde exhorte le gouvernement à traduire les performances économiques enregistrées en 2021 dans le vécu quotidien des populations
Le Premier ministre, Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge, a exhorté le gouvernement à traduire les performances économiques enregistrées en 2021 dans le vécu quotidien des populations congolaises. C’était au cours de la traditionnelle réunion du Comité de conjoncture économique qu’il a présidé le mercredi 12 janvier 2022 à la Primature. Cette réunion a passé en revue la situation économique du pays et note une amélioration sensible des indicateurs macro-économiques mais qui doit être traduite dans le vécu quotidien des populations, a indiqué le ministre d’Etat au Plan qui en a fait le compte rendu. « Il y a une nette amélioration de la situation économique du pays qui est passée du rouge en 2020 au jaune à la fin de l’année 2021, lorsque nous examinons les paramètres économiques notamment le taux d’inflation qui est passé en 2020 de 15,8% à 5,3% à la fin de l’année 2021. Le taux de croissance est de 5,7% en 2021 contre 1,7% en 2020. Nous avons l’augmentation des recettes de la République qui ont augmenté à peu près de 68%, passant à 11.800 milliards de CDF cette année-ci alors qu’elles étaient à 7000 milliards de CDF en 2020. Ces paramètres démontrent que l’évolution économique est bien maîtrisée et vous verrez également qu’en termes de taux de change, nous avons bougé simplement de 1,4% en 2021. Nous sommes aujourd’hui autour de 1999,11 FC pour 1 dollar américain. Ce qui est une bonne tenue de l’économie », a déclaré Christian Mwando Nsimba. Pour le gouvernement, le challenge est que ces bonnes performances économiques permettent d’améliorer le vécu quotidien des populations. C’est ce que le Premier ministre a recommandé aux membres du Comité de conjoncture économique, conformément aux instructions du président de la République à la dernière réunion du Conseil des ministres. « Maintenant la préoccupation et les instructions reçues du président de la République et du Premier ministre c’est qu’on traduise justement ces bonnes performances économiques dans le vécu quotidien des populations. Il s’agit notamment d’examiner avec les ministres sectoriels la possibilité d’augmenter la production locale notamment en ce qui concerne les produits de première nécessité. Il s’agit également d’avoir des investissements qui permettent de pousser la croissance économique pour qu’au niveau le plus bas on se retrouve et également. La priorité c’est l’accès aux services socio-économiques de base notamment par le projet des 145 territoires. Donc ça ce sont les priorités que le Président de la République et le Premier ministre ont données au comité de Conjoncture, de manière à ce que la population puisse bénéficier dorénavant des effets de la stabilité et de la croissance économique qui ont été engrangées par la bonne gestion du gouvernement actuel », a souligné le ministre d’État au Plan. Cellule de communication de la Primature
Renforcement du système de gestion des Finances Publiques: PROFIT-Congo laisse des traces indélébiles
Mis en œuvre de mai 2014 à décembre 2021, le Projet de Renforcement de la Redevabilité et Gestion des Finances Publiques (PROFIT-Congo) s’est inscrit dans une logique d’amélioration du système de gestion des fonds publics en RDC. Et ce, à travers le soutien à la mobilisation des recettes et la gestion des dépenses, le renforcement du contrôle externe du budget et de la transparence, ainsi que le renforcement du système de gestion des finances publiques au niveau provincial. Toutes ces réalisations ont été faites grâce à l’appui technique et financier des partenaires au développement pour un montant total de 72,1 millions USD, dont 17,1 millions USD de la Coopération Britannique (DFID) et 55 millions USD de la Banque Mondiale. Porté par le Gouvernement congolais, sous la coordination du Comité d’Orientation de la Réforme des Finances Publiques (COREF) avec le soutien des partenaires techniques et financiers, PROFIT-Congo accompagne la RDC dans la mise en œuvre d’une part, des actions qui renforcent la gestion budgétaire classique, et d’autre part, des réformes introduites dans la loi relative aux Finances Publiques (LOFIP). Ce projet, qui a été l’une des réponses des partenaires au développement, a consisté à appuyer le Gouvernement dans les efforts consentis depuis la reprise de la coopération structurelle en 2001, dans le sens du renforcement du système de gestion des Finances Publiques dont les évaluations PEFA et revues de dépenses publiques de 2008 et 2012 avaient relevé de nombreuses faiblesses. A cet effet, le Gouvernement de la République avait fait de la révision du cadre juridique de gestion des Finances Publiques l’une de ses priorités, pour permettre au pays de se conformer aux