Réforme de l’accès à l’information et à la transparence: Jacques Djoli auditionné !

Le professeur Jacques Djoli, député national élu de Boendé, a été auditionné mercredi 08 avril par la commission mixte PAJ (Politique, administrative et juridique) , socioculturelle et environnementale de l’Assemblée nationale. Au cœur des échanges : sa proposition de loi visant à encadrer l’accès à l’information et à renforcer la transparence de la vie publique en République démocratique du Congo. Devant les membres de cette commission, l’initiateur du texte a défendu une réforme qu’il présente comme essentielle à la consolidation de la gouvernance démocratique. L’Objectif affiché est de garantir aux citoyens un accès effectif aux informations d’intérêt public et renforcer le contrôle de l’action publique. Le Rapporteur de l’Assemblée nationale, Jacques Djoli a tenu à lever toute ambiguïté entre le droit d’être informé, assuré par la liberté de la presse, et le droit d’accès à l’information, que son texte entend organiser. Deux mécanismes distincts, mais complémentaires, a-t-il souligné, tous deux consacrés par l’article 24 de la Constitution. Parmi les innovations proposées figurent l’obligation de publication de certaines données par les agents publics, l’instauration de mécanismes de déclaration de patrimoine, ainsi que la création d’une autorité indépendante chargée de veiller au respect du droit d’accès à l’information. Le texte prévoit également des dispositions en faveur de la protection des lanceurs d’alerte, dans un contexte marqué par la lutte contre la corruption. A leur côté, les députés ont soulevé plusieurs préoccupations, notamment sur les modalités pratiques d’accès à l’information, la protection des données sensibles et les mécanismes de sanction en cas de non-respect de la loi. Inscrivant son initiative dans une tendance mondiale, plus de 130 pays disposent déjà d’une législation en la matière, Jacques Djoli a appelé à une adoption rapide de son texte afin de combler le retard de la RDC en matière de transparence. Notons que l’examen de la proposition se poursuit en commission, avant la présentation d’un rapport en plénière. Eldad Bwetu
Assemblée nationale: Meschak Mandefu dépose deux propositions de loi pour réformer le système électoral en RDC

L’honorable Meschak Mandefu Muela a déposé, mardi 07 Avril, à l’Assemblée nationale, deux propositions de loi visant à réformer en profondeur le cadre électoral en République démocratique du Congo. Ces textes ambitionnent de renforcer la transparence, d’améliorer la gouvernance électorale et de consolider le processus démocratique à travers des mécanismes plus rigoureux et inclusifs. Deux textes pour réformer le système électoral La première proposition concerne la loi électorale. Il s’agit de la proposition de loi modifiant et complétant la loi n°06/006 du 9 mars 2006 portant organisation des élections présidentielle, législatives, provinciales, urbaines, municipales et locales, telle que modifiée à ce jour. La seconde porte sur la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Il s’agit de la proposition de loi modifiant et complétant la loi organique n°10/013 du 28 juillet 2010 portant organisation et fonctionnement de la CENI, telle que modifiée et complétée par la loi organique n°13/012 du 19 avril 2013 et la loi organique n°21/012 du 3 juillet 2021. Encadrement des candidatures et fin du cumul À travers ces propositions, l’honorable Meschak Mandefu Muela introduit plusieurs innovations, notamment l’ouverture encadrée des candidatures à toute personne compétente et qualifiée. Une réforme majeure concerne l’interdiction du cumul des candidatures à plusieurs postes électifs au cours d’un même cycle électoral. Désormais, un candidat engagé dans une élection ne pourra plus briguer simultanément une autre fonction, ce qui vise à garantir l’équité et à limiter la concentration des ambitions politiques. Renforcement des critères pour la présidentielle Un accent particulier est également mis sur le processus de sélection des candidats à la Présidence de la République. Les propositions envisagent un encadrement plus rigoureux, fondé sur des critères de compétence, d’expérience et de capacité de gestion. Un mécanisme structuré pourrait inclure des appels à candidatures, l’examen des dossiers ainsi que des évaluations ou auditions des postulants. Cette innovation vise à garantir que les candidats à la magistrature suprême présentent un profil répondant aux exigences de gouvernance moderne, en mettant davantage l’accent sur le mérite et l’expertise. Réforme du seuil de représentativité Les textes proposent également la suppression du seuil de recevabilité de 60 %, remplacé par un seuil de 3 %, afin de : Nouvelles règles pour témoins et observateurs Les propositions introduisent aussi un encadrement plus strict des témoins et observateurs électoraux : Ces mesures visent à améliorer la transparence et à limiter les irrégularités dans le processus électoral. Vers l’examen en plénière Les deux propositions de loi seront soumises à l’examen de la plénière de l’Assemblée nationale, où elles feront l’objet d’un débat avant leur éventuelle adoption. En cas de recevabilité, elles seront transmises au Sénat pour une seconde lecture, conformément à la procédure législative en vigueur. À travers ces réformes, l’honorable Meschak Mandefu Muela ambitionne de doter la République démocratique du Congo d’un système électoral plus transparent, plus équitable et mieux structuré. (Avec Cellcom Ass. Nat.)
