Il n’y avait ni clameurs, ni chants, ni ferveur populaire. Seuls résonnaient l’écho du cuir et les consignes sèches tombées du banc. Dans le calme feutré d’un huis clos, l’équipe nationale de la RDC a privilégié l’essentiel : l’efficacité comptable.

Face aux Bermudes, les Léopards se sont imposés avec autorité (2-0), livrant une prestation maîtrisée, pensée comme un laboratoire tactique avant l’échéance capitale des barrages intercontinentaux du Mondial 2026.

Il a fallu attendre les ultimes soubresauts de la première période pour voir le verrou sauter. À la 45e minute, Fiston Mayele a surgi pour débloquer la situation, récompensant une domination jusque-là stérile. Au retour des vestiaires, loin de relâcher leur étreinte, les Congolais ont enfoncé le clou grâce à Yoane Wissa (52e). Un but de break synonyme de sérénité pour le groupe.

Plus qu’un simple succès, cette rencontre tenait lieu de grand oral. Le sélectionneur Sébastien Desabre en a profité pour passer ses troupes en revue, affiner les automatismes et déceler les dernières scories à gommer. Car l’objectif est ailleurs : dans quelques jours, c’est un ticket pour la Coupe du monde qui se jouera.

À ce stade, chaque combinaison et chaque détail comptent.
Alignés d’entrée, Lionel Mpasi, Arthur Masuaku, Axel Tuanzebe, Edo Kayembe ou encore Grady Diangana ont rendu une copie sérieuse, sans éclat superflu mais empreinte d’une discipline tactique rassurante. Dans l’ombre, le collectif prend corps. Si ce succès face aux Bermudes n’a rien d’un exploit retentissant, il possède la valeur des victoires utiles — celles qui construisent, corrigent et préparent les grands destins.

Dans le silence du huis clos, les Léopards ont peut-être posé les jalons de leur rugissement futur.

Philippe Dephill Lipo

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