bonnes pratiques en matière de gestion budgétaire, tout en soumettant l’action publique à une évaluation efficace et efficiente. Ce qui a poussé le gouvernement à approuver une stratégie de la réforme des Finances Publiques et à promulguer la loi n°11/011 du 13 juillet 2011 relative aux Finances Publiques prônant une gestion axée sur la performance et fondée sur la budgétisation par objectifs des programmes. Réalisations et impacts du projet PROFIT-Congo Dans le cadre de la mobilisation des recettes internes. Le projet a été d’une importance capitale dans le soutien à la mobilisation des recettes et gestion des dépenses. Dans le lot des réalisations, on peut citer: l’instauration de l’approche d’audit basée sur les risques pour renforcer l’audit interne des services au sein des régies financières ; la modernisation des cadres organiques des régies financières ; le renforcement des capacités techniques des nouveaux cadres et agents de la DGI ; le renforcement des capacités techniques de directions Provinciales de la DGDA en vue de l’uniformisation des procédures de dédouanement des marchandises dans Sydonia World ; le renforcement de la lutte contre la fraude dans quelques sites douaniers du Sud-Est du pays à travers le suivi électronique des cargaisons ainsi que la rationalisation et la simplification de la nomenclature des recettes du pouvoir central, des provinces et des Entités Territoriales Décentralisées (ETD). Toutes ces actions ont contribué à l’amélioration des recettes publiques. Concernant le renforcement des capacités des ministères d’exécution budgétaire, il y a eu, grâce à l’accompagnement du projet PROFIT-Congo, la révision et la mise en place de la nouvelle nomenclature budgétaire ; la consolidation du processus de migration vers le budget – programme ; le renforcement de la fonction macro-budgétaire à travers l’identification des besoins et l’analyse sur l’opérationnalisation du Modèle Quasi-Comptable ; l’amélioration de la stratégie de la dette ; l’amélioration de la qualité de l’exécution du budget à travers (a) mise en place des DAF dans 12 ministères ; (b) la finalisation de tous les out put (2 nouveaux modules) visant à mettre en lien les PEB, PTR et le PPM. Quant au soutien à la mise en œuvre de la loi sur les marchés publics, les interventions du projet ont ciblé le renforcement des capacités techniques et opérationnelles de structures de gestion des marchés publics ; l’informatisation des procédures des marchés publics à travers le développement du Système Intégré de Gestion des Marchés Publics (SIGMAP) dans 20 cellules pilotes des ministères clés et entreprises publiques ; l’évaluation des marchés publics en vue de renforcer la redevabilité ; la création d’un magazine des marchés publics pour renforcer la transparence et la réalisation des audits des Marchés Publics des exercices 2012 à 2016. Le renforcement de la gestion de la trésorerie et du système de comptabilité publique figure également sur la liste de grandes réalisations qui portent la signature du projet PROFIT-Congo. On peut citer la mise en place progressive de la DGTCP et du réseau national des comptables publics ; l’amélioration de la gestion des flux de trésorerie au moyen de la production de nouvelles statistiques intégrant des données détaillées de TOFE pour les exercices 2016 et 2017 en conformité avec les normes 2001/2014 ; le renforcement de la profession comptable ; la formation des experts comptables et la mise en place des organes statutaires ; le renforcement du Conseil Permanent de la Comptabilité au Congo (CPCC) à travers le renforcement des capacités techniques des Inspecteurs et Enseignants de comptabilité du Ministère de l’EPST et Enseignants de Comptabilité du Ministère de l’ESU ; la production de la Centrale Nationale du Bilan (CNB) suivant les normes requises et l’appui technique à l’institution de l’Ordre National des Experts Comptables (ONEC). PROFIT-Congo a aussi contribué au renforcement du dispositif de contrôle interne, notamment l’instauration de l’approche ABR dans 10 ministères sectoriels en vue du renforcement de la fonction d’audit interne ; l’amélioration des procédures de gestion de l’IGF et gestion automatisée des missions d’audit ; le renforcement des capacités techniques et matérielles des Inspecteurs de l’IGF et des Inspections techniques et pools d’audit des ministères sélectionnés. Renforcement du contrôle externe du budget et de la transparence La Cour des Comptes a énormément bénéficié de l’appui du projet en termes de renforcement du processus de contrôle externe. Il y a, par exemple, la réforme structurelle ayant conduit à la nomination de 51 nouveaux magistrats ; la réforme du cadre
Dépassement budgétaire à la présidence de la République: Quand l’Inspection générale des finances excelle dans la passivité!