Assemblée nationale: Grâce Neema engagée pour le développement de la province du Bas-Uélé

En séjour parlementaire dans sa circonscription d’Ango, dans le Bas-Uélé, la questeure adjointe de l’Assemblée nationale, Grâce Neema, a dressé le bilan de ses actions et réaffirmé son engagement à améliorer les conditions de vie des populations, lors d’une interview accordée à Kinshasa. Accueillie en héroïne, l’Honorable Grâce Neema a profité de cette occasion pour se rapprocher de la population, évaluer les besoins réels, renforcer les liens avec celle-ci et porter ses préoccupations auprès des décideurs. Par ailleurs, Elle a animé une conférence-débat à l’Institut supérieur de commerce (ISC/Kisangani), où elle a expliqué les tenants et les aboutissants des accords de Washington et de Doha, tout en appelant la population à soutenir les efforts du chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, pour le développement du pays. Des réalisations concrètes pour la population L’élue du territoire d’Ango est convaincue que l’accès à l’eau potable, à la santé et à l’éducation constitue des droits fondamentaux. À ce titre, elle a apporté son soutien en : Des défis à relever Malgré ces réalisations, l’honorable Grâce Neema Paininye a identifié plusieurs défis nécessitant une attention particulière, notamment : Des perspectives pour l’avenir L’élue d’Ango et questeure adjointe de l’Assemblée nationale a promis de continuer à défendre les intérêts de la population de sa province et de travailler à l’amélioration des conditions de vie dans cette région. Elle a, par la même occasion, appelé à un dialogue franc et sincère afin de trouver des solutions durables aux défis du pays. Cellcom/Sarah Yabie
RDC: « Tenter d’associer la rébellion à M. Kabila relève de la pure stupidité » (Joseph Kabila)

Dans une rare interview accordée au New York Times, l’ancien président congolais Joseph Kabila réfute les accusations du pouvoir de Kinshasa, qui le présente comme le « chef » du M23. Depuis Goma, il défend sa présence dans une zone contrôlée par la rébellion et évoque, sans détour, son héritage politique. Un entretien sous haute sécurité à Goma C’est dans une résidence discrète, protégée par des hommes armés et dissimulée derrière plusieurs portails, que Joseph Kabila a accordé sa première grande interview depuis huit ans à la journaliste Ruth Maclean. Située à Goma, ville tombée sous le contrôle du M23 en 2025, la rencontre s’est déroulée dans un climat de tension sécuritaire persistante. « J’espère que vous ne vous attendez pas à ce que je vous donne l’adresse », avait prévenu l’un de ses conseillers avant le rendez-vous. Condamné à mort par contumace pour trahison, l’ancien chef de l’État est accusé par les autorités congolaises d’entretenir des liens étroits avec le M23, une rébellion soutenue par le Rwanda selon plusieurs rapports internationaux. Des accusations qu’il rejette catégoriquement : « Tenter d’associer la rébellion à M. Kabila relève de la pure stupidité », a-t-il déclaré, prenant volontairement de la distance en parlant de lui à la troisième personne. Signalons que le ministre de la Communication, Patrice Muyaya, a affirmé pourtant que Kabila est « à la solde » de Kigali, une thèse que l’intéressé balaie. Interrogé sur sa présence dans une zone contrôlée par le M23, Joseph Kabila se veut direct : « Je suis chez moi. La vraie question est : pourquoi ne suis-je pas à Kinshasa ? » Il affirme vivre sous la protection de la rébellion uniquement parce qu’elle contrôle la ville, tout en qualifiant les institutions actuelles d’« illégitimes ». Retour sur un héritage controversé Arrivé au pouvoir en 2001 après l’assassinat de son père, Laurent-Désiré Kabila, Joseph Kabila a dirigé la RDC pendant 