Le dépassement budgétaire au sein de la Présidence de la République où les dépenses ont atteint 292 millions USD à fin novembre 2021, soit un dépassement de 104%, inquiète plus d’un observateur. Jusque-là, aucune interpellation, aucun audit voire aucune explication n’est fournie à la population pour justifier cet état des choses. En effet, les dépenses de consommation de la présidence de la République sont évaluées à 596.921.827. 716 de CDF, soit 292.465 373 millions de USD au taux budgétaire de 2041 de CDF le dollar américain, sur des prévisions linéaires plafonnées à 293.064. 076.172 de CDF, soit 143. 588.474 millions USD pour les 11 premiers mois de l’année 2021, soit un taux de dépassement de 104%, selon les données de la Direction générale des politiques et programmation budgétaire, structure du ministère du Budget. Cette source du ministère du Budget renseigne que, le grand poste de dépenses de la présidence de la République reste les Frais de fonctionnement qui sont estimés à 395. 701.401.866 de CDF, soit 193.876.238 millions USD, sur des prévisions linéaires de 114.736.290. 997 de CDF, ou l’équivalent en dollars américains de 56.215. 723 millions USD pour la même période, soit un taux d’exécution de 344% ou un taux de dépassement de 244%, indiquent les données du ministère du Budget. Quant aux rémunérations du personnel de la plus haute institution de la République, elles sont évaluées à 174.703.820. 741 de CDF, soit 85.597. 168 millions USD sur des prévisions linéaires de 160.233.749.016 de CDF, soit 78.507.471 millions USD, soit un taux d’exécution de 109% ou un taux de dépassement de 9%. Faute grave selon l’ODEP Suivant de près l’évolution de la situation socio-économique du pays, l’Observatoire de la Dépense Publique (ODEP) qualifie le dépassement budgétaire comme une faute grave de gestion. Pour cette ONG, une gouvernance budgétaire assise sur des dépassements budgétaires ne peut permettre ni de créer de richesses, ni d’améliorer les conditions sociales de la population. Encore moins d’être susceptible de rendre effective la décentralisation, telle que prévue par la Constitution. Pourtant dans ses dernières sorties, l’Inspecteur général des finances, Jules Alingete Key, a rejeté les allégations de détournement et de mauvaise gestion dans les dépassements budgétaires observés à la présidence de la RDC. Il a déclaré qu’il y a dépassement budgétaire lorsque les paiements se font en procédure d’urgence, surtout lorsqu’il s’agit de régler des questions impératives liées à la bonne marche du pays. Il a par ailleurs précisé que, après chaque dépassement, les missions de contrôle constatent réellement que les fonds sortis du trésor public ont été réellement affectés pour des causes qui sont justes. Deux poids, deux mesures ? Réagissant aux propos de l’IGF Jules Alingete, l’ODEP reste d’avis que, » en justifiant les dépassements budgétaires à la présidence, Jules Alingete plonge le pays dans l’indiscipline budgétaire « . En clair, l’Observatoire de la dépense publique continue de fustiger les propos de Jules Alingete, qui a rejeté les allégations selon lesquelles, les dépassements budgétaires régulièrement enregistrés à la Présidence de la République serait un détournement ou un acte de mauvaise gestion. L’ODEP à travers son PCA, avait même qualifié l’IGF Jules Alingete, de » chantre et d’apôtre de l’indiscipline budgétaire, pour la simple raison que, le dépassement budgétaire est une faute grave de gestion. « J’ai le regret que l’Inspecteur général de l’IGF est devenu le chantre et l’apôtre de l’indiscipline budgétaire ou mauvaise gouvernance et non de l’orthodoxie dans la gestion des finances de l’Etat. En justifiant les dépassements budgétaires à la présidence, Jules Alingete plonge le pays dans l’indiscipline budgétaire. Il plonge les gouverneurs de provinces, les ministres, les PDG des entreprises, les Recteurs des Universités, les gestionnaires des institutions publiques, tous, dans les dépassements et l’indiscipline budgétaire. Au lieu d’être l’apôtre de l’orthodoxie. Étant le plus haut fonctionnaire de cette deuxième institution supérieure des contrôles, comment pourra-t-il contrôler la présidence qu’il est en train de défendre à grands cris « , avait il fait savoir. Le PCA de l’ODEP, Florimond Muteba avait précisé que le dépassement budgétaire est condamné par la Loi des Finances Publiques (LOFIP), avant d’expliquer de façon laconique, ce qu’il faut savoir sur le dépassement budgétaire. A en croire le PCA de l’ODEP, » Les dépassements budgétaires, c’est lorsqu’on vous donne un crédit légalement par le budget ou la loi votée par le parlement, mais vous préférez aller au-delà de ce crédit en violation de la LOFIP (Loi des Finances Publiques) qui parle de la limitation des crédits budgétaires et qui les considère comme des fautes de gestion. Et pour lesquels, il n’y a pas lieu de trouver des exceptions, car il s’agit des fautes graves de gestion », a-t-il insisté. Quelques observations qui inspirent le dépassement budgétaire D’autre part, le PCA de l’ODEP a dressé 12 observations qu’inspirent les dépassements budgétaires. Il s’agit de : 1. la non crédibilité du budget (Quand comme en 2020 on prévoit un budget de 11 milliards de dollars et qu’on ne mobilise que 3,7 milliards, les plus puissants chercheront à consommer des crédits initiaux mal évalués et les secteurs pro-pauvres vont être sacrifiés) 2. L’indiscipline budgétaire ; 3. Le non-respect de la procédure de décaissement des fonds selon la chaîne de la dépense ; 4. Le dépassement des allocations budgétaires des institutions et ministères de souveraineté au détriment des ministères à caractère social et économique ; 5. Le manque de réalisme du budget oblige le gouvernement à réajuster ses ambitions pour les aligner sur ses capacités réelles de financement afin d’éviter d’affaiblir tout l’ensemble du processus budgétaire ; 6. Le déficit du suivi et de contrôle par le parlement, l’IGF, et la Cour des Comptes dans l’exécution du budget ; 7. Le manque de poursuites pour sanctionner des personnes impliquées dans le non-respect des procédures ; 8. Plus des moyens pour les institutions et très peu pour les secteurs pro-pauvres ; 9. La non prise en compte du principe sacré de la justice distributive ; 10. L’impossibilité de mettre en œuvre les belles orientations du plan national stratégique de développement ; 11. La
RDC: la Cour des Comptes tance les autorités et leur rappelle la loi
Ernest Izemengia Nsaa-Nsaa, Premier président de la Cour des Comptes a tenu, le mardi 28 décembre à Kinshasa, un point de presse au cours duquel il a abordé plusieurs points. Ce face-à-face avec la presse est intervenu au lendemain de la remise au parlement des corrections de ladite Cour de son rapport de reddition des comptes 2020 du ministre des Finances, rapport qui, « une fois de plus », avait été rendu largement en dehors des temps légaux: quatre mois de retard. Le public s’intéressera surtout aux dépassements budgétaires relevés par l’institution nationale de contrôle. A deux reprises, dans son texte, la Cour des Comptes souligne que l’article 38 de la loi sur les Finances publiques précise que « les crédits budgétaires sont limitatifs. Les dépenses de ces crédits limitatifs ne peuvent être engagées et ordonnancées au-delà des dotations budgétaires ». Les dépassements budgétaires, rappelle encore la Cour, ne peuvent se faire que sur autorisation de l’Assemblée nationale. Jules Alingete recadré et rappelé à l’ordre Le texte de la Cour ne le précise pas mais les Congolais y ont clairement vu un rappel à l’ordre de l’Inspecteur général des Finances, Jules Alingete, un proche du président Félix Tshisekedi. Il avait en effet déclaré lors d’une conférence de presse, le 23 octobre dernier, que « le dépassement budgétaire n’est ni un acte de détournement, ni un acte de mauvaise gestion » – justifiant ainsi ceux qu’accumulent les institutions en dépit des décisions du parlement. Réagissant, Ernest Izemengia Nsaa-Nsaa, le Premier président de la Cour des Comptes, a recadré les propos de Jules Alingete, Inspecteur général des finances, sur la considération de « dépassement budgétaire ». Si pour le chef de service de l’IGF, le dépassement budgétaire n’est pas une faute de gestion, le Premier président de la Cour des Comptes a affirmé et insisté qu’il s’agit d’une violation de la loi des finances (la LOFIP) donc une faute de gestion. « L’IGF pense que le dépassement budgétaire n’est pas une faute de gestion? Interrogeons la loi. La Cour ne travaille que sur la loi. La loi sur les finances publiques (LOFIP) dans son article 38 dit ceci : sous réserve des dispositions des articles 38 et 40 de la présente loi, les crédits budgétaires sont limitatifs. Les dépenses de ces crédits limitatifs ne peuvent être engagées et ordonnancées au-delà de dotations budgétaires. C’est-à-dire que s’il y a dépassement ce que la loi a été violée », a déclaré Ernest Izemengia Nsaa-Nsaa. Le 1er premier président de la Cour des Comptes a rappelé la procédure pour réaliser un dépassement budgétaire. Ce dernier ne peut se faire que sur autorisation de l’autorité budgétaire qui est l’Assemblée nationale. « La loi interdit les dépassements des crédits budgétaires. Parce que ces derniers sont limitatifs. Chaque ligne budgétaire a son crédit qu’il faut absolument respecter. Pour faire un dépassement budgétaire, la loi a prévu la procédure qui consiste à rentrer chez l’autorité budgétaire qui est le parlement pour modifier ou réclamer. La loi des