18 ans. Il met en avant son rôle dans l’adoption de la Constitution et l’organisation des premières élections libres en 2006. Mais son bilan reste entaché par de nombreuses critiques, notamment sur la prolongation de son mandat et les soupçons de fraude lors de la présidentielle de 2018. Dans l’interview, il reconnaît implicitement l’existence d’un arrangement politique lors de cette élection :« Nous avons estimé […] qu’il était important que le président dispose de la majorité », a-t-il expliqué, évoquant un accord de coalition. Avec le recul, il admet certaines erreurs :« On peut jouer avec beaucoup de choses, mais la direction d’un pays ne devrait pas en faire partie. » Une rupture profonde avec Tshisekedi Les relations entre Joseph Kabila et son successeur, Félix Tshisekedi, se sont fortement dégradées après leur alliance initiale. L’ancien président accuse désormais le régime actuel de dérives autoritaires, tout en rejetant les accusations similaires portées contre son propre pouvoir. Alors que son retour sur la scène congolaise alimente les spéculations, Joseph Kabila reste évasif sur une éventuelle candidature. « Non, ce n’est pas un oui », a-t-il répondu, sans fermer totalement la porte.Avant de conclure sur une note plus large :« Ce dont le Congo a besoin, ce sont des patriotes, des gens capables de le remettre sur les rails. » Eldad B.
Assemblée nationale : trois propositions de loi jugées recevables et renvoyées en commissions

Réunie en plénière le vendredi 27 mars au Palais du Peuple, l’Assemblée nationale, sous la direction de son président Aimé Boji Sangara, a déclaré recevables trois propositions de loi majeures, désormais renvoyées en commissions pour examen approfondi. Au cœur de cette séance : la révision du Code de la famille, la réforme de la gouvernance du portefeuille de l’État et l’instauration d’un cadre légal sur l’accès à l’information et la transparence publique. Trois chantiers législatifs aux implications à la fois sociales, économiques et démocratiques. Présentant son texte, le député Augustin Mulumba a plaidé pour une modernisation de l’état civil, qu’il considère comme un levier structurant pour l’efficacité des politiques publiques. Dans la même dynamique de réforme, Jean-Pierre Pasi Zapamba Buka a défendu une refonte des règles de gestion des entreprises publiques, avec un accent sur la transparence, la performance et la redevabilité des mandataires. De son côté, le rapporteur Jacques Djoli Eseng’ekeli a porté un texte à forte portée démocratique, érigeant l’accès à l’information en droit fondamental et en instrument de contrôle citoyen de l’action publique. Dans un hémicycle mobilisé, plusieurs élus, dont Steve Mbikayi, ont salué des initiatives « structurantes », appelant toutefois à un examen technique rigoureux en commissions. À l’issue des débats, les trois propositions ont été jugées recevables et orientées vers les commissions compétentes : la réforme du Code de la famille à la commission mixte PAJ et Socioculturelle, celle du portefeuille de l’État à la commission Écofin, et le texte sur l’accès à l’information à la commission mixte PAJ et NTIC. Les commissions disposent de dix jours pour rendre leurs rapports. La plénière, qui a réuni 267 députés ainsi que plusieurs membres du Bureau, dont Christophe Mboso et Grâce Neema Paininye, a également été marquée par une motion d’alerte portée par Perside Nzunzi Umba. Cette dernière a dénoncé des violences commises contre une patiente dans un établissement hospitalier, appelant à l’ouverture d’une enquête nationale. Après plusieurs autres interventions, la séance s’est clôturée dans un climat de forte activité parlementaire, illustrant une reprise soutenue des travaux législatifs. Eldad B.