finances doit être respectée. Il faut éviter le dépassement budgétaire. En cas de force majeure, la loi prévoit un mécanisme qui exige à ce qu’on recourt au parlement avant la fin de l’exercice », a-t-il précisé. Cet éclairage du premier président de la Cour des Comptes, cette institution qui assure le bon emploi de l’argent public, vient recadrer et balayer les propos de Jules Alingete qui dans ses dernières sorties médiatiques, avait rejeté les allégations de mauvaise gestion dans les dépassements budgétaires observés dans plusieurs institutions du pays. Il sied de souligner que le président Tshisekedi n’a toujours pas fait organiser la cérémonie de prestation de serment de la Cour des Comptes, depuis trois ans qu’il est au pouvoir. Cet oubli extraordinaire permet à l’Inspection générale des Finances – un organisme qui dépend directement du Président de la République et n’agit que sur ses instructions, contrairement à la Cour des Comptes, qui est indépendante – de prendre de plus en plus d’importance dans l’espace public. Elle « découvre » ainsi des affaires de corruption principalement chez les adversaires politiques du chef de l’Etat, pas chez ses vassaux. Une technique qui rappelle l’accaparement par la Présidence Tshisekedi du rôle du gouvernement, qui n’en finissait pas d’être constitué, de janvier à septembre 2019. N’ayant pas encore prêté serment, la Cour des Comptes travaille, notamment à des rapports, mais ne peut prendre de décisions Dépassements budgétaires jusqu’à …960% Ces dépassements budgétaires non répréhensibles selon le mal informé Jules Alingete, atteignent des sommes importantes. Ainsi, 960% pour le ministère des Mines; 411% pour celui des Affaires étrangères; 180% pour la Justice; 91% pour le Premier ministre et 72% pour le Secrétariat général du gouvernement; 80% pour les Infrastructures et Travaux publics; 69% pour les Finances; 54% pour les Communications et Médias; 53% pour l’Enseignement primaire, secondaire et technique. Et seulement 13,5% pour la Présidence (cela représente quand même 7 millions de dollars) qui, on le sait, s’est largement rattrapée depuis 2020. A côté de ces « flambeurs », d’autres administrations ont consommé moins de la moitié de leurs crédits de fonctionnement (il faut bien prendre l’argent quelque part), notamment la Céni (Commission électorale nationale indépendante) qui n’a consommé que 10,74% de ses crédits, la Cour des Comptes (21%) ou la CNDH (Commission nationale des Droits de l’Homme) qui n’a utilisé que 2,88% des sommes qui lui étaient réservées. Pas de développement possible Détaillant les dépassements les plus significatifs, la Cour des Comptes note que la réhabilitation du bâtiment du Secrétariat général du gouvernement a coûté plus d’un milliard de franc congolais (FC) au lieu des 6,6 millions prévus. Que le ministère de la Défense et Anciens combattants a dépensé 9,7 milliards de FC au lieu des 42 millions prévus pour s’équiper en moyens de transport. Que le ministère du Plan a dépensé… 6 milliards de FC en « équipements divers » au lieu des 4 millions prévus. Que le ministère des Relations avec le Parlement a dépensé 1,2 milliard de FC au lieu des 4 millions prévus. La construction des écoles a été plus modeste
Monde : le FMI approuve un allègement du service de la dette de 115 millions USD en faveur de 25 pays pauvres
Face à la crise sanitaire qui touche le monde, le Fonds monétaire international (FMI) poursuit sa politique d’appui aux pays les plus pauvres de la planète. L’institution de Bretton Woods a annoncé, le 21 décembre 2021, un autre allègement du service de la dette d’un montant total de 115 millions de dollars américains soit 82,1 millions de DTS, que le FMI renonce à encaisser en faveur de 25 pays pauvres. Cet allègement offre ainsi la possibilité à ces pays d’affecter ces ressources à des besoins beaucoup plus urgents, notamment dans les secteurs de la santé, du social et de l’économie, en lien avec la crise sanitaire. A en croire le communiqué de la Banque mondiale, l’échéance de cet allègement de la dette est attendue entre le 11 janvier et le 13 avril 2022, indique le service de la dette. Il convient de rappeler qu’il s’agit là du cinquième et dernier allègement du service de la dette qu’accorde le FMI depuis le 13 avril 2020 (date du 1er allègement) pour un montant global de 964 millions de dollars américains dont 690 millions de dollars alloués à ces pays bénéficiaires du fonds fiduciaire d’assistance et de riposte aux catastrophes (fonds fiduciaire ARC). LRP
RDC : Félix Tshisekedi déterminé à relancer la MIBA
Le chef de l’État congolais, Félix-Antoine Tshisekedi, se donne le défi de tout mettre en œuvre pour redorer l’image de la Minière de Bakwanga (MIBA) qui fut autrefois l’un des fleurons de l’économie nationale. En séjour à Mbuji-Mayi, le président Tshisekedi l’a fait savoir, le vendredi le 24 décembre 2022, lors d’un meeting populaire. La MIBA, qui faisait vivre plus de 40 000 personnes, employés et leurs dépendants, a du mal à tourner à plein régime. À ce jour, les salaires accusent plusieurs mois d’arriérés, d’après des témoignages anonymes des agents et cadres de cette entreprise publique. Ceux qui ont atteint l’âge de la retraite partent sans toucher à leur décompte final. Dans ces conditions, il est difficile d’espérer une production pouvant permettre à la MIBA de jouer réellement son rôle dans la production des diamants. Face au peuple de Mbuji-Mayi, Félix Tshisekedi a dit avoir entendu les plaintes de la population kasaïenne et a promis d’y apporter des solutions idoines pour redorer l’image de cette entreprise. « J’ai suivi vos pleurs, vous pleurez pour les souffrances, vous pleurez pour la faim, vous pleurez pour la MIBA, vous pleurez pour l’électricité, vous pleurez pour l’eau. J’ai suivi tout ça. Je suis venu vous dire que j’ai suivi le problème de la MIBA. Je vous promets que nous allons relancer la MIBA. Notre MIBA sera relancée parce que la MIBA a encore des richesses. Les personnes de mauvaise volonté avaient ravi cette richesse pour créer la société chinoise qu’on appelle SACIM », a dit Félix Tshisekedi Le président de la République a ainsi fustigé le comportement de ceux qui ont détruit à néant cette société qui était le poumon de l’économie kasaïenne. Le vœu de Félix Tshisekedi de redorer l’image de cette entreprise a déjà fait l’objet de plusieurs discussions entre le gouvernement et le Comité de gestion de cette entreprise étatique. Signalons qu’en 2010, le gouvernement Joseph Kabila avait même décaissé un montant global de 10 millions de dollars américains pour relancer la production de cette entreprise. Mais cette somme n’a pas servi à grand-chose car le besoin est beaucoup plus énorme que les fonds injectés. A son arrivée au pouvoir, Félix Tshisekedi a tenté la même expérience en accordant 5 millions de dollars à la MIBA. C’était une autre goutte d’eau dans l’océan. C’est depuis plusieurs années que la Minière de Bakwanga (MIBA), société congolaise de production des diamants industriel et de joaillerie cherche désespérément à se relancer à travers de nouveaux financements pour renouveler son outil de travail, payer le personnel et lancer la production du diamant. Alors que cette entreprise était proche de réaliser une belle opération de lever des fonds pour sa relance, une mauvaise planification du projet de redressement de celle-ci par la Direction générale en place était évoquée comme cause principale du non décaissement des fonds de 40 millions de dollars américains par la FBN Bank. D’après le dernier rapport de cette société, la production mensuelle de la MIBA est estimée à près de 30 000 carats de diamant, a déclaré Paulin Lukusa Mudiayi, Directeur général intérimaire de cette entreprise de l’Etat. Créée en décembre 1961 et détenue à 80% par l’État congolais et à 20% par la Sibeka, société de droit belge, cette entreprise installée à Mbuji-Mayi, dans la province du Kasaï Oriental (centre) peut se targuer d’avoir été l’une des grandes sociétés contributrices à l’économie nationale ». Pendant la guerre d’agression de 1998, sous la direction de Jean-Charles Okoto Lolakombe, la Minière de Bakwanga a été presque la seule à contribuer à l’effort de guerre. Surnommée « capitale mondiale du diamant », Mbuji-Mayi, ville construite par la MIBA, a perdu de son éclat d’autrefois, à mesure que baissaient inexorablement les activités de l’entreprise minée par la mauvaise gestion, le délabrement de ses installations, les détournements et le pillage des ressources, notamment durant les guerres intervenues entre 1997 et 2003. ZoomEco/LRP
RDC: La présidence termine l’année en tête des institutions budgétivores, plus de 300 millions $ dépensés
Félix Tshisekedi avait promis de faire de l’exercice 2021, une année de l’action. Toutefois, les statistiques de l’exécution budgétaire montrent un autre visage du pays. Selon le rapport du ministère du Budget de fin novembre, la présidence de la République est devenue un symbole des dépassements budgétaires, le plaçant en tête des institutions budgétivores du pays tout au long de l’exercice budgétaire. “596 milliards de francs congolais (292,6 millions $) ont été dépensés fin novembre contre les prévisions linéaires de 293 milliards FC (143,6 millions $), soit 203,4%”, a rapporté le ministère du Budget. Comparé aux prévisions annuelles de 319 milliards FC (156,7 millions $), la première institution du pays a dépensé 135,9 millions hors budget, à fin novembre 2021. En cause, la prise en charge par l’État de 