RDC : Parlement et Gouvernement passent au crible l’exécution des recommandations parlementaires

Le rapporteur de l’Assemblée nationale, le professeur Jacques Djoli Eseng’Ekeli, représentant le président de la Chambre basse, Aimé Boji Sangara, a pris part à la cérémonie de clôture des travaux de suivi de l’exécution des recommandations adressées au Gouvernement par le Parlement. Initiée par le ministre d’État en charge des Relations avec le Parlement, Guy Loando, cette rencontre s’inscrit dans le cadre du renforcement du contrôle parlementaire et de la consolidation de la redevabilité gouvernementale. Pendant plusieurs jours, experts, parlementaires et représentants des ministères sectoriels ont procédé à une évaluation méthodique de la mise en œuvre des recommandations formulées par l’Assemblée nationale et le Sénat. Ces recommandations, issues notamment des vacances parlementaires de 2024, constituent un levier stratégique d’orientation des politiques publiques. Prenant la parole, le secrétaire général en charge des relations avec le Parlement a mis en exergue la portée des conclusions tirées de ces travaux couvrant les périodes de juin à septembre 2024 ainsi que du 13 août au 14 septembre 2024. Il a souligné que ces recommandations traduisent les exigences accrues de performance, d’efficacité et de redevabilité dans la conduite de l’action publique. S’appuyant sur l’ordonnance n° 24/255 du 15 septembre 2023, prorogée jusqu’au 15 septembre 2024, il a rappelé que le ministère des Relations avec le Parlement joue un rôle central dans le suivi et l’évaluation des lois ainsi que des recommandations parlementaires. Il a, à cet effet, salué l’engagement du ministre d’État Guy Loando, dont l’action contribue au raffermissement du dialogue institutionnel et à l’instauration d’une collaboration plus efficiente entre le Gouvernement et le Parlement. Au terme de ces travaux, il a réaffirmé la disponibilité des équipes techniques à accompagner les ministères sectoriels, notamment dans l’amélioration de la qualité des réponses apportées aux préoccupations des élus et dans le renforcement des mécanismes de communication institutionnelle. Dans sa prise de parole, le ministre d’État Guy Loando a salué l’aboutissement d’un exercice « de haute portée institutionnelle », fruit de trois mois de travail intensif ayant mobilisé plus d’une centaine d’experts et de points focaux. Selon lui, cette démarche a permis de traduire les attentes des élus en actions gouvernementales concrètes, conformément à l’esprit de l’ordonnance n° 25/393 du 15 décembre 2025 portant attributions des ministères. « Il ne s’agit pas d’un simple exercice administratif, mais d’un mécanisme structurant permettant d’évaluer l’impact réel des recommandations parlementaires sur la vie des citoyens », a-t-il déclaré. Le ministre a également rendu hommage au président Félix Tshisekedi pour sa vision d’un État fondé sur une collaboration harmonieuse entre les institutions, ainsi qu’à la Première ministre pour son implication dans l’efficacité du processus. Les données issues de ces travaux révèlent que 920 recommandations du Sénat ont été orientées vers 26 ministères, tandis que 565 recommandations de l’Assemblée nationale concernent 39 ministères. Ce cadre d’échanges a permis non seulement d’évaluer les avancées enregistrées, mais aussi d’identifier les contraintes entravant l’exécution optimale des recommandations parlementaires. Véritable instrument de consolidation de l’État de droit, ces travaux participent au renforcement de la culture de redevabilité au sein de l’appareil gouvernemental et traduisent la volonté des pouvoirs publics d’inscrire l’action publique dans une logique de résultats, de transparence et de responsabilité. La cérémonie de clôture marque ainsi une étape significative dans le processus d’évaluation continue des politiques publiques, réaffirmant l’engagement des institutions de la République à œuvrer de concert pour une gouvernance plus performante au service de la population. (Avec Cellcom Ass. nat.)