1.018 membres de cabinet du président de la République, laissés à 445 par son prédécesseur Joseph Kabila, indique la loi de finances 2021. A cela s’ajoute une dizaine d’organismes publics créés au sein de la présidence, jouant le même rôle que le gouvernement, d’après l’observatoire de la dépense publique, une ONG Congolaise spécialisée sur des questions de suivi budgétaire. Cependant, les dépenses provisoires effectuées par la même institution à la première moitié du mois de décembre sont évaluées à près de 49 milliards FC (24 millions USD). Ce qui plonge à plus de 300 millions de dollars, fonds utilisé par Félix Tshisekedi au cours de l’exercice 2021, une première sous la troisième république en se référant aux statistiques du Ministère du budget. Pourtant Joseph Kabila était à 187,9 millions de dollars américains en décembre 2018, quelques jours avant de quitter le pouvoir, renseigne le ministère du Budget. Selon ce même rapport, l’Assemblée nationale vient en deuxième position avec 334 milliards de francs congolais (164,1 millions $) contre les prévisions votées de 355 milliards FC (174,2 millions $), soit 94,2%. Comme sous Joseph Kabila, aux côtés de l’Assemblée nationale, il y a le sénat, qui a utilisé 164 milliards FC (80,5 millions $) contre les prévisions annuelles de 126 milliards FC (62,1 millions $), soit 130,1%. La primature n’a pas échappé à la règle, le trésor public a décaissé pour son compte 96 milliards FC (47,3 millions $) sur les prévisions annuelles de 78 milliards FC (38,6 millions $), soit 122,5%. Il y a lieu de signaler que les investissements sur ressources propres sont restés très faibles. L’Etat a injecté 151 milliards de francs congolais (74,2 millions $) contre le budget voté de 752 milliards FC (368,8 millions $), soit 49,7%. MCP/LRP
Congo Hold-Up : EGAL Sarl dément avoir reçu 43 millions USD de la BCC via BGFI Bank
Citée comme l’une des entreprises qui ont vu leur compte bancaire être crédité par des fonds publics par la Banque Centrale du Congo (BCC) à travers la BGFI Bank, la société EGAL (Entreprise générale d’alimentation et de logistique, spécialisée dans l’importation des viandes et des poissons, dément avoir reçu 43 millions de dollars américains comme le soutiennent Sonia Rolley de la RFI et Yann Phillipin de Mediapart. Dans un droit de réponse et démenti signé le 23 novembre 2021, par son directeur-gérant, M. Franck Tshibangu, la société EGAL Sarl rejette le résultat de l’enquête Congo Hold-Up qui souligne qu’elle aurait reçu, de la part de la BCC, en 2016 à travers la BGFIBank 43 millions USD puis 77 millions USD. « (…) à l’époque, cette parution attribuait à la société EGAL Sarl un financement par la Banque Centrale du Congo à travers BGFI Bank de 43 millions de dollars américains, montant que les rapporteurs de Congo Hold-Up portent curieusement aujourd’hui à 77 millions de dollars américains des fonds suspects », peut-on lire dans la lettre adressée par Egal à Sonia Rolley et Yann Phillipin. Cependant, dans la même lettre, Egal dit n’avoir jamais reçu un sou de la part de la BCC encore moins d’une quelconque institution étatique, et qualifie ces allégations de pure machination montée contre elle. En ce qui concerne l’enquête menée précédemment par l’Inspection Générale des Finances (IGF), la société EGAL Sarl déclare qu’elle n’est pas impliquée dans l’affaire de paiement par le Trésor public. « (…), l’Inspection Générale des Finances (IGF) a enquêté en début d’année sur les prétendus paiements effectués par le Trésor Public, le cas échéant, la Banque Centrale du Congo, au profit d’EGAL Sarl. À l’issue des multiples séances de travail EGAL a été mise hors cause dans cette affaire », peut-on lire dans la lettre. Et d’ajouter : « Cependant, nous nous demandons si vous vous réalisez les conséquences de votre action médiatique dont l’ampleur s’apparente ni plus ni moins à une campagne de déstabilisation, de dénigrement et de discrédit d’un Etat, de ses institutions et de son tissu économique. Il surprenant qu’en dépit des 3,5 millions de documents de preuves annoncés comme fondement de votre enquête, vos articles se clament dans un temps conditionnel qui entretient un doute légitime sur vos conclusions », écrit le directeur-gérant d’EGAL Sarl, Franck Tshibangu. Le géant congolais de la distribution des vivres promet d’exiger réparation de ces préjudices, car selon elle, son image est ternie à cause de cette affaire qui l’accuse de détournement sans pour autant que les accusateurs détiennent des preuves solides à son encontre. Une situation qui ne serait pas sans impact négatif sur ses activités. LRP
Le président Félix Tshisekedi pour une stratégie actualisée de la réforme des finances publiques