Recensement en RDC: Large soutien de l’Assemblée nationale à une opération jugée stratégique

L’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo a consacré sa plénière di mardi 24 mars au deuxième recensement général de la population et de l’habitat, un dossier présenté comme crucial pour l’avenir du pays. Devant les députés nationaux, Dr Diene Keïta, Sous-Secrétaire générale des Nations Unies et Directrice exécutive de l’UNFPA, a détaillé les enjeux de cette opération nationale, en insistant sur son rôle dans la planification des politiques publiques et le développement. Accompagnée d’une délégation du Fonds des Nations Unies pour la population, elle a exposé les défis techniques, logistiques et financiers liés au recensement, tout en réaffirmant l’engagement de son institution à soutenir la RDC tout au long du processus. A l’en croire, l’UNFPA mettra à contribution son expertise et son expérience internationale pour garantir un recensement crédible et transparent. Dans la foulée, elle a rassuré ainsi les élus sur la fiabilité de l’opération. Sur le plan interne, le Rapporteur de l’Assemblée nationale, Jacques Djoli Eseng’Ekeli, a procédé à la lecture d’une recommandation adressée au gouvernement ainsi que d’une résolution destinée aux députés, conformément à la procédure parlementaire. Au-delà de l’exercice institutionnel, les échanges ont mis en lumière l’importance stratégique du recensement, considéré comme un outil clé pour orienter les politiques publiques, notamment en matière de jeunesse, de croissance économique et de santé maternelle et infantile. Il y a lieu de signaler que 301 députés nationaux ont voté en faveur de la tenue de ce deuxième recensement, traduisant un large consensus politique autour d’un projet longtemps attendu. Ce soutien du Parlement ouvre la voie à une étape décisive dans la modernisation de la gouvernance publique en RDC, fondée sur des données fiables et actualisées. Eldad Bwetu
Révision constitutionnelle en RDC : « Tout ce tripatouillage est dangereux, extrêmement dangereux » (Joseph Kabila)

Après des mois de réserve médiatique, l’ancien Président de la RDC Joseph Kabila est sorti de son silence. Dans un entretien accordé le 20 mars à La Libre Belgique, depuis Goma, l’ancien chef de l’État livre une charge frontale contre le régime en place, sur fond de crise sécuritaire persistante dans l’Est de la République démocratique du Congo. Interrogé sur la frappe de drone du 11 mars à Goma, qui a tué une employée française de l’UNICEF et deux civils, l’ancien président reste prudent : difficile, selon lui, de dire s’il était personnellement visé. Mais il dénonce une violence généralisée contre les populations civiles, évoquant des zones comme Masisi et les Hauts Plateaux. « On a toujours été visé par le régime de Kinshasa », lâche-t-il, tout en affirmant garder « le moral » malgré la gravité de la situation. Condamné, mais « serein » Visé par une levée de son immunité parlementaire et une condamnation à mort pour son rôle présumé dans la rébellion de l’AFC/M23, Joseph Kabila se veut imperturbable. « Je suis très serein », insiste-t-il, préférant alerter sur ce qu’il considère comme une dérive du pays. L’ancien président évoque un risque de « soudanisation » de la crise congolaise, en référence au Soudan, mettant en garde contre une possible implosion si rien n’est fait pour inverser la tendance. « Dictature », « mauvaise gouvernance » : attaque frontale Le ton se durcit lorsqu’il aborde la gestion actuelle du pays. Sans détour, Joseph Kabila accuse le pouvoir de Félix Tshisekedi d’avoir instauré « une vraie dictature », marquée par le tribalisme, le népotisme et le non-respect de la Constitution. A l’en croire, la crise congolaise est avant tout une crise de gouvernance et de vision. « La guerre est un choix, la paix aussi », martèle-t-il, regrettant que l’option du dialogue ait été écartée au profit d’une logique militaire. Par ailleurs, se référant à son arrivée au pouvoir en 2001, dans un contexte de guerre généralisée, Kabila rappelle avoir privilégié un dialogue inclusif ayant conduit aux accords de paix et à la réunification du pays. Une démarche qu’il estime aujourd’hui abandonnée.Face à la multiplication des initiatives