Le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a recommandé, vendredi 19 novembre, au gouvernement, à travers le ministre des finances et le ministre d’Etat au budget, d’accélérer le processus de stratégie actualisée de la réforme de finances publiques, dans sa communication lors de la dernière réunion du Conseil des ministres qu’il a présidée, par visioconférence. Selon le ministre de la Communication et des médias, porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, qui a repris cette recommandation dans son compte-rendu lu, le même jour, sur les antennes de la RTNC, le chef de l’Etat justifie cette urgence par le souci « d’obtenir des avancées, entre autres, dans la rationalisation des recettes non fiscales, la numérisation du système, et l’élargissement de l’assiette fiscale, tout en veillant à une taxation juste et sans tracasserie ». Il s’agit en fait, a dit le président, d’un nouveau programme de modernisation du système de gestion des finances publiques, à travers l’ensemble des axes retenus, notamment la réforme du système fiscal. Ce qui contribuera sûrement, d’après lui, à augmenter des investissements dans le secteur privé, gage d’un soutien à la croissance économique, ainsi qu’à asseoir une gestion des finances publiques plus performantes. Le Président Félix Tshisekedi a, enfin, invité les ministres concernés à travailler avec diligence sur la mise en place d’un dispositif institutionnel idoine de pilotage permettant d’amorcer les actions pertinentes susceptibles d’asseoir une gestion des finances publiques plus performantes, a fait savoir Patrick Muyaya Katembwe. LRP
Coopération RDC-Institutions de Breton Woods : 200 millions USD du FMI attendus en décembre 2021
Dans le cadre de sa coopération avec les institutions de Breton Woods, la gouverneure de la Banque centrale du Congo, Mme Malangu Kabedi a fait savoir, au cours de la réunion du conseil des ministres om elle était invitée que, la RDC va conclure avec le Fonds monétaire international (FMI), la première revue du Programme triennal dont l’approbation par cette institution en décembre prochain, va donner lieu à un décaissement de plus de 200 millions de dollars américains au niveau du guichet Facilité Élargie de Crédit (FEC). Selon Mme Kabedi, au regard des efforts déjà fournis, le FMI encourage le gouvernement à poursuivre les réformes structurelles indispensables pour soutenir la reprise et promouvoir une croissance solide et diversifiée. Dans un autre chapitre, la gouverneure de la Banque centrale du Congo a informé que le marché des biens et services est demeuré relativement stable avec un cumul annuel de l’inflation de 4,071% à la fin de la deuxième semaine de novembre 2021 ; alors qu’elle se situait autour de 14% en 2020. A ce rythme explique-t-elle, l’inflation s’établirait à 4,72% à fin décembre 2021, face à un objectif de 7%. En ce qui concerne le marché de changes, celui-ci est resté globalement stable, attesté par des faibles variations du taux de change sur les deux segments du marché. En cumul annuel poursuit-elle, le taux de dépréciation du Franc congolais n’est que de 1,37% à l’indicatif et de 0,90% au parallèle, contre une perte de pouvoir d’achat de la monnaie de plus de 14% à la période correspondante en 2020. La gouverneure de la Banque centrale du Congo a également noté une bonne tenue des finances publiques en 2021, par rapport à 2020, particulièrement au niveau des recettes. Elle a aussi indiqué que les réserves de change se sont établies à 3,3 milliards USD au 11 novembre 2021, soit 3 mois d’importations de biens et services. D’autre part, les cours mondiaux des principaux produits d’exportation de la RDC sont en hausse, sur fond de l’augmentation de la demande, avec la reprise de l’économie mondiale. Quelques risques à tenir à l’œil A en croire toujours la Gouverneure de la Banque centrale du Congo, l’économie nationale demeure exposée à certains risques d’origine externe, et ce, en dépit de la stabilité observée. Elle a cité la faible couverture vaccinale dans les pays en développement, qui pourraient influencer leurs économies et la trajectoire de la croissance mondiale. A cela s’ajoute le faible taux de couverture vaccinale et les pressions sur la demande intérieure qui caractérisent historiquement le dernier trimestre de l’année marqué par la préparation des festivités de fin d’année, qui constituent des risques sur le plan interne. En guise de recommandation, Mme Malangu Kabedi a préconisé le maintien de la coordination des politiques budgétaire et monétaire ; la mise en application continue du Pacte de stabilité ; la poursuite de la gestion optimale de la liquidité et la mise en œuvre des réformes retenues dans le cadre du programme avec le FMI, en vue de la diversification de l’économie mondiale. José Wakadila