diplomatiques (Doha, Washington, Union africaine), il déplore un manque de coordination et surtout « une absence de volonté politique à Kinshasa ». Constitution et appel à la mobilisation Très critique vis-à-vis des projets de révision constitutionnelle, il estime que la loi fondamentale est déjà « foulée aux pieds ». Toute tentative de modification serait, selon lui, « extrêmement dangereuse ». « Quelle Constitution ? Pour Kinshasa, elle n’existe pas. Elle est ignorée depuis 2019. Alors, que vont-ils réviser au juste ? Je pense que l’idée c’est plutôt l’adoption d’une nouvelle Constitution. Tout ce tripatouillage est dangereux, extrêmement dangereux », a-t-il déclaré. Et d’ajouter: « C’était fastidieux d’arriver à l’adoption de cette Constitution en 2006. C’est par son biais qu’on a réunifié le pays. Aujourd’hui, il y a zéro raison qui peut convaincre la population congolaise qu’il faut commencer à détricoter ce texte. Cette tentation, c’est propre aux régimes qui ont complètement failli. Le problème ne se situe pas au niveau de la Constitution. Le problème, c’est ce petit clan qui cherche à se maintenir au pouvoir. » Dans un passage particulièrement offensif, Joseph Kabila appelle les Congolais à « faire échec » à ce qu’il qualifie de dérive autoritaire, en invoquant l’article 64 de la Constitution. Sa présence à Goma, épicentre des tensions et bastion de l’AFC/M23, ne passe pas inaperçue. Kabila assume : « Goma, c’est chez moi », rappelle-t-il, évoquant une résidence acquise en 1999. Il affirme vouloir rester en contact avec « tous les Congolais » au nom de la cohésion nationale. Pour l’ancien président, l’avenir du pays passe par « un changement radical du système ». Il évoque la nécessité de renouveler la classe politique et d’impliquer davantage la population, qu’il juge capable de « surprendre ». Eldad B.
Assemblée nationale: Les députés adoptent le calendrier de la session ordinaire de mars 2026

L’Assemblée nationale a adopté, vendredi 20 mars 2026, le calendrier de ses travaux pour la session ordinaire de mars, au cours d’une plénière dirigée par son président, Aimé Boji Sangara. Dès l’ouverture, les députés ont validé l’ordre du jour avant de se pencher sur le projet de calendrier présenté par le rapporteur, le professeur Jacques Djoli Eseng’Ekeli. Le document a été enrichi à la suite des échanges en plénière, plusieurs élus ayant formulé observations et propositions. Au final, un programme dense a été adopté. Il prévoit l’examen de 10 matières non législatives, 23 initiatives parlementaires en cours, ainsi que 26 dossiers législatifs en souffrance. Six nouvelles matières ont également été intégrées au calendrier, qui reste ouvert à d’éventuels ajustements. Parmi les dossiers phares attendus figure la ratification de l’accord de paix entre la RDC et le Rwanda, signé le 27 juin 2025, dans un contexte régional toujours marqué par l’insécurité. Avec ce calendrier, la chambre basse entend accélérer à la fois la production des lois, le contrôle de l’action gouvernementale et le traitement des grandes questions nationales. Eldad B.
Réformes constitutionnelles en RDC: Tony Mwaba dépose une proposition de loi sur l’organisation du référendum

Le député national Tony Mwaba Kazadi a saisi, ce jeudi 19 mars, le bureau de Assemblée nationale de la République démocratique du Congo d’une proposition de loi organique relative au référendum. Dans une correspondance adressée au président de la chambre basse, l’élu de Lukunga indique que ce texte vise à doter le pays d’un cadre juridique précis pour l’organisation des consultations référendaires, conformément à la Constitution, notamment son article 5 qui consacre la souveraineté du peuple. Le document souligne la nécessité de combler un vide juridique en la matière. Il prévoit notamment de définir les conditions d’initiative du référendum, son organisation pratique, les mécanismes de contrôle ainsi que les garanties de transparence et les sanctions en cas d’irrégularités. À travers cette démarche, Tony Mwaba entend structurer un outil clé de participation citoyenne encore peu encadré en RDC. Il sollicite par ailleurs l’inscription de cette proposition de loi à l’ordre du jour de la session parlementaire en cours pour examen. Eldad B.